ECOLTE DU MIEL FT DE LA CIRE
Miel Extrait
Pour séparer le miel de la cire, les apiculteurs de l’ancien régime fondai nt où broyaient les rayons et les faisaient égoutter.
Les apiculteurs soigneux ‘séparaient leurs miels en différentes qualités. Les rayons neufs, de couleur claire, donnaient un miel léger en couleur et pur ; les rayons qui avaient contenu du couvain, un miel trouble et de qualité inférieure.
Ces méthodes primitives furent ensuite grandement améliorées, comme au Gâtinais, par exemple, où les apiculteurs faisaient fondre les rayons au soleil pour séparer le miel de la cire fondue.
Ces conditions n'ont pus existé en Amérique du moins sur une giande échelle ; les abeilles + étaient rares dans le principe. Les colons américains avaient trop à faire pour s'occuper d'abeilles : le petit nombre de ceux qui en possédaient étoutfaient de temps en temps une de leurs colonies et consommaient le miel au logis; ceux qui en possédaient un plus grand nombre vendaient parfois quelques rayons brisés à leurs voisins et que'ques livres de miel coulé au pharinacien, qui étuit peu ‘lifficite, étant habitué au miel de Cuba épais et trouble. Petit’à petit, cependañt, les conditions favorables offertes aux abeilles par les terrains incultes tirent remplir d'essaims les
arbres creux des forêts vierges et le chasseur d’abeilles nâquit. Des milliers d'arbres tombèrent sons sa hache pour lui livrer le miel qu’ils contennient. Cette apicultur: grossière et d'occasion, si on peut nommer cela de l’apiculture, produisit comparativement de grandes quantités de miel : mais Comme ce miel provenant toujours de rayons brisés, était mélangé de pollen, d'abeilles mortes, de larves écrasées et de bois pourri, on prit l'habitude de le faire bouillir pour amener À sa sui face la cire et les impuretés qu’il contenait et qu'on écumait. Le résultat obtenu était un liquide malnropre et trouble, foncé en couieur et fort en saveur. A côté de ce liquide peu appétissant, on vendait quelques beuux rayons de miel, qui créèrent une préférence pour le miel en rayon. Cependant, quand ils considéraient ce que Îles rayons coûtaient nux abeilles en miel, en temps et en travail, les apiculteurs les plus avancés souhaitaient, surtout depuis l'invention du rayon mobile, de trouver le moyen de sortir le miel des rayons sans les détériorer, atin de pouvoir les rendre aux abeilles, auxquelles ils serviraient indéfiniment.
En 1865, le major de Hruschka, de Dolo près Venise, inventa le smelatore, où mélextracteur. Voici comment il fit cette invention ; il avait donné À son fils un morceau de miel en rayon sur une assiette. L'enfant mit l'assiette dans son panier et fit tourner celui-ci autour de lui comme si c'eût été une frende, Hrushka remarqua que le miel avait été sorti du rayon par le mouvement et en conclut qu'on pourrait vider les rayons par la force centrifuge.
Cette invention fut acclamée par les apiculteurs avancés de tous les pays, coinme égale À celle des rayons mobiles et comme le complément de celle-ci ; et elle méritait bien cet honneur.
En présence des faits précédents et après une expérience de trente ans du mélextracteur, dit Dadant, nous engageons fortement les commencçants à produire du miel extrait s'ils peuvent en tirer la moitié .du prix qu'ils obtiendraient du
miel en rayon. Nous uvons détaillé les avantages que les abcilles ‘retirent de cette production, quand on leur forme des rayons, voyons maintenant ceux qu'en obtient l'apiculteur.
1° Il peut surveiller et soigner un plus grand nombre de colonies. Les manipulations d'un rucher conduit pour produire du iniel extrait demandent moins de la moitié du temps requis pour x production du miel en rayon. Nos plus grands producteurs de miel en rayon reconnaissent qu'une seule personne ne peut soigner avec succès plus de deux cents colonies quand elles produisent du miel en section, tandis qu'un seul apiculteur peut en soigner plus de cinq
cents, placées en différents ruchers, s’il fuit du miel extrait.
Il va sans dire que pendant les jours où on extrait il faut se faire aider ; mais on n’a pas besoin de gens versés dans le métier, qui seraient difficiles à trouver. Le coût de leur travail est remboursé par les opercules, qui rendent plus de deux livres ile cire de toute première qualité pour chaque deux cents livres de iniel extrait. On ne trouve pas une semblable compensation dans la production du miel en section.
2° Quand on produit du miel extrait, les rayons de surplus sont conservés pour être donnés aux abeilles lors de la récolte suivante, Cette méthode einpêche virtuellement l'essaimage naturei et permet à l’apicuiteur de gouverner l'augmentation du nombre de ses colonies suivant ses désirs. Un des apiculteurs qui obtiennent le plus de miel en rayon aux Etats-Unis, M. Manum, qui «x vendu quinze tonnes de miel en section en 1885, nous a avoué qu'avec sa méthode de production de miel en section il est presque impossible de contrôler l'essaimage naturel et que le moment où il aurait trop d'abeilles n'était pas éloigné. Il possédait alors sept cents colonies. (Dadant).
Le cultivateur, ou l'amateur, qui tient seulement quelques colonies afin de produire du miel pour sa table, trouvera