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LA CIRE GAUFRÉE

L'invention et l'introduction de la cire gaufrée * dans l'emploi des cadres mobiles a fait faire un grand pas au progrès de l'apiculture. La principale difficulté dans l'emploi des ruches à cadres mobiles était d'obtenir toujours des rayons droits. A la vérité, le biseau de la planchette sur4rieure du cadre réussissait très souvent ; cependant quelquefois les abeilles s'écartaient de ce guide et attachaient le rayon au cadre suivant, et si on n'y portait promptement remède les rayons devenuient aussi difficiles à sortir que ceux d’une ruche à rnyons fixes. Un cadre quelque peu hors de place était pour les abeilles un encouragement à attacher deux cadres ensemble. Les rayoris qui étaient bien construits dans les cadres étaient eux-mêmes parfois onduleux ou bombés par places et rendus ainsi impossibles à être donnés à «dl’autres ruches.

Une autre difficulté dans la réussite était la production des rayonside mâles. L'on obtenait des colonies qui ont un quart de leurs rayons en cellules de mâles. Dans ces ruches, le nombre de bourdons qui pouvaient être élevés aurait été suffisant pour consommer tout le surplus. Certainement la mobilité des cendres permettait l'enlèvement de ces rayons, mais il était difficile de se procurer des rayons d'ouvrières droits et propres pour les remplacer, car si on retranche simplement les rayons de mâles d'une ruche, les abeilles les

* Qu'on nomme en anglais comb-foundation (fondation de rayon).

remplacent le plus souvent par d’autres du même genre. On a obvié à cet inconvénient par l'emploi de la cire gaufiée.

De hons rayons d'ouvrières bien droits et qui ne sont pas trop âgés sont le meilleur capital de l'apiculteur.

La considération de ces points importants et de la dépense que font les abeilles pour construire leurs rayons à pendant longtemps attiré l'attention des apiculteurs allemands sur ln possibilité de fabriquer In base on fondation des rayons.

En 1857, Jenn Mehring inventa une presse pour faire des gaufres «le cire sur lesquelles les rudiments des cellules

étaient imprimés. Ceux-là seulement qui ont eu à sur-

monter les obstacles de cette industrie peuvent se faire une idée de la volonté et de la persévérance qui lui furent nécessaires pour réussir. La cire gnufrée faite alors par lui était loin d’égaler ce qui se fait maintenant : les saillies des cellules étaient trop rudimentaires, l'impression leur manquait parfois et les abeilles y construisaient des cellules de mâles au lieu de cellules d'ouviières ; mais ce travail imparfait était le début d’une industrie qui a offert un avantage immense aux apiculteurs et qui s'est répandue partout où on cultive les abeilies,

Un autre npiculteur, «le In Suisse, Pierre Jacob, a nmélioré la presse de Mehring, et en 1865, M. H. Steele, de Jersey-City, importa de sa cire ganfrée aux Etats-Unis. Cette cire gaufrée fut essayée par M. J-L Hubbard, qui en fit l'éloge. ;

La première cire guufrée faite en Amérique fut fabriquée en 1875 par un Allemand, M. F. Weiss, très probablement avec une machine importée, M A. I Root, auquel on doit la popularisation de cette invention dans le monde entier, fit fabriquer une large machine à cylindres, en février 1876, par un ouvrier habile, M. A. Washburne. Depuis lors, il a vendu des centaines de ces machines.

L'emploi de la cire gaufrée à répondu aux espérances les plus exigeantes.

1° Tout rayon Lâti sur la cire gaufrée est aussi droit qu'une planche et peut prendre la place d'un autre dans toute ruche sans aucune peine,

2° Les rayons bâtis sur de la cire gaunfrée sont à cellules d'ouvrières exclusivement : à l'exception cependant de petites places où la cire gnufrée a pu s'allonger par le poids.

3 Toute la cire produite par les abeilles et recueillie par l'apiculteur dans les gruttages, dans les vieux rayons ou dans les opercules, est ‘rendue aux abeilles en cire gaufrée, au lieu d'être vendue pour ln valeur de la cire, qui est plusieurs fois inférieure au prix qu’elle a cofité. Le déboursé pour la cire swaufrée n’est pas très grand, surtout si nous Considérons que ce capital n’est pas entiè :ment perdu, puisque la rire contenne dans le rayon représente au moins la moitié de l'argent déboursé pour la cire gaufrée, valeur qui peut être retiouvée en cire après des années d'usage, Sans que celle-ci soit plus mauvaise qu'au début.

La cire gaufrée à fond plat à la réputation d'être la plus légère et l+ plus régulière ; son défaut est le fond plat des cellules, qui rend sa fabrication plus facile, mais n’est pas du goût «les abeilles, qui ont À refaire sa base avant de l'employer. On la fabrique avec ou sans fils de fer ; ceux-ci sont noyés dans la cire et aident à l'attacher dans les cadres.

On emploie aux Etats-Unis différentes sortes de machines,

La machine Pe ham fait de la cire gaufrée dont la base des cellules à deux côtés au lieu de trois. Cette machine, qui a l'avantage d’être très bon marché, est d’une manipulation plus facile que les autres.

La presse de Given fait de la cire gaunfrée par un procédé semblable à celui des anciennes presses européennes ;

elle a reçu beaucoup de louanges de la part de certuins apiculteurs. Comme c'est une machine très facile à manœuvrer, beaucoup de ceux qui n'avaient pu faire fonctionner les autres, réussirent avec celle-là. Un autre avantage qu'elle présente, c'est qu'on peut insérer des fils de fer dans la cire gaufrée en l’imprimant. Mais cette presse a l'inconvénient de laisser aux feuilles toutes les irrégularités de la trempe, tandis que dans les machines à cylindres, ces irrégularités disparaissent dans le laminage. Par conséquent la cire gaufrée pressée n’est jamais aussi régulière que celle faite par des rouleaux.

Fig. 41. Machine Dunham.

Les machines à cylindres de Root, qu. sont les plus convenables, ont été améliorées de diverses façons : par Olm, du Michigan ; par Mine. Dunhun, du Wisconsin (fig. 41) et par J. Vandervort, de la Pensylvanie (fig. 42).

La cire qu'on emploie pour les feuilles minces des boîtes de surplus est d’une qualité de choix. Celle des opercules est la meilleure pour cet objet. Néanmoins, soit que la cire doive être employée pour les boîtes de surplus, soit qu’elle doive servir pour la chambre à couvain, il faut ln nettoyer parfaitement, en ia chauffant lentement dans des vaisseaux

évasés dont on peut ln retirer facilement. Si des corps étrangers restaient dans ln cire, elle aurait moins de consistance et s'allongerait plus nisément, Le nettoyage au moyen d'acides, tel qu'il est employé par les blanchisseurs de cire ne Convient pas, car les abeilles ont de In répugnance pour toute odeur désagréable.

On ne doit pas employer nutre chose que de la cire pure pour faire la cire gaufrée, La paraffine, la cérésine et d'autres matières ont été essayées avec des résultats désastreux ; sans compter que ces substances se liquéfient à un degré plus bas que celui de Ja cire* et tombent en pâte dans

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Fig. 42. — Machine Vandervort.

la ruche ; les abeilles reconnaissent la tromperie et montrent une préférence bien positive pour la cire pure.

La falsification la plus employée pour la cire est l’addition de suif. Heureusement, elle peut être facilement reconnue par l'aspect terne des pains, L'odeur de suif est aussi

* La paraffine entre en fusion à 1100 Farenheit environ, la cire d’abeilles à 1400 environ.

facile à reconnaître, si on sent les fragments aussitôt qu'on les a brisés,

Les machines employées pour faire de ln cire gnufrée mince ne sont pas les mêmes que celles pour la cire destinée à la chambre à couvain. Cette dernière, si on la faisait sur une machine à impressions légères, serait trop faible pour supporter le poids des abeilles dans un rayon à couvain de grandeur ordinaire et ne contiendrait pas assez de cire pour que les : villes puissent achever le rayon; c’est en etfet un fait re arquable que les abilles amincissent le rayon gnufré et qu’elles le font considéra lement plus profond au moyen de sa cire. Quand il a été fait à fond mince et à côtés épais, les abeilles en allongent plus promptement les ce‘lules,

D'un autre côté les rayons pour le miel de surplus doivent être aussi légers que la machine peut les faire, afin d'éviter ce qu'on appelle l'arrête intérieure ou mur central, qu'on remnrqne dans le rayon de miel qui a été construit

.* * # . .. , sur de la cire gaufrée trop épaisse. Ni on a employé la sorte

de fondation convenable, un connaisseur de miel en rayon hésiteruit à déclarer que la base du rayon est naturelle ou artificielle

Presque toutes les sections de iniel en rayon qu'on trouve à acheter aujourd'hui ont été bâties sur de semblables fondations Les dames les plus délicates et les plus dégoûtées n'y font aucune objection, et si elles visitent une manufacture de cire gaufrée bien tenue, elles en trouvent les feuilles minces appétissantes. (Dadant).

On ne peut cependant affirmer que dans la pratique on soit aussi méticuleux., L'on est arrivé à faire de la cire gaufrée qui donne satisfaction et pour les cadres des hausses et pour ceux «du couvain: tout en réservant les feuilles minces pour le miel en sections.

Pour préparer les feuilles de cire que l’on doit passer entre les cylindres, l’on se sert de planchettes ue bois tendre bien uni, sans nœuds ni défauts, d'environ 5 lignes

d'épaisseur. Ces planchettes sont placées :lans un bain d'eau tiède, puis essüyées avec une éponge et trempées deux ou trois fois dans de la cire fondue maintenue au degré le plus Las auquel elle puisse rester liquide. La partie la plus basse de la planchette est ensuite plongée dans de l’eau froide ; la planchette est tournée le haut en bas et le côté par lequel on la tenait est plongé à son tour et traité de même. Ces opérations sont suffisantes pour de la cire gaufrée mince ; on les recommence quand on veut augmenter l’épaisseur. Après que la planchette a été plongée dans l’eau pour refroidir, on la sort, on couve lu cire de ses tranches avec un couteau et on en pèle les deux feuilles. Si on & employé lu cire trop chaude, les feuilles se fendent. Pour obtenir un travail plus rapide, il faut avoir, pour les plongeurs, un local préparé exprès et muni d’un plancher de fer-blanc, ou de zinc, pour recevoir les gouttes de cire et d’eau.

La figure 43 montre une table à luminer. Les feuilles de cire, qu'on a dû mettre refroidir pendant qu: iques jours dans une cave sèche et fraîche, sont ramollies dans un bassin d'eau chaude avant de les passer entre les ey!‘ndres ; ceux-ci sont rendus lisses et glissants avec de l’amidon ou de forte eau de savon.

Quand on emploie l’eau de savon, il est très important que les feuilles soient tellement pressées entre les cylindres qu'elles en sortent absolument sèches ; cette pression fait des feuilles plus régulières. La cire ganfrée, à mesure qu'elle sort des rouleaux, est empilée, puis on place une douzaine de feuilles ou davantage sur un bloc de bnis dur; on pose un patron de planche sur cette petite pile et on la rogne de la dimension voulue, au moyen d’un couteau à lame mince qu'on a trempée dans de l’eau de savon. Les bords sont ensuite rognés, et les rognures, ainsi que les feuilles non réussies, sont refondues pour être employées plus tard,

La fabrication de la cire gaufrée, qui au commencement semblait devoir être entreprise par tous les apiculteurs, est

devenue une industrie spéciale, à cause de In dextérité et de l'hubileté qu'elle exige, deux qualités qui ne peuvent s'acquérir que par ceux qui y travaillent chaque jour. On peut comparer cette fubricntion à celle des cignres. Le premier

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