‹ La ruche canadienne [microforme]Chapitre 49 sur 59 · LUN · texte numérisé non relu

LUN

Comme nous l'avons déjà dit, plus de repos aux abeilles et Partant une moins grande consommation des provisions (fig. 76.)

On doit mettre les abeilles en cave tout de suite après qu'elles ont pu se vider, après une belle journée, au moment où le temps froid commence, c'est-à-dire vers le 15 novembre. Certains apiculteurs ne gardent en hivernement dans la cave que le corps de la ruche, laissant dans une autre pièce le plateau et le chapiteau, après avoir pris la précaution d'inscrire en dedans le numéro de la ruche *, pour pouvoir la remettre à la même place au printemps. D'autres, au contraire, hivernent tout le corps de ruche. Les deux systèmes donnent satisfactions quan | les précautions de ventilacion sont bien prises,

On a dû préparer dans la cave soit des madriers, soit des boîtes pour poser les ruches, quon empile les unes sur les autres en les séparant pur des cales. Ces supports doivent être d'autant plus élevés que le sol de la cave est exposé à l'humidité. On peut laisser les plateaux aux ruches du bas, mais il faut les élever sur des cales pour qu'elles aient plus d'aération. Or: doit donner aussi de l'air par le dessus, pour que l'humidité développée par les abeilles s'échappe aisément. Si la cave est humide on aura quelques rayons moisis, si elle est «sèche ils resteront en excellent état.

On doit profiter, pour les mettre en cave, d’une matinée assez fraîche pour que les abeilles ne sortent pas, les porter et les poser sans secousses et tenir, pendant l'opération, la Cave aussi obscure que possible, ne se servant d'un peu de lumière que juste le temps de placer chaque ruche.

Si l'on rentre les ruches avec leurs couvercles et leur plateau, il faut enlever la toile cirée et soulever la ruche au-dessus du couvercle de 1 pouce en avant ot 1}

* Dans un rucher bien tenu chaque ruche porte un numéro peint sur sa chambre à couvain et ce numéro est repèté sur le couvercle.

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en arrière pour donner plus de fucilités pour la ventilation et une jégère inclinaison en avant.

Si l'on enlève le couvercle, il faut le remplacer par un paillasson. Comime dans le eus précédent, on enlève la toile cirée.

Fig. 75.— Transport des ruches par deux personnes.

Certains apiculteurs qui laissent le plateau soulèvent non seulement la ruche comme dit ci dessus, mais soulèvent aussi un peu le plateau pour permettre à l'air de cireuler plus librement.

Il faut avoir soin de ranger dans votre cave vos ruches dans un ordre déterminé pour pouvoir, en les sortant au

printemps, les remettre à la place qu’elles occupaient l'année précédente,

Si vous avez séparé, pour l’hivernenent les plateaux de la ruche, il faut leur faire à chacun quelque signe particulier qui vous permettra de les réunir en temps voulu. Ce sont de petits détails, inaïis qui ont leur importance, car en les négligeant, vous vous exposez À ce que vos colonies se mélangent au détriment de quelques unes assurément (fig.77.)

Quand elles sont toutes placées, il faut les laisser dans une obscurité complète et au degré «le température qui assurera le mieux leur tranquilité. L'expérience nous a appris qu'une températurede 40° Fuhr. est celle qui convient le mieux. Quanil le thermomètre est à ce degré de l'échelle on se dJouterait à peine qu'il y a des abeilles dans la cave ; si la chaleur baisse ou augmente, le bourdonnement commence. Un thermomètre est indispensable quand on hiverne les abeilles en cave ; c’est une dépense insignifinnte et qui permet d'agir à coup sûr.

Comme les abeilles hivernées en plein air commencent à voler quand la chaleur a atteint 59° et sont en plein vol à 54° où 56°, on peut s'imaginer combien elles sont agitées quan 1 la température de la cave s'élève à 69. Elles attendent impatiemment Paurore du jour qui leur permettra de voler, et comime le temps pisse sans que l’obscurité disparaisse elles sont inquiètes et se fatiguent.

En outre, ln chaleur les excite à élever du couvain, et comme elles ont besoin d'eau pour cela quelques unes d'entre elles quittent ln ruche pour en chercher et sont perdues. Ces pertes se produisent toujours quelque peu chaque hiver. On peut refroidir la cuve eu ventilant fortement par une

journée sèche et froide.

L'apiculteur doit prendre aussi ses précautions contre le froid : mais quand les colonies sort nombreuses In chaleur qu'eiles développent suffit d'ordinaire pour échauffer suffsamment la cave, méêm dans les jours les plus froids. Pour permettre à l'air fr. «4 d'entrer sans lumière, voici ce que dit Dadant. “ Nous avons imaginé d’arranger nos volets duns ce but (fig. 78). Quand la fenêtre intérieure, qui est suspendue par le haut, est soulevée, nous mettons à sa place un châssis. Le volet extérieur, qui est toujours abaissé, a une ouverture munie d'une planchette glissant dans une coulisse qui permet de donner de l'air san lumière, grâce à sa disposition extérieure. Nous avons aussi pris la précaution

de garnir la fenêtre de vitres doubles: nous la fermors durant les jours les plus froids et et nous ouvrons la coulisse, surtout la nuit, quand nos abeilles se plaignent de la chaleur une petite quantité d'air pur venant de l'extérieur étant toujours nécessaire” On peut remplacer ces” portes par des ouvertures de 6 pouces dans les murs, une ou deux suivant les dimensicns de la cave, mais il faut pouvoir les refermer à volonti.

Fig. 78.--Volet de cave, pour donner de Fair sans lumiere, HIVERNAGE DANS UN SILO OÙ FOSSE SPÉCIALE

Il'est possible que le cultivateur qui s'occupe d’apiculture n'ait pas à sa disposition une bonne cave ou s’ilen a une qu'il la réserve pour ses légumes. Dans ce cas, “il ne veut pas hiverner ses abeilles comme il à été dit au chapitre :

hivernage en plein air, nous allons indiquer un système qui pour être moins avantageux que l'hivernement en cave réussit cependant. C'est une excavation en plein champs

dont les murs sont doubles laissant entre eux, un espace de 4 pouces Le plancher qui est à un pied du sol que l'on a

eu soin de fouler et aplanir et au besoin de recouvrir de

cendres on de sciure de bois est également double mais plein.

Les ruches sont placées à un pied du mur sur une double rangée de toiles étendues sur le plancher. Les couvercles de bois sont enlevés et remplacés par des coussins

Il faut choisir un terrain très sec car si l'humidité pénétrait dans la fosse, elle peut faire courir les plus grands dangers non seulement aux rayons mais aux abeilles. Il serait donc bon soit de construire des murs en brique sur les parois de lu fosse et de cimenter. Quant à la dimension de la fosse, elle doit répondre aux besoins de l’apiculteur. Voici une expérience qui a été fuite et peut nous fixer quand aux résultats obtenus. La fosse a été creusée sur le versant d'une colline dont le terrain était sec. Elle avait 3 pieds de profondeur, 3 pieds de larg'ur et 10 p'eds de longueur. Les ruches ont été placées sur une ligne, laissant aux deux extrémités une place pour installer des ventilateurs. Elles ont été déposées sur deux madriers de cèdre qui courent la fosse dans toute sa longneur.

Les ventilateurs, tuyaux en planchettes de 3 à 4 pouces, étaient au nombre de quatre. Trois d’entre eux descendaient jusqu'au niveau des madriers, le quatrième au contraire ne descendait pas plus bas que le soinmet des ruches. Ces quatre ventilateurs s'élevaient au dessus du niveau du sol de 3 pieds,

Les convereles des ruches ont été remplacés par des paillassons et les ruches elles-mêmes séparées de leur platenu par des morceaux de bois de deux pouces carrés pour assurer une ineilleure ventilation.

La fosse était recouverte de mudriers de cèdre placés dans la longueur muis de manière à former voute. Onavait

recouvert le tout ‘l’une forte couche de paille sur laquelle un pied de terre était étendu.

Il est bon aussi de se ménager au centre des ruches un tuyau par lequel on puisse descendre un thermomètre pour s'assurer de la température au moins une fois chaque semaine,

Fig. 70,— Une ve on plein champ.

Les colonies peuvent ainsi passer l'hiver alors même que la température descend à 36°, 37°, mais encore une fois, il faut les garantir à tout prix contre l’humidité où l'eau qui pourrait pénétrer dans la fosse.

Dans son a be, sur la culture des abeilles, KE. R. Root décrit en ces termes une cave en plein champ, utilisée avec succès par M. Bingham.

Les gravures (fig. 79-80) montrent les détails de la cons truction de cette cave. Elle est peu couteuse et c'est peut être le meilleur système d'hivernement à l'extérieur. Le fond de cette cave a 12 pieds de chaque côté (on peut en faire de

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toutes dimensions) et les murs qui ont 6 pieds montent en s'évasant un peu pour conner nu scmmet 16 picds de côté Les madriers sur lesquels repose la partie supérieure ou cabane que nous voyons figure 79, ont 2 pouces d'épaisseur 12 pouces de largeur et 16 pieds de longueur, de sorte qu'ils entourent la cave dans toute son étendue. Le toit, (cabane) est construit en planches d’un pouce 4 et vient aboutir dans des petites rigoles en dehors des solives, ces rigoles servant à l’écoulement'des eaux de pluie.

Le plancher au-dessus de la cave, est construit avec des planches de 2 pouces d'épaisseur.

Fig. S0.— Section de la cave.

On descend dans la cave par une trappe faite de bois de la même épaisseur que le plancher et un escalier qui va jusqu’en bas. Les inurs et le planchers du fond sont à doubles parois en brique ou en planche espacées de trois pouces et l’on répand sur le plancher du fond une forte eouche de sciure de bois qui la garantit contre l'humidité.

M. Bingham déclare que cette cave lui a coûté 855.00 environ et qu’il a pu hiverner 125 colonies : quand il n'avait que 100 colonies, il ne perdait que 2 livres d’abeilles par mois ce qui est un succès extraordinaire.

Il n'avait qu'un ventilateur pénétrant, dans le plancher

supérieur de la cave et surtant par le toit de la cabane. Ce ventilateur a 10 pouces de diamètre. Comme on le remarquera le système Bingham offre cet avantage que la chambre d'hivernement est tout entière au-dessous du niveau du sol et parconséquent moins sujette aux variations de température. Dans cette cave, d’après M. Bingham, la température n'a pas varié de plus de 4 degrés. Elle n'est jamais descendue au

dessous de 40°.

Le système de M. Bingham n'est autre en réulité que celui dont nous avons parlé plus haut ; avec cette différence toutefois qu'il possède une chambre au dessus de la cave au lieu d’un simple toît recouvert de terre La cave Bingham est aussi plus facile d'accè-.

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