EVOLUTION
L'évolution est d’une grande bénignité et l’on ne saurait à peine prononcer le nom de maladie.
M. BLANCHART nous dit qu’il aurait considéré sa rumination comme un phénomène normal si les
livres ne lui eussent appris le contraire, et sans aller aussi loin que CAMBAY qui affirme que le mérycisme est d’une grande utilité, puisqu'il permet à ceux qui en sont atteints de décharger leur estomac de substances qui pourraient lui être contraires, et qu'il faudrait souhaiter que tout le monde soit mérycole, il faut bien avouer que le méryeisme ne compromet absolument pas la vie de ceux qui en sont atteints, et que l’on en a vu un grand nombre vivre jusqu'à un âge très avancé avec la plénitude de leurs facultés intellectuelles et physiques.
Presque toujours le mérycisme dure toute l'existence. Cependant, dans quelques observations, on note que l'affection a pu disparaître soit spontanément, soit sous l’influence d’agents très variables d’un cas à l’autre.
Pour les uns, c’est par la volonté, pour d’autres c’est à la suite d’une maladie infectieuse (rougeole, scarlatine, typhoïde) ou bien d’un accès de goutte ét même, dans un cas, après le premier coït.
La disparition fut parfois définitive, parfois seulement temporaire. Quoi qu'il en soit, ces faits son! exceptionnels, et en général le mérycole vit et meurt avec son affection.
Au rebours de la bénignité du mérycisme qu'on laisse abandonné à lui-même, il faut insister sur la fréquence des troubles qui surviennent lorsque par un moyen quelconque le mérycisme a été supprimé.
Un grand nombre d'auteurs signale des troubles
d'ordre généraux, de la céphalée, de l’asthénie, des
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douleurs d'estomac, de la constipation ou de la diarrhée, de l’anorexie. Tous ces troubles cesseraient presque immédiatement lorsque le mérycisme se réinstalle de nouveau.
Notons, au milieu de beaucoup d’autres, l’observation de TURMEL, dans laquelle il cite un malade atteint de mérycisme depuis sa plus tendre enfance, et chez lequel un traitement par la belladone, qui avait fait cesser complètement toute régurgitation, dut être abandonné à cause de troubles nombreux, analogues à ceux que nous avons cités.
A part cette éventualité rare il n’y a guère à craindre ide complications à cette maladie. Ducasse fils cite bien au cours de deux observations qui rentrent tout à fait dans le cadre du mérycisme idiopathique, deux cas de cancer du pylore, et il se demande si le surmenage apporté à l'estomac n’y créerait pas un lieu de moindre résistance.
En réalité, c’est Ià un nombre de faits trop restreints pour qu'on puisse lui accorder grosse valeur, étant donné surtout la fréquence du cancer du pylorce chez des individus n'ayant jamais souffert du tube digestif.