‹ La route du Mississippi [microforme]Chapitre 4 sur 12 · HET HR · texte numérisé non relu

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16 LA HOUSE DU MIéSISS1PI.

Tué avant d’avoir quitté les eaux du St-Laurent (1), il fut remplacé par le P. de Groseilles et unautre Français. Ceux-ci, pluss heureux, hivernèrent en 1658 sur les bords du lac, visitèrentk les Sioux et apprirent de Hurons fugitifs l'existence d'une belleh rivière large et profonde qui pouvait être mise en comparaison“ avec le St-Laurent. |

Les missionnaires du Saguenay entendirent parler des Winnepegonck ou Winnebagoes et de leur baie qui, disait-on, donnait accès aux mers du Nord, du Sud et de l'Ouest (2).

Ménard, un vétéran des missions huronnes, s'avança, en” 1660, jusqu'au lac Supérieur et fonda la mission des Jtawas.« Au moment de son départ, il écrivait à l’un de ses amis #4 « Dans trois ou quatre mois, vous pourrez me mettre au » Memento des morts, veu le genre de vie de ces peuples, F » mon aage, et ma petite complexion (3). »

Le bon père se trompait de cinq ou six mois.

Il avait ouï parler du mystérieux fleuve de l'ouest et del nations stationnées sur ses rives. Il se proposait de visiter les nations, beaucoup pour les évangéliser, un peu pour voir le fleuve qui causait à son Ordre tant de préoccupations. At moment de partir, il apprit qu’une tribu huronne, que les Iro-86s quois avaient « fait fuir au bout du monde », était dans la plug affreuse misère, à cent lieues de sa mission. Malgré la lon-@ gueur et l'excessive difficulté de la route, malgré le vif désil@ de voir le Mississipi, malgré les plus sinistres pressenti-@ ments, ce vaillant homme n'eut pas un moment d'hésitation

Il partit le 48 juin 1661; aux environs du 15 août, il sd perdit dans un portage. Est-il mort de faim ? A-t-il été assasM siné par un sauvage ? On a trouvé chez des Indiens quelque#

(1) Relation de 1650 et 1660, p. 29.

(2) Relation de 1661, p. 12.

(3) Relation de 1660, p. 30.

ne

LA ROUTE DU MISSISSIPI. 17 Yets qui lui avaient appartenu, mais on n'a jamais pu pénéer le mystère de ses derniers moments (1).

Tant de persévérance, de dévoûment, de douloureux sacrice d’une belle fices eurent un résultat. En 1670, les Jésuites étaient forte- | comparaisonMient établis à Sainte-Marie-du-Sault, au pied des rapides ui versent au lac Huron le trop-plein du lac Supérieur.

Deux ans plus tard, d'après le P. Dablon, tous les sauvages es environs étaient très-bons chrétiens. L'enclos de l'église cevait, en temps de guerre, les femmes, les filles et les )fants. Un vieux chef, nommé Iskouakité, disait un jour :

Les Robes-Noires sont véritablement nos pères, ce sont eux a des Jtawas: « “qui nous gardent et qui donnent la vie au Sault, en reti- 00 0es ans & #rant nos femmes et nos enfants chez eux, et en priant pour no monre. Al , mous Jésus, le dieu de la guerre... Que nous sommes heuces peuples, à Hroux d’être logés près de l’église ! Jeunesse, femmes, @cnfants, que personne ne soit paresseux à se trouver à la WPrière. »

l'ouest et des Sur ce point, comme sur bien d'autres, l'accord n’est pas t de visiter lespérfait.

peu pour voir#iL’abbé de Galinée, qui visita Sainte-Marie-du-Sault en 1670, cupations. Aïdit que, dans cette mission, quelques sauvages étaient bapti- 1e, que les Iro-88s, mais qu'il n’y en avait pas un qui fût assez bon chrétien hit dans la plufiur être admis au sacrifice de la messe. Beaucoup de Hurons algré la lon-@Bmpés à la pointe du Saint-Esprit étaient chrétiens depuis ré le vif désil@ngtemps déjà; le missionnaire, dit encore Galinée, « n'avait res pressenti-® pourtant jamais osé dire devant eux la sainte messe, sachant t d'hésitation#iqu’ils regardaient cette action comme une jonglerie de sor- “icier (2). »

hristian Le Clercq, dans la deuxième partie du Premier blissement de la foy dans la Nouvelle-France, prétend e les conversions annoncées par les Jésuites sont imagi-

1), il fut rem- {

Ceux-ci, plus“ ac, visitèrent#

t parler des qui, disait-on,# l'Ouest (2).

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15 août, il st -t-il été assas® liens quelque#

(1) Relation de 1662, 1663, pp. 20-22.

2) Voyage de MM. Dollier et de Galinée; Ms. de la Bibliohèque netionale, suppl. Français, n° 2490, 8.

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naires. Le baron de La Hontan est encore plus affirmatif. Les siCC ecclésiastiques, dit-il, « font plus de mal que de bien. » (1) ils n dit ailleurs : « Tout ce que ces bons Pères en peuvent tirer ontr. « se réduit à quelques acquiescements Sauvages, contraires Æncon « à ce qu'ils pensent; par exemple, quand ils leur prêchent#}} mis « l’Incarnation de Jésus-Christ, ils répondent que cela esllbnfant admirable ; lorsqu'ils leur demandent s'ils veulent se faire Supér Chrétiens, ils répondent que c’est de valeur, c'est-à-dire qu'ils penseront à cela. Et si nous autres Européens les exhortons d’accourir en fou'e à l'Église pour y entendre h} u'cas « parole de Dieu, ils disent que cela est raisonnable, c'est-àMytait à « dire qu'ils y viendront; mais au bout du compte, ce n'es de] « que pour atiraper quelque pipe de tabac qu'ils s’approchen: à ’arag « de ce lieu saint (2). » À Sair

Le comte de Frontenac, gouverneur général de la Nouvelle trouva France, disait à Colbert, dans une lettre du 2 novembre 1672 %et plu « Pour vous parler franchement, ces missionnaires songen#tendu « autant à la conversion du castor qu'à celle des âmes, calh’en o: « la plupart de ieurs missions sont de pures moqueries, et jf vers « ne crois pas qu'on leur dût permettre de les étendre plu C'es « loin, jusqu’à ce qu’on vit en quelque lieu une église mieu“ésuite « fondée (8). » Parole:

ême | sera

Dans le même temps, un Indien disait à Québec, en pleiiflit enc conseil : « Tant que nous avons eu du castor, nous avons elpeut- + Lan

« des Jésuites, et nous avons pratiqué la religion chrétienne « avec le castor disparurent les missionnaires, et nous avonMPaint- « repris nos manitous (4). » L

Que les Jésuites aient exagéré, dans les Relations, leur

(1) Nouveaux voyages de M. le baron de Lahontan dans l’'AmM. Par rique septentrionale ; La Haye, 1703, lettre xvr, du 28 mai 1689 nd Ce,

(2) LanonTAN, 0p. cit., t. II, p. 116. { (2) D (3) Archives du Ministère de la marine. "e61, t. (4) Mémoire de M. de la Salle. Ms. cité par M. Parkman. . D

É LA ROUTE DU MISSISSIPI. 19 affirmatif. Les uccès religieux, on n’en saurait douter ; qu’ils aient imaginé e bien. » (1) il Mes miracles, c'est absolument certain (1); qu'ils aient fait, ‘peuvent lirerlbontre tout droit, le trafic du castor et de l’eau-de-vie, c'est es, contraires. ncontestable. Mais la prospérité matérielle, sinon morale, de leur prêcheni Ma mission de Sainte-Marie-du-Sault est certaine puisqu'elle t que cela esllbnfanta celle de la Pointe du Saint-Esprit, au sud-ouest du lac eulent se fair Supérieur, et celle de Saint-François-Xavier, sur la rivière du r, c'est-à-diréélinême nom, au sud-ouest de la baie Verte (2). Franchement,

Européens le} serait puéril de donner pour mobile à leur conduite le trafic r y entendre By castor et de l'eau-de-vie. Ils visaient plus haut. Leur but anable, c'est-à"Métait de fonder dans l'Amérique du Nord un empire chrétien, ompte, ce n'es Emodelé sur celui que les Jésuites espagnols avaient au ls s'approchen MParaguay.

Saint-François-Xavier, dit le P. Estienne Dechamps, se rouvait à quelques journées d’une rivière large d’une lieue t plus, qui coule du nord au sud. Des sauvages l'ont desendue fort longtemps, en quête d’ennemis à combattre, et ’en ont pu trouver l'embouchure, « qui ne peut estre que

vers la Mer de la Floride, ou celle de Califournie ».

C’est la première fois, pensons-nous, que les Relations des ésuites mentionnent avec précision le fleuve Mississipi. Des “paroles d'espoir suivent cette mention. Il y a sur ce fleuve, iébec, en pleil dit encore le P. Dechamps, une grande nation dont on pourra nous avons elpeut-être faire la conversion (3). ion chrétienne#t La mission de la Pointe du Saint-Esprit, comme celle de et nous avonk Saint-François-Xavier, était un avant-poste qui rayonnait

ans l’ouest, vers le Mississipi.

de la Nouvell 1ovembre 1672 naires songenk . des âmes, ca noqueries, et js 8 étendre pluk he église mieud

Relations, leurs

(1) Par contre, ils nient et se moquent de ceux des Sulpiciens. M. PARkMAN, The old régime in Canada ; Boston, Little, Brown nd Co, 1874, pp. 44, 45, 56.)

(2) DaBLow, Relation des années 1672 ct 1673; Paris, Douniol e61, t. I, PP: 51-78.

(8) DrcHamps, Relation de 1670, p. 80.

tan dans l'Amll du 28 mai 168%

Parkman.

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