LA ROSE
Pour toi, douce Myrto, j'ai cueilli cette rose. Elle était seule, et Ton eût dit qu'elle pleurait De s'être ouverte, loin des yeux, dans la forêt, Pares-en tes cheveux : elle n'est plus morose.
Un gai soleil rayonne à la porte déclose : Vois la plaine où l'éclat du printemps apparaît, Sous la glace, l'hiver, ah, comment sourirait La Nymphe qui fleurit les prés et les arrose ?
Viens, ô Myrto. La terre est heureuse : ton pied Y frôle le muguet, le thym et le pourpier... Arrêtons-nous. Là-bas, une flûte fredonne.
Oui, c'est Pan, qui ranime enfin les joyeux airs. Et l'heure est amoureuse, et la saison est bonne Où la chanson de Pan charme les chênes verts.