‹ La route fleurieChapitre 42 sur 51 · LE VAL HARMONIEUX · texte numérisé non relu

LE VAL HARMONIEUX

C'est un val odorant de lauriers, où la lune Fait traîner et mourir sa caresse d'argent, Tandis qu'au ciel, gai d'un crépuscule changeant, Les sidérales fleurs s'entr'ouvrent une à une.

Là sourd et s'agrandit, parmi l'herbe opportune, Une fontaine dont la Naïade, nageant, Rit et, charmeuse, endort d'un murmure indulgent La Satyresse blonde et la Dryade brune.

Et voici que, joyeux du beau soir, un berger Dont la flûte soupire un air frêle et léger A quitté le penchant parfumé des collines.

Auprès de Tonde, il a frémi d'un doux frisson Et, les yeux éblouis des dormeuses divines, Il s'arrête, oublieux de finir sa chanson.

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