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Un deuxième repas opaque est donné à l’enfant, sous le contrôle de l'écran. L'estomac orthotonique se remplit d'une facon normale. Sa direction est oblique de gauche à droite. Il ne se laisse pas distendre par son contenu, ses deux courbures restant parallèles dans toute leur étendue. L’estomac est mobile et non douloureux à la palpation. Aucune onde péristaltique ne se produit; sous l'influence d’une pression manuelle énergique, des contractions se produisent, mais elles n’aboutissent pas à faire passer la substance opaque dans le duodénum. Il faut un massage léger du pôle inférieur de l'estomac pour obtenir se passage.
Les efforts de régurgitation faits par l'enfant restent sans résultat. On observe, au cours de l’examen, deux petites régurgilations involontaires. Le séjour du repas opaque dans l'estomac amène la sécrétion d’une petite quantité de liquide gastrique, qui apparait à ‘la partie supérieure du repas opaque, Une parcelle de substance opaque flotte à la surface de ce liquide et se trouve ainsi facilement régur-
gitée lorsqu'une parie du contenu gastrique passe dans l'œsophage.
On observe aussi au cours de l'examen des contractions en masse du pôle inférieur de l'estomac; celui-ci se resserre et sous l'effet du resserrement, la substance opaque remonte jusque sous le diaphragme en faisant disparaître momentanément la. poche à air, Cet élément spasmodique de la région pylorique et prépylorique est de nature à expliquer le mécanisme des régurgitations.
EXAMEN DE CHARLES H. (Inédit)
L'examen se pratique tout d'abord à jeun et ne montre rien de parüculier, ni stomacal, ni autre. Thorax normal : cœur el poumons normaux.
1° On fait absorber au sujet 125 grammes de bouillie opaque. Cela permet de faire apercevoir un estomac pelit, non
M, fe
distendu par le liquide, dirigé obliquement de gauche à droite, mobile et non douloureux.
L’absorption d’une plus grande quantité de gélobarine montre que lestomac s'adapte toujours parfaitement à son contenu et que presque immédiatement après l'ingestion débutent des ondes péristaltiques qui chassent une petite quantité de la bouillie dans le duodénum.
On demande à Charles I... de renvoyer au dehors son contenu slomacal. On observe une contraction en masse du pôle inférieur de lestomac qui chasse la gélobarine vers le cardia en remplissant” toute la poche à air, Cette contraction en masse, renforcée par des mouvements antipéristaltiques extrêmement profonds el rapides, permet un rejet de la masse bismuthée continu et régulier.
Nous NOUS SOMMES ASSURÉS À PLUSIEURS REPRISES QUE PENDANT TOUTE CETTE MANOEUVRE LES MUSCLES ABDOMINAUX ÉTAIENT ABSOLUMENT FLASQUES ET NON CONTRACIÉS ET QUE LE DIAPHRAGME ÉTAIT RESTÉ EN SA POSITION NORMALE.
Mais si nous demandons à Charles I... de précipiter le rejet de la masse opaque, de le faire en quelque sorte d’un coup, il s’aide de sa paroi et de son diaphragme en un mécanisme alors comparable à celui de RoGinsxr.
2° Nous faisons ensuite absorber à Ch. H... deux objets métalliques de forme différente : un sou et un dé à coudre.
L'ingestion se fait l'estomac entièrement vide. Notré sujet ayant eu l’amabilité, pour nous permettre la suite de l'examen, de procéder devant nous el par ses propres moyens à un véritable lavage d'estomac, qui entraîne les particules de Bi laissées sur sa paroi par la première partie de la séance.
On constate que les corps solides descendent dans l’œsophage parfaitement sentis par Ch. F..., qui indique à peu près exactement le niveau auquel ils se trouvent, et qui peut. à volonté, arrêter ou faire reprendre leur descente. Ainsi ils sont réunis par lui dans la portion sus cardiaque, sans
passer immédiatement dans l’estomac.
LLAROEES
Cependant, il lui est impossible de les faire remonter dans sa bouche sans qu'ils soient descendus dans sa poche gastrique. Aussitôt dans celle-ci, ils tombent à peine et sont ramenés bientôt au niveau du cardia par des mouvements anüpéristaltiques et sont, en quélque sorte, malaxés un certain temps devant l'orilice el remontent avec régularité et lenteur jusqu’à la cavité buccale.
Or, l’objet qui s'engage est presque toujours (dans la proportion de 4 fois sur 5) celui que désire Ch. H.
Il ne sait pas comment cela se fait, mais il faut bien admettre, étant donné la constance du phénomène, qu'il y a là une sensibilité spéciale inconsciente mais réelle de la région péricardiaque, |
D'ailleurs, cette faculté de pouvoir indiquer où se trouvent les objets dans l’œsophage, de pouvoir les maintenir au-dessus du cardia, est également un mode de cette sensibilité qui n’est pas niable, La théorie du choix buccal de M. Farez ne semble vraiment pas pouvoir êlre soutenue devant de tels faits.
3° Nous recommençons l'expérience précédente en faisant ingérer une cerlaine quantité de gélobarine très diluée. Nos objels tombent au fond. La contraction en masse, les mouvements antuipéristalliques recommencent avec vigueur tandis que l'abdomen et le diaphragme ne prennent encore aucune parlicipation à ce qui se passe. Ces mouvements péristaltiques sont si profonds que les deux parois stomacales semblent venir au contact et pousser vers l’œsophage une masse opaque véritablement emprisonnée, Malgré cela le fait de ramener près du cardia des corps non flottants est pénible et c'est alors que pour faciliter son effort, Ch. H... abaisse son diaphragme et contracte ses muscles abdominaux tout comme le fait RoGiNskr.
Au contraire, les objets flottants sont ramenés avec la plus grande facilité. M. CnarLier dit, dans l’étude citée plus
haut : QIÏ me parait que notre méryciste trouve dans-le remiplissage de sa poche stomacale au maximum une condition favorable à la réussite de ses expériences. »
IL faut, pour Ch. H..., et sans doute aussi pour Roginski, distinguer entre objets flottants et non flottants. Pour les premiers, le remplissage maximum est souhaitable : pour les autres, au contraire, il est nuisible.
En résumé, si nous considérons ces quatre études radiologiques, que pouvons-nous conclure ?
De l’étude de M. CHARLIER sur Roansxi il se dégage évidemment que le mécanisme du mérycisme de son sujet est celui décrit par LEMOINE et LINOSSIER, et que ce sont les mouvements de la paroi abdominale et du diaphragme qui ont la plus grande part dans la marche du phénomène.
Au contraire, si nous examinons l’observation de l'enfant CALMELS, l'étude de M. DESTERNES et la nôtre propre, il ressort que les mouvements antipéristaltiques et la contraction en masse du pôle intérieur de l’estomac jouent ici le premier rôle.
Il existe donc, contrairement à ce qui a été décrit, deux mécanismes différents : l’un, connu depuis long temps et analogue à celui de la rumination animale, l’autre révélé par la radio et qui nécessite des facultés de mobilité et de sensibilité stomacales inconnues chez l’homme normal.