‹ La route fleurieChapitre 24 sur 51 · SURVIVANCE · texte numérisé non relu

SURVIVANCE

Non, non, elles ne sont pas mortes, les Dryades : J'entends leurs voix chanter sous Técorce des chênes, Et l'on est gai, quand, ô Printemps, tu désenchaînes La Naïade aux yeux verts qui sourit en cascades.

C'est le soir. Le soleil, de ses rayons obliques, Caresse les flancs roux des collines heureuses ; Et vous voici paraître, Oréades pieuses, Qui dansez lentement vos rondes pacifiques.

L'aurore bienveillante empourpre la clairière. Tais-toi, passant qui viens la chanson à la bouche, Et regarde : c'est la Satyresse farouche Qui saute en la fraîcheur de la jeune lumière.

Oui, vous vivez, ô joie éternelle du monde, Vous vivez, et malgré les prêtres du dieu triste, Votre grâce tranquille et sereine persiste Parmi les renouveaux de la terre féconde.

KN PASSANT 89

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