ORGANISATION ADMINISTRATIVE
Population. — Instruction. — Armée. — Impôts. — Monopoles. — Postes et télégraphes. — Système monétaire. — Banques.
Les recensements ne se faisant pas encore avec tonte F exactitude qu’ils acquerront plus tard, il est difficile d'apprécier sans aucune erreur la population des Etats roumains.
De 1800 à 1890, elle a augmenté de 25 0/0. En 1889, elle était de 5.038.342 habitants, soit 39 par kilomètre carré; elle est, aujourd’hui, de 5.400.249 habitants, soit 41 par kilomètre carré.
Les statistiques indiquent que la natalité progresse continuellement. Elle était de 42,4, par mille habitants, dans la période de 1880-1888, et de 42, 5 dans la période de 1889-1892. C’est dire que la Roumanie est l’un des rares pays où la natalité arrive à ce qu’il est convenu d’appeler le « taux énorme. »
Si la mortalité est encore très grande, c’est à cause des lièvres paludéennes, et de l’hvgiène défectueuse des campagnes*
Le chiffre des habitants de la Roumanie peut paraître comparativement peu élevé, mais il ne faut pas oublier que tous les Roumains ne résident pas entre les Carpathes et la Mer Noire.
Dans la partie de la Ressarahie dont on a fait cession à la Russie, il y avait 700.000 habitants ; il y en a aussi, en Autriche-Hongrie, au nombre de près de 3.000.000, d’origine roumaine. Enfin, en Macédoine, on compte 800.000 Vlaco-Roumains, ce qui porte le total de la population de race roumaine à plus de dix millions.
Le système d’instruction est remarquable à tous les points de vue, de l’école primaire à l’Université, et fait le plus grand honneur à la haute intelligence du roi, qui a tenu à donner à son peuple les bienfaits d’une éducation complète et gratuite à tous les degrés.
L’enseignement primaire est obligatoire ; il dure de quatre à six ans. Puis viennent les gymnases et les lycées, les séminaires, les écoles normales, commerciales, militaires, d’agriculture, forestières, les écoles professionnelles, etc.
Pour les hautes études, nous trouvons entre autres une école des Beaux-Arts, une école pour les ingénieurs, deux écoles normales supérieures, enfin l’Université de Jassy, comprenant cinq facultés, et celle de Bucarest, avec six facultés.
A Bucarest, on trouve même un lycée français.
récemment fondé, grâce à l’initiative de la ville et du ministre de France, M. de Goutouly.
Les aspirants au professorat sont tenus de se présenter à un concours; ils ne sont préposés qu’àunebranclied’enseignement par établissement.
Les dépenses du budget de l’instruction publique s’élèvent annuellement à plus de dix-h ni f millions.
Il est généralement peu connu que c’est en Va— lachie et en Moldavie qu’on a en les premières armées permanentes.
Mircea Ier, prince de Valachie, qui a régné au XIVe siècle, et dont nous avons parlé, avait une armée régulière de 30.000 hommes.
Alexandre le lion compléta l’organisation des armées moldaves.
Aujourd’hui, l’armée, dont le roi est le chef, disposerait, en cas de guerre, d’environ 200.000 hommes, en y comprenant le corps de réserve.
En temps de paix, l’armée a un effectif de 3.020 officiers, commandant 42.000 soldats, et une cavalerie qui possède 8.200 chevaux.
L’armée territoriale compte 65.000 hommes et 8.800 chevaux.
Le budget de la guerre a atteint la somme de 41 millions, dans laquelle esl compris le budget de la marine qui n’a pas encore une grande importance.
Le service militaire est obligatoire a partir de la majorité, soit 21 ans, jusqu’à l’àge de 46 ans.
Nous avons déjà dit que le Roumain fait un bon soldat ; il supporte la fatigue, se montre intelligent, ne craint pas la vie de caserne, ne se laisse pas aller au découragement. Dans l'armée on ne compte presque pas de suicides.
Le service médical se fait dans des hôpitaux et des infirmeries militaires. En temps de guerre, il y a un service d’ambulance, secondé par les Sociétés des Sœurs de Charité et de la Croix-Rouge.
Chaque régiment porte un drapeau aux couleurs roumaines - — bleu, jaune, rouge — orné de cette inscription :
Xihïl sine l)co
Nous ne pourrions passer sous silence l'admirable système de fortifications de la ville de Rucarest, qui, par d'ingénieux arrangements de batteries placées dans des coupoles ou tourelles à éclipse, font de la capitale une ville imprenable.
On sait que ces curieux instruments de défense sont dus à l’invention française et ont été cons- Iruits en France, mais l’honneur de l’ensemble du système stratégique de la place revient au général belge RrialmonL
Une école de marine existe à Galatz, où se trouve aussi le navire école Mircea. La Hotte est forte de 23 bâtiments, jaugeant 3.475 tonneaux.
La marine marchande se compose de 327 navires, dont 40 vapeurs, jaugeant 02.0.33 tonneaux.
La France, qui a servi de modèle en tant de choses, à tant de nations, a fréquemment inspiré des systèmes de législation semblables aux siens.
C’est ainsi qu’on retrouve en Roumanie, non seulement une organisation politique à peu près analogue à la nôtre, composée aussi d’un Sénat et d’une Chambre des Députés, mais le système liscal rappelle celui en vigueur chez nous.
Il v a dans l’Etat roumain :
Un impôt personnel, payé par tout habitant du pays, impôt qui revient pour chacun à 10 fr. 20. Un impôt foncier, de 6 0/0 du revenu ; les immeubles paient en outre une assez forte taxe, à peu près de 15 0/0.
Le régime douanier, à la frontière, est la source de gros revenus pour l’Etat, ainsi que l’octroi pour les communes.
Il v a encore : les droits de succession, avec cette clause intéressante que les héritiers directs, en ligne ascendante ou descendante, n’en sont pas frappés ; l’impôt sur les boissons, sur les patentes, l’impôt du timbre et de l’enregistrement. En plus
une taxe « phylloxérique » et un droit de timbre
sur les opérations de Bourse.
L’impôt des portes et fenêtres, celui sur les valeurs mobilières, sont inconnus.
L’Etat possède les mines desel(l), et en exploite le monopole, ainsi que celui du tabac, des cartes à jouer, des allumettes, de la poudre.
Le service des Postes et Télégraphes est déjà une source de recettes, et il y a lieu de croire qu’elles augmenteront.
L’affranchissement à l’intérieur est très modéré; une lettre circule dans le royaume moyennant 15 centimes, une carte postale 5 centimes. Dans le circuit d’une ville, 5 centimes par lettre.
La Roumanie fait partie de l’Union postale internationale depuis 1878.
De nombreux bureaux de Postes et 436 bureaux de Télégraphes ont expédié, tant à l’étranger qu’à Pintérieur :