‹ La RoumanieChapitre 6 sur 69 · ETHNOLOGIE · texte numérisé non relu

ETHNOLOGIE

lUiec. — Usages. — Cultes. — Idiomes.

Un Roumain bien connu, le prince Georges Bibesco, dans un ofivrage sur son pays, nous décrit ses compatriotes comme étant « intelligents, « doux, parfois frondeurs, patients, superstitieux, « fatalistes, et ayant dans le caractère un fond « remarquable de noblesse. Les femmes sont (( justement renommées pour leurs beaux yeux : « leur cœur et leur dévoùment les font aimer. La « femme roumaine est généralement femme de (( tète. »

Quant à la bravoure du Roumain, il a eu l’occasion de la montrer lors du siège de Plewna, ainsi que les autres qualités qui font le soldat par excellence, c’est-à-dire la sobriété et la discipline.

Autrefois, le Roumain ne s’occupait guère (pie d’agriculture. La fertilité d’un pays si bien arrosé y prêtait singulièrement. Depuis l’avènement de

LA ROÜMAMË

Charles 1er, l’industrie et le commerce se sont joints à l’ agriculture et c’est dans toute l’Europe (pie l’on peut maintenant admirer les broderies, les tissus, les tapis roumains, etc.

Les paysannes excellent dans les travaux d’aiguille, et le costume national est orné de broderies de couleur dont on admire la finesse et l’éclat.

Le peuple a des aptitudes surprenantes pour la poésie et la musique. Le prince Bibesco ayant affranchi les Tziganes, il y a un demi-siècle, ces tribus errantes ont pu cultiver leur goût pour la musique. Tout Paris se souvient du succès des Lautari à la dernière exposition.

Nous avons dit que les Daces avaient embrassé la religion de Photius, lors des invasions des Barbares. Cette religion, appelée de nos jours grecque-ortbodoxe , est celle qui domine dans le royaume roumain. L’Eglise est dirigée par un synode spécial, tout en restant unie à l’Eglise œcuménique d’Orient.

A côté des orthodoxes, il y a aussi des israélites, des catholiques, quelques protestants, des arméniens et enfin des mahométans, ceux-ci presque exclusivement dans la Dobroudja.

Il y a à peu près deux cents monastères et huit mille églises orthodoxes. On peut voir par ces chiffres que le Roumain suit les pratiques religieuses. Il observe le repos du dimanche et les fêtes de l’Eglise aussi bien que les fêtes chômées.

Le mariage civil (autorisé à 18 ans pour les

hommes et à 15 ans pour les femmes), est obligatoire, mais il n’est reconnu que suivi 3e la bénédiction religieuse.

Comme en Russie, le calendrier Julien est en usage, sauf dans r administration des Postes et aphes, qui suit le calendrier grégorien.

La langue roumaine a des conjugaisons, comme le latin, auquel elle se rattache étroitement, quoique ayant ajouté tà son vocabulaire de nombreux mots étrangers et spécialement slaves. Les Italiens comprennent sans peine le roumain.

Quant aux Roumains eux-mêmes, ils ont la facilité des slaves et des orientaux à acquérir les langues étrangères, le français surtout, qui est couramment employé dans les grandes villes.

Bucarest est la capitale de l’Europe, hors la Belgique, où l’on parle le plus le français, et les Roumains cultivés le savent avec une telle perfection qu’ils écrivent souvent dans notre langue.

Tout récemment encore, un professeur de l’Université de Jassy, le savant M. Xénopol, écrivait en français un ouvrage aussi important que remarquable, « l’Histoire des Roumains de la Dacie trajane. » — Ce fait, qui nous touche particulièrement en ce qu’il montre les constants rapports de bonne amitié qui ont existé et existeront entre la Roumanie et la France, fait aussi l’éloge de la haute instruction à laquelle le roi Charles Ier a su donner un essor si vigoureux.

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