‹ La ruche canadienne [microforme]Chapitre 13 sur 59 · CHAPITRE TROISIÈME VISITE GÉNÉRALE AU PRINTEMPS · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME VISITE GÉNÉRALE AU PRINTEMPS

Vers la tin d'avril, on pent généralement chez nous procéder à l'inspection des ruches après les avoirmices en plein air. JÎlest inutile de sy prendre plus tôt et une visite trop hâtive peut nuire. On choisit une journée de beau temps qui ait été elle-même récemment précédée d’une autre belle journée ayant permis aux abeilles de faire une sortie en masse. Lorsque les abeilles sortent après une lengne réclusion, elles sont très excitées, et si l'on ouvrait les ruches à ce moment-là, l'on risquerait de faire tuer les reines

L'apiculteur à trois choses à vérifier : les provisions, la présence de la reine et le couvain

Provisions. — En hiver, tant qu'il n'y à pas de couvain, la consommation d'une colonie mise en hivernage dans de bonnes conditions, est assez faible : de 32 à 35 livres de miel

suffisent en général pour bien hiverner une bonne colonie ;

mais, dès que élevage du couvuin est commencé, la consom-

mation augmente graduellement et finit par devenir très considérable. Selon que cet élevage à commencé tôt ou tard, ce qui dépend soit de l’état du temps, soit de celui de la colonie, les provisions restantes peuvent varier beaucoup à la fin d'avril. 1] devient donc nécessaire de s'assurer de l'état de ces provisions.

Pour qu'une colonie pui-se prendre son développement normal au printemps et donner un rendement, elle doit être dans l'abondance et toute économie que l’apicult-ar serait tenté de faire de ce chef tournerait à son détriment. C'est absolument comme si l'agriculteur faisait l'économie du fumier pour son champ, Or, de la tin d'avril à la grande récolte,

cette colonie aura besoin de 12 à 13 kg. au moin-, et comine les mivllées qui peuvent se présenter dans cette pério le : saules, orimes, érables, arbres fruitiers, colza, dent-de-lion, marronniers, ete., sont très variables et très précaires pour qu'on puisse compter uniquement sur elles, l'apiculteur fera bien de surveiller les provisions et de devancer toujours les besoins des abeilles,

Les colonies trouvées à court de vivres en avril devront recevoir du miel en rayon, où, à défaut, du sucre en plaque où du suere en pâte. Le sucre d'érable est excellent. Ce nest que lorsque la température s’est réchautffée, en mai, qu'on peut donner de In nourriture liquide qui excite les abeilles à sortir.

Vu la longueur de l'hiver, il faut comme nous l'avons dit plus haut, laisser au moment de l'hivernement, ‘aux abeilles au moins 32 livres de miel.

Recherche de la reine — Pour constater ln présence d’une reine, il n’est pas toujours nécessaire de la voir ; il suffit de S'assurer qu'il y a des œufs. Pour trouver ceux-ci, on sort les rmyons les uns après ies autres en commençant par ceux du centre, et on regarde dans les cellules en tonrnant le dos au soleil; le: œufs apparaissent sous la forme de petits bâtons blanes collés au fond. (Voir tis 3).

L'upiculteur, quelque peu exercé, est genéralement tixé sur la présence de In reine par le genre de bruit que produit la colonie an moment où l'on découvre la rache ou lorsqu'on frapp: contre les parois. Si le: abeilles font entenitre un bruis ement vif qui s'arrête promptement et franchement, c'est que la reine est là : si ie bruit se prolonge en augmentant

d'intensité, la colonie est probablement orpheline Ce signe

est infaillible au printemps lors des premières visites ; plus turd il est moins sûr. I! y a d'autres indices extérieurs de l'absence de la reine : lorsque les abeilles errent devant l'entrée d’un air inquiet ou qu'après être rentrées dans la ruche avec une charge de pollen, elles ressortent aussitôt

Et. ve

cor me si elles cherchaient quelque chose, c'est qu'elles ont verdu leur mère récemment ; une famille qui conserve ses mâles après lu récolte, lorsque toutes ses voisines ont expulsé les leurs, est souvent orpheline.

Il est cependant beaucoup de cis où il est necessaire de voir la reine, par exemple pouce la prendre et ln remplacer, ou bien, lorsqu'il s'agit de former des essaims, pour l'emporter avec le rayon sur lequel elle se tient, où au contraire pour la conserver à la ruche.

Fig. 13.—Abpiculteur visitant une ruche à cadres,

Au printemps, lorsque les colonies sont encore peu peuplées, il n'est pas difficile de In voir. Elle se trouve sur les

rayons du centre qui contiennent le couvain, et en visitant

ceux-ci les premiers, on a la plus grande chance de la trouver promptement. Elle est tres craintive et fuit souvent de rayon en rayon à mestre que lPopérateur déplace lesecires (fig. 13}

Au contraire, lorsque la population s'est 1léve'oppée et que la ruche regorge d’abeilles, la recherche «le ln reine n'est

Page 1