LE VIEUX CENTAURE
Tandis qu'au ciel rosé jouaient des feux d'aurore, J'ai couru par les champs de lavande et de thym Là, parmi les senteurs humides du matin, Près du ruisseau, j'ai vu s'ébrouer le Centaure.
Bien qu'il grisonne, il est beau de visage encore : Et, le regard plaintif à la fois et hautain, Il semble quelque dieu vaincu par le Destin Et que maintenant nulle prière n'implore.
Pour consoler un peu son chagrin, de ma voix La plus douce, j'ai voulu chanter, et je crois Qu'un instant ses yeux sont allés vers la chanteuse
Peut-être il revivait en rêve l'ancien jour
Où la Centauresse aux crins blonds, morte ou menteus
Lui jurait vainement un éternel amour.
INTERMKDi: PASTORAL I!)