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Et notre indignité cette immuable mass< ,
Et notre basse peur en un pareil moment,
Et la juste terreur et le secret tourment
De nous trouver tout seuls par devant votre race
Mais voici que c est vous, reine de majesté. Comment avons-nous pu nous laisser décevoir, Et marcher devant vous sans vous apercevoir. Nous serons donc toujours ce peuple inconcerté.
Ce pays est plus ras que la plus rase table. A peine un creux du sol, à peine un léger pli. C est la table du juge et le fait accompli, Et 1 arrêt sans appel et 1 ordre inéluctable.
Et c est le prononcé du texte insurmontable, Et la mesure comble et c'est le sort empli, Et c est la vie étale et 1 homme enseveli, Et c est le béraut d arme et le sceau redoutable.
Mais vous apparaissez, reine mystérieuse. Cette pointe là-bas dans le moutonnement Des moissons et des bois et dans le flottement De 1 extrême horizon ce n est point une yeuse,
Ni le profil connu d un arbre interchangeable. C est déjà plus distante, et plus basse, et plus haute Ferme comme un espoir sur la dernière côte, 24 >Sur le dernier coteau la flèche inimitable.
D ici vers vous, ô reine, il n est plus que la route. Celle-ci nous regarde, on en a bien fait d'autres. Vous avez votre gloire et nous avons les nôtres. Nous 1 avons entamée, on la mangera toute.
2à Nous savons ce que c est qu un tronçon qui s ajoute Au tronçon déjà fait et ce qu un kilomètre Demande de jarret et ce qu il faut en mettre: Nous passerons ce soir par le pont et la voûte
Et ce fosse profond qui cerne le rempart. Nous marchons dans le vent coupés par les autos. O est ici la contrée imprenable en photos, La route nue et grave allant de part en part.
Nous avons eu bon vent de partir dès le jour. Nous coucherons ce soir à deux pas de chez vous, Dans cette vieille auberge où pour quarante sous Nous dormirons tout prés de votre illustre tour.
Nous serons si fourbus que nous regarderons, Assis sur une chaise auprès de la fenêtre, Dans un écrasement du corps et de tout 1 être, Avec des yeux battus, presque avec des yeux ronds,
Et les sourcils hausses jusque dedans nos fronts, L angle une fois trouvé par un seul homme au monde, Et 1 unique montée ascendante et profonde. Et nous serons recrus et nous contemplerons.
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30 Voici l'axe et la ligne et la géante fleur.
Voici la dure pente et le contentement. Voici l'exactitude et le consentement.
Et la sévère larme, ô reine de douleur.
Voici la nudité, le reste est vêtement. Voici le vêtement, tout le reste est parure. 31 Voici la pureté, tout le reste est souillure.
Voici la pauvreté, le reste est ornement.
Voici la seule force et le reste est faiblesse. Voici 1 arête unique et le reste est bavure. Et la seule noblesse et le reste est ordure. 35 Et la seule grandeur et le reste est bassesse.
Voici la seule foi qui ne soit point parjure. 34 Voici le seul élan qui sache un peu monter.
Voici le seul instant qui vaille de compter. Voici le seul propos qui s achève et qui dure.
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Voici le monument, tout le reste est doublure Et voici notre amour et notre entendement. Et notre port de tête et notre apaisement. Et le rien de dentelle et 1 exacte moulure.
Nous resterons cloués sur la cnaise de paille. Et nous n entendrons pas et nous ne verrons pas Le tumulte des voix, le tumulte des pas, Et dans la salle en bas 1 innocente ripaille.
Perdus dans cette cbambre et parmi tant d bôtels, Nous ne descendrons pas à 1 heure du repas, Et nous n entendrons pas et nous ne verrons pas La ville prosternée au pied de vos autels.
Et quand se lèvera le soleil de demain, Nous nous réveillerons dans une aube lustrale, A 1 ombre des deux bras de votre cathédrale, Heureux et malbeureux et perclus du chemin.
Nous venons vous prier pour ce pauvre garçon Qui mourut comme un sot au cours de cette année. Presque dans la semaine et devers la journée Où votre fils naquit dans la paille et le son.
O Vierge il n'était pas le pire du troupeau. Il n avait qu un défaut dans sa jeune cuirasse. Mais la mort qui nous piste et nous suit à la trace A passé par ce trou qu il s est fait dans la peau.
Il était né vers nous dans notre Gatinais.
Il commençait la route où nous redescendons.
Il gagnait tous les jouis tout ce que nous perdons.
Et pourtant c était lui que tu te destinais,
Le voici maintenant dedans votre régence. Vous êtes reine et mère et saurez le montrer. C était un être pur. Vous le ferez rentrer Dans votre patronage et dans votre indulgence.
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O reine qui lisez dans le secret du cœur, Vous savez ce que c est que la vie ou la mort, Et vous savez ainsi dans quel secret du sort 3e coud et se découd la ruse du traqueur.
Mère le voici donc, il était notre race, Et vingt ans après nous notre redoublement. Reine recevez-le dans votre amendement.
Où la mort a passé, passera bien la grâce.
Nous, nous retournerons par ce même cbemin. Ce sera de nouveau la terre sans cachette, Le cbâteau sans un coin et sans une oubliette, Et ce sol mieux gravé qu un parfait parchemin.
c Et nunc et in bora , nous vous prions pour nous Qui sommes plus grands sots que ce pauvre gamin, Et sans doute moins purs et moins dans votre main, Et moins acheminés vers vos sacrés genoux.
39 Quand nous aurons joué nos derniers personnages, Quand nous aurons posé la cape et le manteau, Quand nous aurons jeté le masque et le couteau, Veuillez vous rappeler nos longs pèlerinages.
Quand nous retournerons en cette froide terre, Ainsi qu il fut prescrit pour le premier Adam, Reine de 5aint~Chéron, >Saint~Arnould et Dourdan, Veuillez vous rappeler ce chemin solitaire.
40 Quand on nous aura mis dans une étroite fosse, Qjjand on aura sur nous dit 1 absoute et la messe, Veuillez vous rappeler, reine de la promesse,
Le long cheminement que nous faisons en Beauce.
Quand nous aurons quitté ce sac et cette corde, Quand nous aurons tremblé nos derniers tremblements, Qjuand nous aurons râlé nos derniers raclements, Veuillez vous rappeler votre miséricorde.
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Nous ne demandons rien, refuge du pêcheur, Que la dernière place en votre Purgatoire, Pour pleurer longuement notre tragique, Et contempler de loin votre jeune splendeur.
Imp. Curial-Ar
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