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aussi nombreuse que la première; il la dispose en cercle, se t' ‘nt au milieu, et, quand paraît le pontife, il se met à genoux, avec tous ses guerriers et le plus redoutable des rois de la, terre s'incline profondément devant l’auguste représentant du roi des cieux; la force triomphante s’agenouille devant la Puissance spirituelle et se proclame sa vassale et sa ser inte!
Charlemagne grandit toujonrs! il s'appelle “ le dévot serviteur du St-Siège! ” — I] en affermit les Etats; il en fait rayonner l’amour dans son immense empire par l’école, par le monastère, par les paroisses et les diocèses qu’il multiplie; et quand il sent venir la fin de sa vie mortelle, c’est au St- : Siège qu’il pense encore; il tâche d’en perpétuer l'indépendance par son testament, par ses dernières paroles; il veut recevoir devant son peuple les sacrements de l'Eglise; il en demande les prières aux évêques présents; il meurt en couvrant tout son corps d’un grand signe de croix et en murmurant un chant de l'Eglise “ ]n manus tuas, Domine, commendo spiritum meum !” Au moment de l’ensevelir on trouva sous sa tunique un cilice qu'on lui laissa comme la plus belle des parures, et on mit sur sa tête le diadème où il avait fait insérer une relique de la vraie croix. :
Pas un roi n’a surpassé Charlemagne dans son amour pour l’Eglise, et pas un n’a été béni dans toutes ses entreprises comme le digne fils de Pépin le bref. — Vainqueur à 30 ans de tous ses ennemis, il est bientôt maître d’une partie de l’Europe, des Alpes aux Pyrénées, et de la Baltique à la Méditerranée, c’est pour étendre partout en même temps la civilisation chrétienne ; il meurt à 72 ans en paix et couvert de gloire, tandis que les plus fameux Conquérants sont morts jeunes ou tragiquement; il s'élève de très haut au-dessus de tous, en
subordonnant le glaive à la croix, et la puissance matérielle à l’idéal de toute justice et de toute bonté,
C’est ce grand principe de la civilisation chrétienne, c’est l’esprit de Pépin le Bref et de Charlemagne, l'esprit de Philippe Auguste et de St-Louis, l’esprit de nos grands aïeux qui doit vivre toujours, et, si la vieille Europe s’obstine à ne pas comprendre de telles leçons, si elle continue de préférer à l'arbitrage de l’Eglise les arrêts de la force brutale, aveugle et si effroyablement sanglante, ah! vous, soyez là pour garder l’esprit de vos illustres ancêtres! Puisque l'Eglise c’est Dieu sur terre, eñtourez-la de tous vos respects; puisque l'Eglise c’est une mère, et trop souvent une mère martyre, chérissez-la, prodiguez-lui vos dévouements, soyez prêts à la défendre encore, s’il le fallait, en lui envoyant vos fils, comme vous l’avez défendue vousmême peut-être en 1870, parmi les zouaves pontificaux ; et puisque les bénédictions de Dieu sont avec l'Eglise, ah! transmettez-en l’amour à vos enfants pour qu’ils soient bénis comme vous, et comme vos ancêtres. O terre vaillante du Canada, je t’en conjure, ce sera ta plus grande gloire, ne recule devant aucun sacrifice, prie, travaille, lutte, s’il le faut, fais tout pour rendre immortelles ces deux choses sacrées : l’amour de la Vieille France pour l'Eglise et les bénédictions de Dieu qui en seront toujours la récompense ! Amen !