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CHAPITRE IV

Les mérycoles qui se produisent dans les cirques. —

ROGINSKI. — Mac-NorToN. — Notre sujel personnel Charles H.. — Quelques réflexions sur leurs tours. — Pronostic.

Nous venons de noter combien était variable l’influence de la volonté sur le mérycisme, et nous avons dit qu’elle pouvait être si grande dans certains cas que quelques sujets mérycoles avaient pu réaliser un véritable dressage de leur estomac et se produire comme attraction dans les cirques.

Tous ces sujets ‘rentrent dans le cadre du mérycisme idiopathique. Comme tous les malades de cette classe ils ruminent depuis leur première enfance, et c'est souvent par hasard qu’ils s’aperçoivent qu’ils peuvent reproduire quand ils veulent cette rumination et même ramener dans leur bouche des objets précédemment déglutis.

Souvent ils ne peuvent, au début, le faire qu'in-

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constamment et avec peine, tandis que la rumination qu'ils ont après les repas s’accomplit régulièrement et avec facilité. Maïs à force de s’exercer ils disciplinent leur estomac et celui-ci finit par se prêter à toutes leurs exigences pour répéter leurs exercices aussi fréquemment qu'ils le désirent, La rumination postprandiale elle-même, qui, au début, n’était ordinairement pas influencée par leur volonté, en devient très souvent à ce point dépendante qu'elle ne se reproduit plus que selon leur désir.

On a publié des observations de ces sortes ide malades dans beaucoup de pays ; souvent d’ailleurs elles concernent de mêmes individus que leur profession oblige à voyager et qui se soumettent facilement aux examens médicaux dans le but d’avoir des certificats prouvant la parfaite loyauté de leurs exercices. Nous verrons quelques-unes des plus intéressantes d’entre elles.

M. Roanski, qui s’est produit dans les cirques parisiens il y a quelques années, réussit d’une manière impeccable les expériences suivantes. Il boit coup sur coup 30 verres remplis d’eau, puis réunissant ses lèvres et ne laissant qu’une petite ouverture centrale, il restitue cette eau en mince filet uniforme, régulier, à courbe parabolique, qu’il dirige vers un récipient situé à quelque distance de lui. L'eau est propre, absolument aussi claire que lors de son absorption.

Entre ses lèvres il installe ensuite et maintient un tube creux horizontal dont l'extrémité externe cour-

bée à angle droit regarde en haut et par l'ouverture

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effilée l’eau s'élève verticalement dans les airs; ce jet d’eau, il place une coquille d'œuf vidée ou une balle en celluloïd telles qu'on en voit dans les baraques de tir des fêtes foraines; la balle reste en équilibre, monte ou descend suivant la force plus ou

moins grande du jet d’eau qui la soutient.

sur

Puis il avale avec la plus grande facilité un certain nombre de poissons rouges, Les cyprins demeurent quelque temps dans son estomac; au commandement, il les ramène dans sa bouche, les recueille délicatement dans ses doigts et les dépose bien vivants dans leur bocal accoutumé.

Il demande ensuite à l'assistance un billet de vingt francs, un de cinquante et un de cent. Il prend chacun d’eux, le plie, le réduit à, un petit volume, l’'emprisonne dans une mince feuille de caoutchouc bien ficelée et les avale l’un après l’autre. Par dessus. il déglutit une ou deux douzaines de moisettes non débarrassées de leur coque. Chose curieuse, il ramène celui des trois billets qu'on lui désigne, puis l’un des deux autres au commandement, puis le troisième. Les noisettes sont également revenues au gré des spectateurs, soit avant soit après les billets.

Enfin il se fait apporter une bouteille de pétrole. Coup sur coup il en boit plusieurs verres sans qu’il paraisse incommodé le moins du monde, puis ül rejette brusquement ce liquide sur une petite lampe qui brûle à côté de lui produisant une flamme énorme . par laquelle il est en grand danger d'être brûlé.

Le travail de Mac NorToN ($ FAREz et DESTERNES)

est à peu près le même que celui de RoGmsxi. Il est capable d’avaler dix, vingt, trente verres d’eau jusqu’à concurrence de 6 ou 7 litres; il peut à volonté ou les garder ou les restituer soit à flot, soit en un mince filet en petite ou en grande quantité. Lui aussi avale du pétrole, mais se contente de le rejeter sans faire de tour analogue à celui de RoamsKkt. Il avale ensuite en un clin d'œil quatre ou cinq grenouilles et des petits poissons, et il les restitue tout vivants les faisant remonter exactement dans l’ordre qu’on désire. Il peut les garder une heure et même plus dans ce qu'il appelle son aquarium humain.

Il absorbe ensuite des liquides qui ne sont pas de même densité, tels que de l'huile, du lait, du vin, jusqu'à cinq différents, et les restitue à peu près sans mélange dans l’ordre inverse de leur introduction.

Mac Norrox est issu d'une famille de mérycoles, et aussi loin qu'il remonte dans ses souvenirs, il se revoit ayant des régurgitations, mais alors qu’autrefois, elles se produisaient à tous les repas et pour la totalité des aliments, elles présentent maintenant le caractère d'être rares et en quelque sorte éclectiques : la rumination ne se produit plus pour les aliments qu’il peut assimiler facilement, mais s’il mange des cerises, son estomac lui renvoie les noyaux, s’il absorbe une côtelette, il verra le tendon lui revenir dans la bouche, et s’il prend un café mal filtré le marc sera rejeté sous forme d’une petite masse conglomérée. D'autre part. s’il a éprouvé un grand plaisir à absorber certains mets, il les ruminera tout à fait spontanément sans

qu’il fasse rien pour méryciser ce jour-là ou pour choisir dans son estomac ces mets particuliers.

Le Docteur Porier, du Vésinet, raconte (in FAREZ) lé cas d'un de ses camarades de collège qui accomplissait des prouesses analogues : en même temps que son repas, il avalait des cailloux, des morceaux de bois, etc. Après le repas il était capable de restituer uniquement ces corps étrangers.

Il nous a été donné d'examiner l’an dernier un employé de bureau, Charles H.., venant consulter en ville pour une affection chirurgicale, mérycole depuis l'enfance et qui, après avoir vu au cirque les expériences réalisées par RoGmnskt, s’est appliqué à les reproduire. Il a refait devant nous toutes celles que nous avons précédemment citées, sauf celle du pétrole enflammé qu'il juge dangereux. Nous lui avons indiqué celle de Mac Norrox avec les liquides de densités différentes et quelques jours après, il est revenu nous montrer qu'il la faisait parfaitement.

Enfin, il a fait devant nous un tour assez compliqué et qui lui est personnel. Il est d’ailleurs assez probable que dans cet ordre d'idées et avec un peu d'imagination, des mérycoles tels que RoGmsxi, Mac Nor- TON où lui-même pourraient, étant donnée la virtuosité de leur estomac, varier à l'infini leurs exercices. Il avale un petit morceau de viande crue, puis un peu de pétrole, ensuite une mèche de réchaud, enfin une allumette-bougie enflammée, avec assez id'habilet® pour qu'on ne s’aperçoive pas qu’il l’éteint en l'introduisant. Il attend quelques instants, et à la stupéfac-

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