MALADIES ET ENNEMIS DES ABEILLES
Maladie de la loque ou prurriture du couvain.— La loque est la maladie la plus terrible qui 1: ‘sse sévir dans un rucher. On a vu, en Allemagne et en ....leterre, par exemple, des ruchers entiers, avec de fortes colonies détruits en peu de temps par ce fléau redoutable.
La loque est une affection due à un de ces organismes microscopiques qui sont connus maintenant sous le nom de microbes, et qui déterminent chez l’homme et les animaux la plupart des maladies qui sont contagieuses
Examinons un rayon de couvain, et regardons avec soin le couvain operculé. Si nous voyons des opereules nettement déprimés ou percés d’un petit tron, où même déchirés comme un tambour crevé (tig. 81), retirons alors la lurve de l'une des cellules à l'aide d’une tête d'épingle ; si nous trouvons que
cette lurve est transformée en une Fig. S1.—Fragment de rayon de sorte de masse gluante, c'est que couvain attaqué par la loque. le couvain:est uiteint de la loque.
Mais si, en même temps, les larves plus jeunes et qni ne sont pas encore operculées, sont blanches et nacrées comme dans le couvain normal, nous pouvons en conclure que la
loque n'est qu'à sa première période En etfet, la maladie,
au début, attaque généralement de préférence les larves qui commencent à s’enfermer dans leur cellule.
La loque s'est développée depuis longtemps duns la colonie. — Dans ce cus, on peut assez souvent reconnaître, même extérieurement, pur le travail ralenti des abeilles et par l'o leur de pourriture qui s'exhale de l'entrée de ln ruche que la colonie est loqueuse.
En examinant un rayon de evouvain, on voit que non seulement le couvain operculé, mais même les jeunes larves sont attaquées par la maladie ; ces dernières deviennent aussi jaunâtres, en s’allongeant duns l'alvéole, nu lieu d'y prendre la forme recourbée habituelle.
Si alors, par suite de l'uffaiblissement de la colonie, la ruche loq'ieuse vient à être pil'ée, les abeilles pillardes peuvent propiger la loque dans tout le rucher.
Conditions hygiéniques pour éviter la loque, —— Il n'est pas facile de savoir comment la loque peut attaquer une colonie. Toutefois, comme il est prouvé que certaines circonstances favorisent l'introduction de cette inaladie, il faut éviter autant que possible que ces circonstances se produisent dans les ruches.
1° Il ne faut pas que le couvain reste découvert.
2° Il faut prendre en tout temps les plus grandes précautions contre le pillage.
3° Il fant fondre les morceaux contenant du couvain, lors d’un transvasement ou de la suppression d’une ruche,
Guérison de la loque — La guérison de la loque n'est pas toujours facile, et lorsque la maladie est arrivée à la période la plus grave, le plus simple et le plus prudent serait
de supprimer la colonie,
On n indiqué un très grand nombre de remèdes contre la loque. M. Hilbert n été un des premiers À conseiller l'emploi des antiseptiques, en particulier de l'acide salycilique.
Si, À la visite du printemps, on s'aperçoit qu'une colonie
présente des signes ds loque à sa première période, on en fait passer toutes les ubeilles duan une nouvelle ruche garnie de rayons de cire gaufrée ou de rayons amorcés on 2 pour ainsi dire ramené ainsi la colonie à l'état d’essaim cette opération doit! être faite environ trois scmaines S Ta grande récolte.
De plus on aura préparé à l'avance la soiution suivante
Dans unejpinte d’eau chaude: on fait fondre 2 livres de sucre, on y ajoute dix grammes d’une solution à 12 pour cent d'acide salicylique dans l'alcool. (On trouve l'acide salicvliaue danse les pharniacies) Tous les deux ou trois jours, on donnera à ia colonie une chopine de ce sirop, et cela pendant trois ou quatre semaines.
Si c'est à la visite dasionss que l'on s'aperçoit qu'une ruche commence à devenir loqueuse, on y mettra simplement de In naphtaline, et on attendra le printemps suivant pour la ramener à l’état d’essaim et pour la traiter par l'acide salicylique.
Désinfection de la ruche loqueuse.— Il est très important de désinfecter au plus vite une ruche loqueuse qu'on vient de sup] rimer en ramenant la colonie à l'état d'essaïm.
On passe à l'extracteur les rayons qui contiennent du miel. Les bâtisses seront fondues, les cadres seront plongés dans l’eau bouillante ou passés dans une dissolution contenant 10 pour cent d'acide sulfurique.
Dysenterie. — Cette maladie se déciare ordinairement pendant l'hiver et quelquefois à l'automne ; c'est une sorte d'indigestion qui se révèle par l'accumulation des excréments dans la ruche; celle-ci exhale alors une odeur fétide.
La dysenterie est due surtout à un hivernage trop prolongé dans nn air humide, insuffisamment renouvelé. Le renouvellement de l'air dans l'hivernage, que nous avons recommandé, est done encore très utile à ce point de vue,
Cette maladie peut venir aussi de ce que l'on a donné aux abeilles une nourriture trop aqueuse ; elle peut encore
provenir de ce qu'elles n'ont pas cu le temps à la tin de la saison d'évaporer l'excès d'eau contenu dans le nectar récolté tardivement ou dans le sirop qu'on leur a donné, On voit donc que le nourrissement d'automne est encore à redouter, pour cette cause.
Si toutefois on observait une colonie atteinte de cette maladie, on changerait son plateau et on réinstallerait la ruche sur des cales.
D'ailleurs, la dysenterie n'est pas, en général, une maladie grave et souvent on la voit disparaître d'elle-même au printemps.
Galléries ou Fausses-teignes — Les papillons, connus sous le nom de Galléries où Fausses-teignes, sont les seuls insectes enneinis des abeilles qui puissent causer des ravages vraiment dangereux. Ilyÿ en a deux espèces principales ; la plus grande est la plus répandue dans le Nord, et lu plus petite se trouve surtout dans les contrées méridionales.
Un œuf de fausse-teigne peut étre pondu sur les fleurs, et les abei!ies le rapportant, soit avec le pollen, soit avec le nectar, l'introduisent elles-mêmes dans la colonie. Le papillon de la fausse-teiyne peut aussi s'introduire directement dans la ruche :t y pondre, L'œuf éclôt, produit une larve ou chenille qui à seize petites pattes très courtes. Ces chenilles sont très vives, se tordent comme de petits vers et pénètrent dans la cire dont elles font leur principale nourriture, Elle ne se nourrissent pas de miel, mais les bâtisses peuvent être sérieusement attuquées, et la mère gênée dans sa ponte.
Aa bout d’un certain temps, les chenilles se transforment en chrysalides entourées de cocons blanes et réunies en groupes à côté les unes des autres.
Il sort de ces cocons des insectes développés ; ce sont de papillons gri-âtres, dont la forme est différente suivant que c'est l’une ou l’autre espèce de Gullérie.
Les abeilles luttent contre les fausses-teignes. — Si
une colonie est forte et bien organisée, elle ne craint pas les fausses-teignes. C'est qu'en eflet les abeilles s'occupent perpétuellement de détruire les larves de Gulléries ; elles percent des trous dans les rayons envuhis pour en faire sortir les chenilles qu'elles tuent et qu'elles rejettent au dehors, comme on peut l'observer souvent sur le devant de la ruche.
Si une colonie faible est fortement attaquée par la fausse-teigne, on ne lui laisse que les rayons qui contiennent du couvuain, et on lui ajoute des rayons passés au soufre
Quant aux ruches orphelines, qui finiraient presque toujours par être attaquées, on les supprime comme nous l'avons dit,
Les Guépes, les Frelons, les Libellules de grande taille et l'Hyménoptère appelé Philanthe apivore, sont des insectes qui cherchent à s'emparer des abeilles, On les voit souvent voler au milieu des butineuses qui sont en grand nombre sur les plantes mellifères jour tâcher d'en saisir une.
Les Fourmis sont plus gênantes que nuisibles ; celles des petites espèces s'installent quelquefois sous le couvercle de la ruche, surtout à cause de la chaleur qui provient du groupe des abeilles.
Arachnides. — Les araignées attrapent les ubeiiles dans leurs toiles, et sont surtout nuisibles dans les ruchers couverts qui ne seraient pas suffisamment soignés.
Reptiles, oiseuux, mammifères. — Les Lézurds, les Crapauds et un certain nombre d'Oiseaux insectivores détruisent un plus ou moins grand nombre d'aleilles.
Les Mulots, les Souris et les Blaireaux sont des ennemis plus dangereux ; les deux premiers sont très communs partout et s'introduisent dans les ruches, même lorsqu'ils sont très petits, pour y dévorer tout ee qui s'y trouve et souvent pour y faire leurs nids.