GEOGRAPHIE
Topographie. — Cours d'eau.
— Villes principales.
La Roumanie es! située au sud-est de l'Europe ; ses frontières naturelles sont les bouches du Danube, le Pruth, les Carpathes, le Danube, qui la séparent de la Russie, de F Autriche-Hongrie, de la Serbie et de la Bulgarie, et enlin la Mer Noire.
Le sol s’élève graduellement des bouches du Danube aux Carpathes, dont les plus hauts sommets ont de 2.000 à 2.250 mètres.
Au sud, se trouvent donc les plaines agricoles ; la région intermédiaire est couverte de pruniers, de vignobles, et, dans la région des montagnes, on rencontre de vastes forets et une abondance de minéraux.
La superficie totale de la Roumanie est de 131.020 kilomètres carrés.
Il y a presque égalité entre les terres labourées et les pâturages qui couvrent ensemble plus de cinq millions d’hectares.
Le climat est variable ; très chaud en été, très
froid pendant l’hiver qui est long. L’automne est la meilleure saison.
Dans le bassin du Danube, règne un vent venant de FOural ; c’est le Crivet,. glacial en hiver ; il amène parfois des tempêtes de neige. Un vent tiède, venant de la Méditerranée et annonçant la pluie est nommé Austrii.
De nombreux cours d’eau forment des vallées qui sont dans le sens de la largeur en Valachie et dans le sens de la longueur en Moldavie, parce que ces rivières vont toutes se jeter dans le Danube. Les principales sont le Pruth, le Sereth, la Ialomitza, l’Olt, l’Arges, le Jiu, dans lesquelles se jettent de plus petites rivières, qui reçoivent ellesmêmes des ruisseaux et des torrents, tous venant des Carpathes.
L’Olt (Aluta) se jette dans le Danube après un trajet de 350 kilomètres. Le Sereth quitte la Galicie pour traverser la Moldavie, et, après un parcours de 340 kilomètres, il arrive au grand fleuve un peu au sud de Galatz. Le Pruth est navigable entre Galatz et Czernowitz, après avoir arrosé la Moldavie sur une distance de 415 kilomètres.
Sans parler du Danube, qui a une trop grande importance pour ne pas occuper une place à part dans ces pages, et que nous relrouverons(l), on rencontre non seulement des fleuves et des rivières, mais beaucoup de lacs, dont quelques uns salés.
(1) Voir page 47.
llucarest. — Giurgeyo. — Ploïesti. — Galatz. — lirai la. — Jassy. — Ilotoeliaiii. — Sinaïa.
Bucarest est la ville la plus populeuse du sud oriental de l’Europe. Semblable en cela à certaines villes d’Amérique, elle a tellement changé d’aspect depuis trente ans qu’un ancien habitant ne la reconnaîtrait pas. Carmen Sylva a décrit, de la façon la plus pittoresque, les impressions qu’elle éprouva lorsqu’elle arriva pour la première fois dans la capitale où elle devait être couronnée reine.
La ville ancienne, composée de petits villages, était tortueuse, mal pavée, peu propre et les habitations manquaient absolument de confort.
Aujourd’hui, les rues sont bien pavées, on a percé quelques grandes artères, bordées de palais entourés de jardins, et coupées de places animées.
La Dimbovitza, dont les eaux ont été chantées par les poètes, traverse la ville entre de larges quais.
Ce qui distingue Bucarest, c’est un cachet tout spécial provenant d’un heureux mélange du charme oriental combiné au charme occidental.
Bucarest, qui veut dire, « ville de joie », est
appelée aussi le Paris de l’Orient, et ces noms résument le caractère particulier et unique de sa physionomie. C’est surtout en hiver que le séjour de cette capitale est agréable et recherché par la haute société roumaine.
Comme édifices, signalons au premier rang, l’Athénée et la Doamna Balasa, la Métropolie archevêché), de nombreuses églises, l’université, des couvents, des musées, des bibliothèques, des banques, des théâtres, les hôtels des ministères, des établissements philanthropiques, etc.
Il faut citer aussi le palais de Gotroceni et le palais royal. Celui-ci mérite une mention spéciale. Magnifiquement restauré par Charles Ier, il fait le plus grand honneur au goût du roi et de la reine, qui ont étudié le style de chaque salon, et ont présidé eux-mêmes au choix des meubles et des étoffes.
Nous avons déjà dit que Bucarest avait un commerce actif avec les grands pays de l’Europe.
Comme industrie, il y a des fabriques de toiles, de tapis, de chaussures, de bière, des distilleries d’eau-de-vie, etc.
Population : 250.000 habitants.
Giurgevo est le port de Bucarest sur le Danube, en face de Boustchouk, à 60 kilomètres de la capitale. Ville forte, elle fut longtemps en butte aux assauts des Russes et des Turcs qui s’en disputaient
la possession.
Ce sont les Génois qui, ayant occupé la ville autrefois , y bâtirent un fort consacré à Saint Georges, d’où le nom de Giurgevo ou Giurgiu. Population : 22.000 habitants.
Ploïesti ou Ploesci, ville très commerciale et industrielle au nord de Bucarest, près de la Prahova, est le point d’embranchement de la ligne d’Autriche par Prédéal et des lignes desservant la Moldavie.
Population : 45.000 habitants.
Galatz, qui, à l’origine, était une colonie des Galates, n’était qu’un petit bourg il y a cinquante ans. La guerre d’Orient attira b attention sur l’excellente position de cet emplacement, sur le Danube, entre le Sereth à l’ouest et le Pruth à l’est. Des spéculateurs étrangers vinrent s’y établir avec l’idée de développer l’exportation.
Maintenant, c’est un port des plus importants. L’industrie y a créé des moulins à vapeur, et Galatz est devenue la seconde ville commerciale du royaume. C’est le siège de la commission européenne du Danube.
Population : 80.000 habitants.
Braïla, le premier port de la Roumanie, était autrefois une forteresse turque, pauvre village
qui devint pour un temps la cité préférée des Grecs de Roumanie et, comme centre littéraire, la rivale de Constantinople, d’Alexandrie et de Smyrne.
Située à une heure et demie en bateau à vapeur du port de Galatz, Brada est un port franc, où sont chargées toutes les cargaisons, tandis qu’on les décharge de préférence à Galatz.
Des chariots primitifs, traînés par des bœufs ou des buffles, amènent à Brada les produits de la campagne, alimentant ainsi les grands marchés du port.
Population : 47.000 habitants.
Jassy. Citons encore l’ancienne capitale de la Moldavie, Jassy.
Moins centrale que Bucarest, Jassy a un aspect semi oriental, telle qu’on la voit bâtie sur ses collines ensoleillées, au milieu de fertiles campagnes. Sa situation rappelle un peu celle de Jérusalem.
Jassy a peu d’industrie, mais le voisinage du Pruth lui donne de l’importance, et elle en acquerra davantage lorsque ce fleuve sera employé comme voie commerciale, car Jassy sert d’entrepôt à la Russie.
Il y a une université, la résidence du Métropolitain de Moldavie, un évêché catholique, l’église de Trei Erarchi, le palais administratif, une bibliothèque, des lycées, de nombreuses écoles, etc.
Les maisons n’ont qu’un étage ; les rues sont éclairées à l’électricité ; les planches, qui autrefois y tenaient lieu de pavés, sont aujourd’hui remplacées par de l’asphalte.
Population : 90.000 habitants.
Botochani, ou Bolosiani, située au nord de la Moldavie, est une ville de transit pour la Pologne et la Galicie. Elle fournit la plus grande partie de la farine consommée à l’intérieur et de celle destinée à l’exportation, car ses moulins à vapeur sont des plus perfectionnés.
Population : 40.000 habitants.
Villes d’eaux
C’est à peine si l’on se doute qu’il y a en Roumanie de nombreuses sources minérales, qui lorsqu’elles seront mieux connues, et surtout lorsqu’on aura construit dans leur voisinage des établissements balnéaires confortables, permettront aux Roumains malades dépasser l’été dans leur pays, où ils rencontreront toutes les eaux nécessaires à leur rétablissement.
Des échantillons de quelques unes de ces eaux minérales ont été envoyées à l’Exposition d’Anvers, où elles ont obtenu une médaille d’or.
Il convient de mentionner d’une façon toute
spéciale la jolie station estivale de Sinaïa, admirablement placée sur la ligne du chemin de fer de Prédéal à Ploïesti, à 60 kilomètres au N. -O. de celte dernière ville.
Entourée de tous côtés par les hautes cimes des Carpathes, Sinaïa était, il y a seulement quelque temps encore, un petit village peu fréquenté, non loin duquel s’élevait un ancien couvent datant de 1695. En 1883, le roi, séduit par la beauté du lieu et le charme du site, lit construire au milieu d’un bois de sapins, à environ 2 kilomètres du village même, le superbe château de Pele«, dont l’aspect moyen âge, dû à de grandes tourelles, présente un ensemble très élégant. Le roi décida d’v fixer sa résidence d’été.
Dès lors Sinaïa était lancée ; la haute société n’a cessé de s’y donner rendez-vous ; de nombreuses villas ont été bâties par des particuliers, et des hôtels très confortables ont été installés. Chaque saison la vogue de Sinaïa grandit ; quantité d’étrangers viennent y goûter la fraîcheur des montagnes et jouir des distractions d’un séjour à la mode.
Les environs, extrêmement pittoresques, offrent les ressources d’excursions multiples, et le touriste, qui a devant les yeux ces paysages splendides, ne peut s’empêcher de se rappeler les célèbres merveilles de la Suisse, lorsqu’il contemple ces sommets sauvages et ces vallées resserrées au fond desquelles la Prahova roule ses Ilots tumultueux.
Les autres stations de bains, sauf Calimanesci, Slanic et Pucioasa, étant encore mal organisées, bornons-nous à dire qu’il y a en Roumanie à peu près une dizaine de sources d’eaux sulfureuses, à Tulcea, Rimnic Yalcea, Mangalia, etc., et quatorze sources d’eaux cblorurées-sodiques, à Ocnele- Mari, Rreazu près de Jassy, etc.
On trouve encore des eaux ferrugineuses, des eaux acidulées-gazeuses, des eaux alcalines ; enfin, il y a des bains de boue, dont les plus fréquentés sont ceux du Lacu-Sarat ; des bains établis aux bords de plusieurs lacs salés, et des stations de bains de mer dans la Dobroudja, sur les rives de la Mer Noire.
Constantza surtout, après Sinaïa, jouit des faveurs du public.
On ne peut passer sous silence le magnifique monastère de Curtea de Arges. Construit par Neagoe Rassaraba et restauré par le roi Charles sous la direction de M. Lecomte de Nouy, il ne manque jamais d’émerveiller ses nombreux visiteurs.
Véritable chef-d'œuvre du style byzantin, avec ses coupoles dorées et ses tourelles en spirale, c’est le plus beau monument de toute la Roumanie. On a pu en admirer la reproduction à l’Exposition universelle de Paris en 1878.