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relativement tardive, si l’on considère que c'est peu d'années avant la première représentation du « Cid » qu'on trouve décrite l’observation princeps du mérycisme dans un livre paru à Padoue en 1618, de Gula, Ventriculo et Intestinis, et dont l’auteur était Fabrice d'AQUAPENDENTE.
Mais les sciences à cette époque étaient loin de la perfection des lettres et des arts. Bien que d'assez nombreuses observations suivirent rapidement la première publiée et bien que le nom de certains de leurs auteurs soit resté célèbre en médecine, ce n’est cependant pas là qu'il faut chercher des détails complets ou une discussion approfondie des faits observés.
C’est l’époque, en effet, où l’on décrit avec complaisance, tel Fabrice d'AQUAPENDENTE, le front cornu des mérycoles, raison qui semble à cet auteur nécessaire et suffisante pour expliquer la rumination, où l’on suppose, tel BARTHOLIN, que le malade que l’on a observé a un estomac double, où l’on voit un nommé SHURING inférer gravement du mérycisme de son client qu'il est né de l’accouplement d’un homme et d’une vache, et enfin où l’on peut lire dans un loug mémoire latin du célèbre PEYER qui, par ailleurs, a illustré son nom par une description des glandes intestinales, que la mère d’un de ses mérycoles avait été fort effrayée par un bœuf pendant le cours de sa grossesse, et que le père d’un autre était porteur au milieu du front d’une corne fort dure et grosse comme le petit doigt qui, sans doute, devait avoir fortement impressionné sa+ compagne, « à moins
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même, dit-il, que la semence de cet homme ait quelque affinité avec celle des animaux à cornes » ?22??..
Il faut en venir à la thèse de Piper publiée en 1786 — « De vomituum diversis speciebus accuratius distinguendis » — pour trouver une discussion serrée des faits observés par lui-même et ses prédécesseurs ainsi que des hypothèses qui me soient pas fantaisistes. ,
Dans les années qui suivent, les études sur le mérycisme restent encore peu fréquentes, les plus intéressantes d’entre elles étant celle de Rougreu en 1808, dans les Annales de la Société de Médecine de Montpellier, celle de PERCY et LAURENT dans le Dictionnaire en 60 volumes des Sciences Médicales, et surtout la thèse de CaAMBAY soutenue à Paris en 1830, où il donne et discute sa propre observation.
A partir de cette époque, les travaux sur la question vont se multiplier, et dans tous les pays où les études médicales sont en honneur, des savants vont s'occuper de la Rumination chez l’homme.
C’est tout d’abord la période où l’on accumule les faits, celle où le Professeur Raphaël BLANCHART, dans le Dictionnaire de Jaccoud, décrit son propre cas, et où BOURNEVILLE et SEGLAS publient dans les Archives de Neurologie leurs études si remarquables sur la Rumination chez les idiots et les fous.
Mais l’on songe bientôt à expliquer les faits et l’on s'adresse au début surtout en Allemagne (SINGER et DECKER) à l’anatomie pathologique qui se révèle
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rapidement tout à fait incapable de donner la clef du problème.
L’Anatomie pathologique n'ayant rien donné, on se tourne alors vers les recherches du chimisme gastrique, mais bientôt les travaux de Boas, EwALD, SIx- GER, MATHIEU, parmi beaucoup d’autres, montrent que le mérycisme ne correspond à aucune réaction spéciale du liquide gastrique et que les résultats sont variables suivant chaque sujet.
Dans le même temps, se placent les études de LEMOINE et LINOSSIER sur le mécanisme de cette affection.
Depuis cette époque l'histoire anecdotique du mérycisme se poursuit sans cesse, le nombre des observations s’est multiplié à tel point qu'il s'élève maintenant à plusieurs centaines, et dans ces dernières années l’utilisation des Rayons X a orienté les efforts des chercheurs vers un nouveau sillon. Ce sera une partie importante de notre travail de relater ces recherches et de les discuter à la lueur ide quelques
observations personnelles.