‹ La ruche canadienne [microforme]Chapitre 16 sur 59 · CRÉATION DE NOUVELLES COLONIES · texte numérisé non relu

CRÉATION DE NOUVELLES COLONIES

Esuimege naturel, — Essaimage artifiricl. — Révolte des

essuims. — Esstins primaires, secondieires, tertitires.

Essaimage. -- Dans tout ce qui précède, nous avons étudié l'organisation d'une colonie d'abeilles et nous avons vu comment son existence est entièrement liée à celle de la mère. Si celle-ci meurt et n'a pu être remplacée à temps, ou encore si elle n’a pas été fécon lée et par suite ne produit que des faux-hourdons, la fanille entière est perdue.

Une colonie d’abeilles forme done comme un tout complet, comme un seul être vivant qui peut périr tout entier

De méme qu'une colonie peut mourir, une colonie nouvelle peut naître, et les sociétés d'abeilles, constituant chacune un organisme, se multiplient et se propagent comme des individus isolés.

Cette multiplication des colonies à reçu le nom d’essaimage, et une co'onie naissante à reçu le nom d'essrim.

Le plus souvent, c'est vers le commencement de l'été qu'il se pro luit un essaim, quand, par suite de l'accroissement simultané de la récolte et de la ponte, la ruch: va se trouver trop petite pour la population.

Lorsqu'une ruche va essaimer, il y a toujours un certain nombre de cellules maternelles en voie de formation. Cinq on six jours avant le terme d’éclosion des plus avancées de ces cellules maternelles, la mère sort de la ruche accompagnée

re

d'une fraction plus ou moins grande de la population La ruchée qui a donné l'essnim conserve le reste des abcilles, et, cinq ou six jours après, elle aura une jeune mère et une seule, les autres ayant été tuées par cette jeune mère ou par les abeilles,

Én somme, ®..e colonie en aura done pro luit deux :

le L'essaim, qui avec l'ancienne mère va chercher à s'établir ailleurs :

2° La colonie primitive, dont la population est diminuée

et qui a wne mère nourelle.

Sortie d’un essaim. — On à donné un ecrtain nombre de signes indiquant la prochaine sortie d'un essai, tel que l'apparition des faux-bourdons en grand nombre qui doit coïncider avec la production des cellules de meres, l'excès de population qui déborde de la ruche; ou bien encore le va-et-vient de nombreuses abeilles ouvrières qui arrivent de l'intérieur de la ruche sur le plateau où inversement ; mais aucun de ces signes n'est sûr, d'autant plus que la sortie de l'essaim dépend du temps qu'il fait et de la température extérieure,

Ilest rare de voir sortir les essnims lorsque la tempé-

rature est inférieure à 70 degrés et lorsque les fleurs donnent

peu de nectar. En gnéral c'est vers le milieu de la journee,

entre 10 heures du matin et 3 heures du soir, que se fait cette sortie des essaims.

La saison de lessainmite varie suivant le climat et les plantes mellifères. Dans nos régions c'est le plus souvent à partir de la fin de juin.

Au moment où part l’essaim, on voit rapidement sortir une masse énorme d’abeilles qui tournent autour de la ruche ou volent en tout sensen s'élevant dans les airs Mais au bout de très peu de temps, et comme obéissant à un signe de ralliement, elles vont toutes se réunir au même point, soit sur une branche d'arbre, au-dessous de laquelle elles se sus-

nn

pendent les unes aux autres, en une ma-se compacte (ti. 17) soit dans un buisson, sous une poutre où même n:1 bord d'un mur, Parfois, elles s> rendent dans un tronc d'arbre creux, une cheminée ou tout autre cavité à leur convenance. Dans

ce dernier cas, on à pu observer des ouvrières qui avant la

sortie de l'essaim ont été và et là chercher aux alentours un endroit favorable à l’instullution de la nouvelle colonie,

Es aim sus, end à à un: branche.

Considérons le cas le plus fréquent, celui où les abeilles ont été se réunir au-dessous d'une branche d'arbre Une fois installé sur ee premier support, l'essaim attend dans cette situation provisoire, le moment où il pourra espérer trouver

un abri où même commencer à y bâtir. Assez souvent, l'essain ne reste fixé à la branche que Jusqu'au lendemain, puis repart alors pour se poser plus loin, jusqu'à ce qu'il ait choisi un endroit convenable pour s'installer définitivement. Il arrive aussi que ne trouvant aucun endroit qui puisse lui convenir, l'essaim continue à se déplacer ; il perd de jour en jour des abeilles, il se réduit de plus en plus et finit pur disparaître.

Lorsque l'essai a trou 6 un gite convenable, il commence tout (le suite par construire des rayons ; on peut remarquer à cet égard que les ouvrières qui forment l'essaim sont gorgées de iniel et que la plupart d'entre elles sécrétent abondamment de la cire. La nouvelle colouie s'installe et devient une ruche naturelle.

Il arrive assez souvent aussi qu'un essaim qui vient de partir rentre dans la ruche, soit parce que le temps est devenu tout à coup mauvais, soit parce que la mère s'est perdue.

kssaims primaires, secondaires, tertiaires : chant des mères — Si la population qui reste dans la ruche après le départ de l’essaim est encore suffisante relativement à la grandeur de la ruche, il pourra sortir un nouvel essaim, appelé esse bn secondaire, Nous avons dit que la première jeune mère ne sort d'une cellule maternelle que cinq où six jours après le départ de l'essaim primaire. Lorsqu'il devra se produire un essaim secondaire, les autres mères encore dans leurs cellules ne seront pas tuées, et la jenne mère fait entendre pendant un à trois jours un chant particulier qu'on peut représenter à peu près par ik, tih,tih, et qu'on entend facilement le soir. Les mère+ qui sont encore duns leurs cel'ules répondent à ce chant par un autre chant qu'on peut

représenter par hou, hou, kouu.

Ces chants spéciaux, très faciles à reconnaître, préviennent l'apiculteur qu'il se prépare dans la ruche un essaim secon(laire.

Si le temps est favorable, l'essaim secondaire sort done

environ huit jours après l'essaim primaire, Lorsque l'essaim

secondaire est parti, les abeilles, qui retennient dans leurs cellules les autres mères complètement développées, en laissent sortir une, et les autres sont tuées,

Il peut arriver cependant quelquefois que les autres mères soient maintenues encore prisonnières ; alors, la seconde jeune mère fait entendre le chant 454, th, tih, comme la première jeune mère, ce qui indique qu'il pourra y avoir un essaim tertiaire qui sort queïques jours après l'essai seconduire,.

EL faut bien remarquer toutefois que, comme la sort'e des essaims dépend du temps qu'il fait et de la température extérieure, les chants des mères qui indiquent qu'il «e prépare un essaim secon laire où tertiaire ne sont pas un indice certain de la sortie rée'le de ces essaims, car, si le temps devient subitement défavorable, l'essai ne sortira pas et les jeunes mères priso :nières seront tuées.

Remarque. — Lorsqu'une mère va éclore, on le reconnaît à ce que son ulvéole commence à être rongé à son extrémité qui s'ouvre lorsque la mère en sort. Lorsque les abeilladétruisent une mère dans son alvéole, la cellule materneite est ouverte par le côté.

Les es-aims provenant du remplacement -d'une reine morte où défectueuse ont le ciractère de l'essaim secondaire, c'est-à-dire que leur nouvelle reine est nouvel'ement née et encore vierge, et ils deman lent les mêmes préenutions

Lu reine qui accompagne un essaim primaire est chargée d'oeufs et lourde: aussi l'essaim se pose-t-il toujours assez promptement après sa sortie ef ne repart qu'après un temps assez long, quand il repart ; tandis que les essaims secondaires et tertinires, qui ont des reines alertes et vierges repartent plus promptement et quelquefois mê ue ne se posent pas du tout dans le voisinage : il faut done se hâter de les arrêter et

de les recueillir, Les essais primaires ne sont pas nécessaire. ment suivis d’essaims seconlaires, tertinires, ete., et on peut prévenir ln sortie de ceux-ci en supprimant duns In ruche qui a donné l'essai tous les alvéoles maternels On peut aussi rendre l'essaim secondaire où tertiaire à la souche le lendemain de su sortie : celn empêche assez généralement la production de nouveaux essaims, mais le meilleur moyen de faire cesser ln fièvre d'essnimage est le suivant, qui ne peut guère être appliqué qu'aux rnches placées isolément en plein air.

Prévention des essaims secondaires. — Voici ja méthode que décrit M. James Heddon dans son Success tu Bee. Culture: "Tessin primaire prend la p'ace de la sonche, qui est portée À quelques pouces du côté nord (les ruches de M. Hed lon sont orientés à l'est), mais avec son entrée reardant le nord. Dès que la nouvelle colonie s'est mise nu travail et u bien remarqué son emplacement, soit au bout de deux jours, la souche est remise parallèlement à l'essaim, de sorte que les deux colonies regardent l'est et se touchent presque. Tout en recon saissant chacune leur propre ruche, elles sont, par rapport aux autres co'onies, sur un seul et même emplacement, Deux ou trois jours avant ln sortie possible d'un secon:l essuim, soit le 5® ou le 6€ jour après la sortie du premier, pendant que les abeilles sont actives aux chiuups, on enlève la souche pour là porter ailleurs

La souche tinit par perdre toutes ses butineuses, qui vont rejoindre l’essaim, et Ia tièvre d’es aimage est coupée, mais cette perte d'abeilles n'a lieu que gradu Jement, ce qui a une grande importance pour la santé du couvain. L'éc'osion journalière de jeunes abeil répare les pertes au fur et À mesure, L'essuim recoit de fa cire vauffrée ct, dès le second jour, où successivement s'il v a plusieurs boîtes, on lui donne le mngnsin à miel de la souche. On en obtient un produit

À peu près égal à ce qu'aurait rendu la souche si elle ne s'était

pas divisée,

e— DO

Le procédé Heddon, qui n'est du reste qu'un perfectionnement des méthodes anciennes, n donné d'excellents résultats.

Pour recueillir un essaim, on se sert d'une ruche en paille ou en toile et de son plateau ou d'une petite cuisse légère avec couvercle à coulisses. Ni l'essaim tournoie trop longtemps sans se poser, on lance en l'air dans sa direction de l'eau ou, à défaut, de la terre pour simuler la pluie Dans quelques contrées, duns l'Isère par exemple, on lui envoie un coup de fusil chargé de plomb très tin !. Ilse pose générale-

Fig. 18. Apiculteur récoltant un essaim suspendu à une branche.

ment sur une branche d'arbre ; lorsque le groupe est bien formé, on le fait tomber dans la ruche en paille où en toile (ou cuisse), on applique le plateau par-dessus (on l'on rentre le couvercle de la cuisse aux trois quarts), on ietourne et on pose le tout à terre, aussi près que possible de l'endroit où était l'essaim, (fig 18). Ni celui-ci était posé très haut, on

(1) Un apiculteur allemand, M. Barnack, à indiqué un autre moyen ; il

+ * ” n . . . n — dirige sur les abeilles des éclairs de lumière avec un petit miroir.

suspend la ruche (ou caiss-; 0 8 l'arbre au moyen d'une

core. Il faut nvoir soin de mctire des cales entre la ruche et son plateau, afin que les nbe:1} + tombées nu dehors ou qui n'ont pas encore rejoint } tisseut se réunir facilement au groupe (on met également ne cale sons la enisse, si elle est posée à terre).

Si lessaim se tiouve à terre ou près de terre, on he du-dessns ou les abeilles s'y wralement d'elles êmes, On pent les y déterminer en employant la fumée et une plume (Fig, 19)

Pour s'enparer d'un essai posé À une grande hauteur, si l'on ne peut

3 arriver jusqu'à lui avec une Fi jusq

we. Apiculteur recueillant un essai tal placé, échelle, on emploie un Panier, où mieux un sac a'usté au bout d'une perche et maintenu ouvert au moyen J'un cercle. Ou à inventé toutes

sortes d'appareils ingénieux pour ces cas exceptionnels

Un jeune sapin planté devant le rucher devient généralement le rendez-vous des essains On les attire aussi en suspendant à l'avance un: ruche en paille vide où une planchette munie en dessous d'un rayon vide

I ne faut pas attendre que tout: les abeilles soient rentrées dans la ruche pour porter l'essain à la place qu'on lui destine, C'est une faute de renvoyer au soir pour le faire ; dès qu'on voit «les butineuses se détacher du groupe, on doit emporter l'essaim et le mettre dans l'habitation qui lui est destinée, où l'entreposer dans un local frais et obscur

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jusqu'à ee qu'il en soit disposé Voici maintenant ce que dit Dadant sur In récolte l'un vssaim.

Le débutant en npiculture sera plus hardi quand il saura que presque toutes les nbeilles d'un essaim sont d'humeur paisible, s'étant bien garnies de miel avant de quitter la ruche. S'il est peureux, ou si les piqûres le font beaucoup souffrir, il devra se munir d'un voile avant de récolter l'essaim. 1! y a dans la plupast des essaims quelques abeilles venant d'autres ruches, ou qui, avant de partir, n'ont pas pris le soin de se remplir l'estomac ; ces abeilles sont plus disposées que les autres à se fâcher, quand on s'empare de l'essaiñin.

On doit récolter l'essai aussitôt que les abeilles rassemblées sont tranquilles, Néanmoins il n'est pas nécessaire d'gir en toute hâte, comme certains npiculteurs le font, cette hâte augmentant les chances des pqûres. Ceux qui montrent peu de calme doivent s'attendre à être piqués par les abeilles des autres ruches, qui, au lieu d'être gnrnies de miel, sont sur le qui-vive et ne comprennent pas le but des mouvements trop prompts. Quand les abeilles se sont rassemblées, il est à peu près certain, à moins que le temps soit très chaud et qu'elles soient exposées aux rayons brûlants du soleil, qu'elles ne s'envoleront pas avant qu'au moins une ou ‘leux heures se soient écoulées. Cependant on ne doit pas retarder leur mise en ruche, car leurs éclaireurs peuvent revenir d'un moment à l'autre et les entrainer. En outre, d'autres essaims pruvent sortir, surtout si le rucher est nombreux, et se réunir à celui qui est déjà rassemblé.

Si on donne aux éclaireurs le temps de revenir, on voit d'abord quelques abeilles volant autour du groupe, qui était immobile jusqu'à ce moment Petit à petit, le nombre des abeilles au vol augmente jusqu'à ce que tout l'essaim soit en mouvetnent. Îl serait alors presque inutile d'essayer de l'arrêter ou même de le suivre, Quand un essai s'envole,

il ne connaît pas d'obstacles. Les haies, les murs, les fossés, les bois ne sont des barrières que pour son propriétaire essoufflé et désappointé. La seule chose qui réussisse parfois à arrêter un essaim, c'est un jet d'eau lancé en pluie sur les abeilles.

L'apiculteur doit avoir une ruche vide et fraîche pour recevoir l'essaim. Quand les abeilles essaiment, elles sont très échanffées et refusent d'entrer dans une ruche qu'on aurait laissée exposée au soleil, où tout au moins, élles n’en prennent possession que lentement. La température de In ruche mère, au moment du départ de l’essaim, s'élève rapir'ement et parfois à un tel degré que des abeilles mouillées de sueur, ne peuvent suivre, :Si l’on ne peut ;.as placer la ruche à l'ombre pour y faire entrer les abeilles, on doit la couvrir

de branches fenillues où d'un linge mouillé.

Quand on emploie la ruche à ravons mobiles, on doit utiliser, en les attachant dans les cadres, tous les bons morceaux de rayons d'ouvrières qu'on peut se procurer; non seulement parce que ces rayons ont de la valeur, mais anssi parce que les abeilles sont si heureuses de rencontrer de pareils trésors qu'elles abandonnent rarement la ruche. Des essaims se logent souvent dans de vicilles ruches ayant des bâtisses et n’entrent que très rarement dans des ruches vides, quand il y en aurait des douzaines à leur portée.

Un inconvénient que présentent les rayons donnés à un essaim, à moins qu’on en remplisse entièrement la ruche ou qu'on ne garnisse la place vide avec de la cire gaufrée, c’est que la reine ne pouvant suivre en pondant les ouvrières qui continuent les bâtisses, celles-ci construiront trop de rayons de mâles.

On ne doit jamais plucer de rayons de mâles dans les ruches avant d'y loger un essaim. Il en est toujours bâti assez pour l'élevage de ces gloutons inutiles. Les cadres qui contiennent des rayons d'ouvrières venant de colonies

mortes l'hiver précédent sont excellents, si les rayons sont secs, propres et absolument vides de miel.

On ne doit se servir de rayons contenant du miel, quelque petite qu'en soit la quantité, qne si le Pillage n'est aucunement à craindre. Les abeilles refusent d'entrer dans des ruches où il y a des pil'ardes, ou si elles y entrent elles en sortent bientôt ; si on tient à utiliser ces rayons, il faut attendre au soir on au lendemain matin pour les mettre dans la ruche.

Tous les cadres d'une ruche où on doit placer un essnim doivent être munis de bandes de rayons on de cire gaufrée (fondation) sous leur barre supérieure ou de feuilles entières

de cire caufrée,

La ruche étant ainsi préparée et placée en position convenable, son entrée doit être onverte aussi largement que possible, Ni son plancher est mobil on doit la soulever sur le devant au moyen d'un bloc. atin de donner à lessain un large espace par où il puisse entrer aiscinent. On établit sur le devant du platean un linge, qu'on fixe bien et qui doit s'étendre sans plis et en pente unie de l'entrée jusqu'au-devant et autour du plateau, et sur lequel on fera tomber les abeilles. Ni ce linge avait des plis saillants, des abeilles arrêtées par l'obstacle resteraient isolées,

Si les abeilles se sont suspendues à une petite branche, qu'on puisse couper avec un sécateur sans la secouer et sans diminuer la valeur de l'arbre, on peut aisément la porter sur le linge qui est devant la ruche et l'y déposer avec précantion. Si les abeilles hésitaient à entrer, on pourrait en ramasser quelques-unes avec une large cuiller ou avec une tige feuillue, ou même avec la main, et les déposer doucement tout contre l'entrée. Dès que quelques-unes entreront, elles feront entendre par leur battement d'ailes un son particulier qui communiquera À leurs compagnes lheurense

nouvelle ‘de la découverte d’un asile, et en peu de temps P

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