‹ La royauté de Jésus-Christ [microforme] (volume 3)Chapitre 4 sur 5 · FR, ER · texte numérisé non relu

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prospérité inouie du règne de Louis XIV et ses cruels revers, suivant qu’il défend l'Eglise ou qu’il l'afflige par ses prétentions gallicanes. Rappelezvous Napoléon Ier et Napoléon III aux dons si différents, mais semblables en ceci : leur règne étonne le monde par sa prospérité, quand ils protègent le Pape; ils sont précipités dans l’abime, ‘ sitôt qu'ils abandonnent ou le persécutent. “ Je n'ai rien à craindre, disait Napoléon Ier, alors au faite de sa puissance; Je pape ne fera pas tomber les fusils des mains de mes soldats!” il n’eut pas cette peine; l’hiver s’en chargea, pendant la désastreuse retraite de Russie,

On peut le dire: c’est une loi de l’histoire ; quand un monarque Où une nation ont conscience de leur mission, quand ils mettent la puissance matérielle dont ils disposent au service du Droit, de la Liberté des âmes, de la gloire de Dieu, de toutes ces causes, si éminemment représentées par l’Eglise de Jésus-Christ, lorsqu’en conséquence, ils l’aiment et la défendent elle-même, Dieu veille sur eux ; à leur tour, ils sont respectés, influents, prospères; mais du jour où de l'Eglise, ils veulent faire la vassale de leur ambition, Dieu se tourne contre eux et ils sont vaincus! :

Si donc c’est un devoir sacré pour tout fidèle davoir l’amour le plus filial pour l'Eglise et en Particulier pour le Souverain Pontife, ce devoir s’impose avec plus de rigueur encore aux gouvernements et aux nations rarce qu’il s’agit pour elles de leur prospérité materielle et morale, de leur existence elle-même.

Comment pourrai-je finir sans évoquer la grande figure de Char ?magne et, avec elle, l’exemple le plus éclatant de la piété filiale d’un souverain envers l'Eglise ?

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Il s’agit d’un ancêtre commun ; Charlemagne est votre gloire comme il est la nôtre.

Tout jeune encore — c'était en 753 — il a vu son père Pépin le Bref, recevant Etienne II dans son palais de Champagne, venir à sa rencontre à une lieue de distance, se prosterner devant lui, prendre la bride de son cheval et l’accompagner à pieds, comme un simple écuyer. Charlemagne vient de voler au secours du pape Adrien Ier; il bat Didier; maintenant, il veut rendre hommage au Pape comme son père ; il laisse son armée autour de Pavie; il vient à Rome, humblement, avec sa . femme Ste-Hildegarde et ses enfants; lorsqu'il arrive à la basilique de St-Pierre où le pape l’attend en haut des degrés, il descend de cheval, il se met à genoux sur le premier degré qu’il baise et monte ainsi toutes les marches, arrive aux pieds du Souverain Pontife qui lui tendait les bras, il se lève et l’embrasse comme le meilleur des pères. Revenu dans ses Etats, il lui écrit les lettres les plus touchantes; quand il apprend sa mort, il lui’ dédie cette épitapne: “O père très aimé, hier encore le sujet de ma joie et aujourd’hui la cause de mes larmes, que nos deux noms soient inséparables dans les cœurs, comme ils le sont sur ce granit: Adrien, Charles. — Vous qui lirez ces lignes, ayez pitié de tous les deux, priez pour eux, tandis que vous, Ô Père, vous prierez du haut du ciel pour votre indigne disciple, si heureux, si honoré de pouvoir vous saluer du nom de père!”

Léon III a remplacé Adrien Ier et veut venir saluer à Paderbon l’ami et le protecteur de la papauté. Charlemagne envoie à sa rencontre son fils Pépin, déjà roi d'Italie, avec cent mille hommes; tous s’agenouillent devant le Pape et lui demandent de les bénir. Charlemagne s’avance à son tour au devant de Léon IIT avec une nouvelle armée,

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