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ments à la tête des nations; il faut aussi une autorité pour instruire, élever, unir les âmes et les conduire à leur suprême destinée; mais ici, la mission étant divine, l'Eglise recevra, pour la remplir, une autorité divine; elle se présentera devant vous, devant les nations, devant tous les siècles, avec la puissance spirituelle, avec l’ascendant, avec l’eutorité de Dieu même, Ainsi l’a voulu Jésus-Christ et remarquez avec quelle force!
Il choisit lui-même les premiers représentants de son Eglise; il les instruit, il les forme, il les entraîne à l’apostolat par sa parole, par ses exemples, pendant plusieurs années. Il fonde lui-même la hiérarchie de son Eglise; il dit à l’un d'eux : “Tu es Simon, fils de Jona ; désormais tu t’appelleras Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise!” des autres apôtres, il fait l’Eglise enseignante; et quand son Eglise est formée, avec ses principaux membres, avec sa tête, quand cette Eglise bien-aimée est sortie tout entière de son Cœur, ouvert sur la croix, comme Eve du côté d'Adam, alors, ÿ lui communique son Esprit; il souffle sur elle il lui dit: “ Va, enseigne, baptise toutes les natio.s! voici que je suis avec toi jusqu’à la fin des temps! Qui t'écoutera, m’écoutera; qui t'obéira, m’obéira; au contraire, te mépriser, ce sera me mépriser moi-même!” — L'Eglise, c’est Jésus-Christ sur terre! c’est Dieu!
Elle enseigne les dogmes qu’il faut croire pour être sauvé, et Dieu parle par ses lèvres, elle est infaillible.
Elle dit les préceptes qu’il faut accomplir pour vivre éternellement et Dieu commande par elle; ses décisions sont sans appel!
Elle agit sur ies âmes par les sacrements, et Dieu donne à chacun d’eux le pouvoir de produire
la grâce qui ressuscite les âmes ou les sanctifie. Son action est souveraine!
L'Eglise c’est Jésus-Ohrist sur terre, continuant son œuvre de salut auprès de chaque génération, de chaque pays, de chaque diocèse, de chaque paroisse, de chaque âne en particulier.
Que n’a-t-elle pas fait pour vous qui m’entendez?
Beaucoup d’entre vous lui doivent l’existence ; l'Eglise a parlé, au nom de Dieu, à vos pères et à vos mères; elle leur a donné le précepte, le courage, la grâce d’avoir ces familles nombreuses qui sont l’honneur et la’ plus grande force du Canada français.
Vous n’étiez pas encore descendu de vos berceaux, déjà l'Eglise vous avait baptisés, c’est-à-dire rendus les enfants de Dieu, les frères de Jésus- Christ, les héritiers du ciel; vous jouissiez à peine des premiers discernements de la raison et l'Eglise s’empressait de vous nourrir du pain des anges, comme Dieu nourrissait de la manne son peuple dans le désert, les petits enfants les premiers; et si pour certaines âmes l’âge des passions est une nouvelle mer Rouge à traverser, l'Eglise était encore là, près de vous, à l’heure critique, ainsi que Moïse, près d'Israël, pour vous empêcher d'être engloutis, comme tant d’autres! C’est Dieu encore, par l'Eglise, qui a béni votre mariage; c’est Dieu, qui vous a dit, par sa bouche, d'aimer votre femme, comme il aime son Eglise, et à votre femme de vous aimer comme l'Eglise aime son divin époux; ce sont ses paroles mêmes dans nos Livres saints! Jésus-Christ est là encore, par son Eglise, pour baptiser, instruire, former, nourrir vos petits enfants, comme il a fait pour vous, comme il fera quand à leur tour ils seront devenus chefs de famille, pour leurs petits enfants; grâce à son Eglise, Jésus-Christ ne vous abandonnera jamais. Il sera
près de vous dans vos rudes labeurs pour vous réconforter, dans vos peines pour vous consoler, après vos fautes pour vous pardonner, à chaque étape journalière de votre pèlerinage sur cette terre pour vous nourrir de sa chair et de son sang. — Il sera là encore, au moment où vous quitterez cette vie, pour vous assister de ses suprêmes secours ; l’Eglise le représentera plus que jamais, l'Eglise étendant la main, vous montrant le ciel, et vous disant : “ Profiscere anima christiana ! pars, Ô âme chrétienne ! quitte cette terre, ton œuvre est accomplie ! et monte au ciel, au nom du Père qui t’a créée, au nom du Fils qui t'a rachetée, au nom du St-Esprit qui t'a sanctifiée !” L'Eglise parle au nom de la Trinité tout entière ! Comme aux jours où elle vous à baptisés, enseignés, purifiés, nourris du pain eucharistique, elle vous dit : au nom du Père, du Fils, du St-Esprit ! Elle est vraiment Dieu qui vous parle, qui vous sanctifie, qui vous conduit au ciel! Elle est Dieu qui commande aux nations, aux “aces, aux continents, comme à chacun de ses enfants! Ne sont-ils pas tous son œuvre ? Ne lui doivent-ils pas tous l’honneur et l’obéissance ? A genoux donc aux pieds de mon Eglise, ccmme devant moi-même! s’écrie le Sauveur. À genoux, non certes pour l’adorer, puisqu'elle est compcsée d’hommes comme vous, sortis de la poussière et qui bientôt vont y rentrer! mais à genoux pour entendre sa parole, c’est la mienne; pour recevoir son absolution, c’est la mienne; pour vous nourrir de son Eucharistie, c’est moi-même; pour vous courber en ce qui regarde votre salut, sous son autorité, sous ses bénédictions, sous ses ordres, ce sont les miens! Ah! quelle force pour en imposer à l'erreur, pour confondre le mensonge, pour briser l’ergueil, pour obtenir l’union de tous les hommes et les peuples!
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Si quelques-uns s’égarent, s’ils deviennent hérétiques, schismatiques, nous pourrons leur dire: “Q frères bien-aimés, regardez donc VEglise catholique; considérez sa vie, étudiez son histoire; seule elle porte les signes de Dieu, éclatants comme le jour! Regardez, elle est répandue dans le monde entier, chez des peuples de langues, de mœurs, d’intérêts différents, quelquefois opposés; cependant elle est une, admirablement une dans la mêrie foi, dans le même culte, dans la même langue liturgique, dans la pratique des mêmes commandements, dans l'obéissance au même Chef suprême qui est le Pape. Ne reconnaissez-vous Pas une merveilleuse unité ? mais l'unité, c’est le signe de Dieu! Regardez encore! Elle est composée d’hommes, c’est-à-dire de Pauvres créatures fragiles, pouvant avoir leurs faiblesses et leurs passions et cependant des millions de fidèles puisent chaque jour dans les sacrements la grâce d'accomplir les devoirs les plus difficiles; et cependant des milliers de prêtres, de religieux, de religieuses y trouvent à leur tour le secret de vertus angéliques; l'Eglise catholique a d’innombrables saints et de martyrs. N'est-ce pas la sainteté aussi parfaite qu’elle peut être sur terre? mais la sainteté, c’est encore un signe de Dieu! Regardez toujours! Qui est à la tête de l’Eglise ? le Pape! et qui a été le premier Pape? forcément, de Pape en Pape, vous remontez à St-Pierre, de St-Pierre à Jésus-Christ, lui disant: « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon, Eglise!” Ce n’est plus simplement le signe de Dieu; c’est Dieu lui-même!
À genoux donc vous aussi aux pieds de l'Eglise Catholique! professez sa foi! acceptez son autorité! recevez ses sacrements! ou debont contre Jésus- Christ ! contre Dieu même ! à genoux dans la prière et dans la foi totale! on debout dans le biasphème et dans Îa négation totale! Pas de milieu: ou vous
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croyez en Jésus-Christ et alors il faut accepter son Eglise telle qu’il l’a établie lui-même il y a 19 siè. cles; il faut être catholique! ou vous ne croyez pas en Jésus-Christ et alors vous vous dressez contre Lui, contre son affirmation, contre ses miracles, contre son témoignage écrasant ! — mais je ne puis pas être debout contre vous, ô mon Dieu! debout, “incrédule, blasphémateur, malgré les preuves certaines, inébranlables de votre divinité ; je ne puis Pas renoncer à mon bon sens, et me nier moi-même < je me rends, je crois en vous, je vous adore, et, en même temps je recvrnais, j'accepte, j'aime votre Eglise! puisque c’est vous qui l’avez fondée, qui l'assistez chaque jour et qui en faites un autre vous-même. L'Eglise catholique c’est Jésus-Christ sur terre! c’est Dieu qui vous parle, qui vous commande et qui veut vous sauver tous!
L’Eglise catholique nous apparaît avec une seconde puissance, celle qu’exercent sur le cœur le dévouement d’une mère ou les bienfaits de la patrie.
Pourquoi aimez-vous vos mères ? Mest‘eurs. — Pourquoi considérez-vous comme indigne de votre estime l’homme qui manque de respect ou de tendresse envers sa mère ? Parce que l’idée de mère représente ce que l’abnégation a de plus pur et de plus élevé, ce que l'esprit de sacrifice a de plus tendre, de plus généreux, de plus persévérant; vos cœurs s’émeuvent, vos yeux se movi'lcut, quand, arrivés au déclin de l’âge et songeal.: à la rareté sur terre du véritable dévouement, vous songez à celui de vos mères, à ce qu’elles.ont fait pour vous, avec quel désintéressement et à quel prix.
Pourquoi encore aïmez-vous la vieille patrie française ? pourquoi étonnez-vous le monde par une fidélité plusieurs fois séculaire ? “C’est de latavisme ; c’est dans le sang,” répondent les ethnologistes; il faut dire surtout: c’est dans le cœur! Vous devez à la France votre belle langue, la plus claire, la plus logique, la plus fine du monde; vous lui devez la plupart de vos traditions et de vosmœurs; vous lui devez votre foi, surtout votre foi de catholiques, la foi des Olier, des Champlain, des Marguerite Bourgeois, la foi qui donne si souvent le bonheur sur terre et tuujours le bonheur du ciel — et parce que d’une part vous devez beaucoup à la France, parcéique d’autre part vous avez du cœur, un grand cœur, un admirable cœur, vous Paimer, et, quand elle subit l'épreuve d’une guerre terrible comme celle qui ensanglante toujours son sol, vous ne calculez pas où est votre intérêt, vous demandez seulement où la France est en danger, vous y volez, et vous dites, comme ce cher soldat canadien dont on m’a montré la lettre: “ je suis content de me battre, parce que c’est pour Maman!”
Or, Messieurs, l'Eglise aussi est une mère! elle est une mère pour toute notre race française; elle est'une mère pour les nations les plus civilisées du monde; elle l’est au sens rigoureux du mot!
C'est l'Eglise, qui envoie à la France les St:Pothin et les St-Irénée de Lyon. C’est Rome qui envoie les St-Denys de Paris, les St-Gatien de Tours, les St-Austremoine de Clermont, les St-Martial de Limoges, les St-Front dr Périgueux, les St-Paul de Narbonne, les St-Saturnin de Toulouse, les St- Trophime Arles, les St-Maxime de Riez, les St- Demnin et les St-Vincent de Digne; et ce sont les Premiers évêques des Gaules, ce sont lenrs successeurs, St-Hilaire de Poitiers; St:Martin de Tours,
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St-Germain d’Auxerre, St-Loup de Troyes, St-Aignan d'Orléans, St-Rémi, St-Léger, St-Eloi, tant d’autres qui ont fait la France suivant une parole célèbre, comme les abeilles font leur miel. Les moines ont continué l’œuvre et les moines c’est toujours l'Eglise! ils ont défriché notre sol, bâti nos innombrables églises et nos merveilleuses cathédrales, fondé nos écoles, nos universités, nos bibliothèques, sauvé les sciences, les lettres, les arts de l'invasion des Sarrasins et des barbares du Nord, suscité enfin, comme St-Bernard, le magnifique mouvement des croisades. Que serait-ce encore si je pouvais dire ce que l'Eglise a fait pour notre pays en sacrant ses rois et en les sanctifiant? L'Eglise a fait la France par ses évêques, par ses moines et:par les rois très chrétiens!
Est-ce qu’elle n’a pas fait l'Irlande quand elle lui envoyait St-Patrice et St-Colomban ? Est-ce qu’elle Wa pas fait l'Angleterre lorsque le pape, St-Grégoire le Grand, confiant son évangélisation au moine Augustin. et à ses. quarante compasnons, avec ce magnifique mot d'ordre: “ce sont des Angles, faites-en des anges!” ; nous avons encore les lettres de St-Grégoire; il encourage les missionuaires; il organise la nouvelle Eglise d'Angleterre; il entre dans tous les détails nécessaires, comme une mère s'occupe de son enfant; bientôt les monastères couvriront aussi la grande Bretagne d’une splendide floraison de vertus et en feront l’Ile des saints!
L'Eglise a fait Allemagne — aussi l'Allemagne d'autrefois avec ses populations si profondément catholiques des bords du Rhin et de la fo -4t noire. Vers la moitié du VIIIe siècle, le pape Grégoire III fait venir à Rome un moine anglais, Wilfrid; il le garde un au auprès de lui, il le forme; il lui donne quelque chose de son âme et. de son cœur; et un
jour, il lui dit: “ Va, mon fils; évangélise les Germains; désormais, tu t’appelleras Boniface, c’està-dire lé faiseur de bien!” et, par trois fois, Rome rappelle son grand missionnaire, elle retrempe son courage; elle étend ses pouvoirs; elle l’envoie avec d’autres religieux jusqu’au cœur des pays les plus barbares de la Germanie, il y trouve le martyre, mais il y laisse la civilisation chrétienne,
L'Eglise a fait toutes les nations de l’Europe, comme elle a fait la vôtre, avec Monsieur Olier et sa grande compagnie de St-Sulpice! L'Eglise a fondé la civilisation moderne; elle lui a donné tout ce qu’elle a de vrai, d’éleyé, de généreux; elle a été pour l’humanité le ferment dont parle Jésus-Christ et qui fait lever toute la pâte; ou encore, comme l’annonçait la Maître divin, elle a été le grain de senevé qui a germé, poussé ses racines dans les catacombes; après trois siècles, il en est sorti, il est devenu un grand arbre couvrant le monde de ses ramures; les oiseaux du ciel vinrent y poser leurs nids et y préparer leur essor; les oiseaux du ciel, c’étaient les arts, les sciences, les lettres, toutes les belles idées, toutes les grandes œuvres, toutes les nobles aspirations; c’est à l’Eglise que le monde civilisé doit ses plus beaux monuments d'architecture, ses chefs-d’'œuvre de peinture et de sculpture, des lettres, les pages de ses plus grands penseurs, les institutions les plus admirables de sa charité, par exemple: les toiles inspirées d’un Cimabué, d’un Fra Angelico, d’un Raphaël, le dôme et les statues sortis des mains de Michel-Ange, les livres d’un Augustin, d’un St-Thomas d'Aquin, d’un Corneille et d’un Bossuet, les œuvres d’un St-Jean de Dieu et d’un saint Vincent de Paul, et je n’ai pas dit la plus importante de toutes, celle qu’ac- .complissent ceux qui travaillent sans cesse au bonheur éternel des âmes dans toutes les nations! Oui,
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l'Eglise est une mère, elle est votre mère, Ô France, à Angleterre, Ô Italie, à Espagne, Ô pays du centre de l’Europe, à pays du Nouveau-Monde, ô toi surtout, cher Ca” ‘da; elle est ta mère, Ô civilisation moderne, tu lui dois tout ce par quoi tu es vraiment grande et immortelle! Et si trop souvent l'Eglise a été persécutée, spoliée, martyrisée, calomniée par ses propres enfants, elle n’en mérite que davantage notre respect, notre admiration et notre amour. Oui, quelques empereurs d’Allemagne, des rois de France et d'Angleterre ont déchiré son cœur par des luttes ou par des schismes effroyables; oui, les démagogies en délire ont tratné ses prêtres au supplice ou l’ont odieusement talomniée en lui imputant des excès, des massacres , cu des désordres qui ne sont pas son fait, mais celui des hommes, elle n’en apparaîtra que plus chère et avec une nouvelle auréole, celle d’une mère, martyre pour ses enfants, quand on saura pourquoi -elle a souffert! Elle n'avait qu'un mot à dire et les Frédéric d'Allemagne, et les Philippe le Bel de France, et les Henri VIII d'Angleterre, et les peuples déchaînés l’acclamaient! Mais ce mot elle ne l’a pas dit, parce que c’eût été sacrifier les droits de Dieu, les droit: des âmes, ou, simplement, les droits de quelque pauvre reine, injustement répudiée! Elle a préféré tout souffrir, fût-ce l’'arrachement de son cœur d’une nation entière plutôt que d'accepter la Suppression, à vos dépens, d’une parcelle de Vérité ou d’un atome de vos Droits! Honneur à elle! et quand on la verra, au milieu des persécutions les plus cruelles, s’oublier elle-même pour songer plus que jamais à convertir les nations encore païennes, quand, semblable à Jésus sur la croix, elle puisera dans ses souffrances ‘le nouvelles énergies et des grâces plus abondantes pour sauver le monde, alors, comme le centurion
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du Calvaire, reconnaissant le Fils de Dieu à la manière dont Il souffrit sur la croix, et tombant à genoux à ses pieds, vaincu par la beauté de son immense amour, les peuples tôt ou tard salueront tous en l’Eglise une mère divine, parce que, épouse de Jésus-Christ, elle ne partage pas seulement ses pouvoirs et son autorité, mais encore elle en a le Cœur, c’est-à-dire l’amour et le. dévouement poussés jusqu’à l’infini de la charité divine!
Voilà donc les deux premières puissances de l'Eglise pour imposer ‘äux nations les lois du saint amour. Tant qu’un peuple aura la foi, il s’inclinera devant sa puissance d’autorité; c’est celle de Dieu même; tant qu’il aura du cœur, il subira l’ascendant de son dévouement incomparable, c’est celui d’une mère; et si un peuple perdait la foi, s’il n’avait plus de cœur, j’ose l'affirmer avec non moins de force: même alors, ce peuple devrait rester fidèle à l'Eglise et pratiquer ses Lois d'amour; pourquoi ? au nom de ses intérêts les plus sacrés! Dieu bénit ou rejette les gouvernements, Dieu benit ou rejette les nations elles-mêmes et les races, snivant qu'elles sont plus ou moins fidèles à l'Eglise. — C’est la troisième puissance, celle de la bénédiction d’en haut, qui s’attache au respect, à l'amour qu’on a pour l'Eglise, comme le bénédiction divine récompense ici-bas le dévouement du bon fils envers son père et sa mère.
On pourrait en appeler à toute l’histoire; quelques exemples suffront.
Constantin arbore la croix; il protège l'Eglise: qu'arrive-til ? il bat Maxence au pont Milvius; il devient maître de tout l’empire romain ; il lui
donne une seconde capitale qui portera son nom et le rendra immortel: elle s’appellera la ville de Constantin ou Constantinople!
Théodose veut être aussi le fils soumis et dévoué de l'Eglise; sil combat l" barbarie, c’est pour la gagner au Fils de Dieu; s’il marche contre Arbogaste et ses légions révoltées, c’est en opposant la croix à l’image d’Hercule dont elles ont fait leur étendard ; s’il commet des atrocités à Antioche, à Thessalonique, comme un autre empereur plus tard à Louvain, il saura, lui, s’en humilier ; il courbera son front repentant et son visage baigné de larmes sous la main de St-Ambroise l’arrêtant sur le seuil de la basilique de Milan; c’est un ami et un protecteur de l'Eglise; Dieu le bénit à son tour; il devient l’empereur très aimé de l’Orient et de l'Occident; l’histoire lui décerne le plus glorieux des titres; elle l’appellera Théodose le Grand.
Clovis invoque le Dieu de sa femme Clotilde sur les champs de bataille de Tolbiac ; il reçoit le baptême à Reims, avec ses fiers Sicambres ; il fait de la France naissante la Fille aînée de l'Eglise. — Qu’arrive-t-il encore ? Les rois Ariens disparaîtront ; les races brillantes des Visigoths, des Ostrogoths, des Vandales, des Hérules, dix autres encore, s’évanouiront comme des météores, tandis que la France demeurera sur le firmament comme un astre béni, bienfaisant, immortel ! et plus la France sera fidèle à l'Eglise, et plus son éclet sera vif et grandissant; au contraire, il pâlira, on se demandera même si elle ne va pas disparaître, comme tant d’autres peuples, aux heures sombres où elle abandonne, où elle persécute l'Eglise!
Rappelez-vous les traitements odieux, infligés par Philippe le Bel à Boniface VIII, châtiés aussitôt par la guerre de Cent ans. Rappelez-vous la