CHAPITRE Il
So diviser chacune des difficultés en autant de parcelles qu’il se pourrait et qu'il serait requis pour les mieux résoudre.
DESCARTES. — Discours sur la inéthode.
Mérycisme idiopathique. — Mérycisme des dyspeptiques, des aérophages, des fous, des idiots, des enfants. — Formes intermédiaires.
Le fait essentiel du mérycisme est qu'au bout d’un certain temps après les repas, les aliments remontent dans la bouche sans efforts et ordinairement sans nausées. Souvent ils y sont soumis à une nouvelle mastication, une nouvelle insalivation, avant d’être à nouveau déglutis, réalisant ainsi le cycle complet de la rumination animale.
Mais celle-ci, qui est un temps nécessaire de la digestion du ruminant, est invariable dans ses modalités, tandis que le mérycisme, comme tous les faits pathologiques, comprend des aspects innombrables.
Nous étudierons tout d’abord le mérycisme que
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nous appelons /diopathique. Les auteurs se soni efforcés de démembrer cette entité, mais il est bien certain qu’à l'heure actuelle il est encore nécessaire de la conserver, non seulement parce que dans l’insuffisance de nos connaissances il est un nombre de faits relativement considérable pour lesquels aucune étiologie sérieuse ne peut être invoquée, mais encore parce que ces faits sont justement les plus typiques, les plus complets de tous les cas de mérycisme, à tel point qu'un certain nombre de sujets utilisant leur infirmité comme profession, ont pu se produire sur les pistes des cirques et le plateau des théâtres, et réaliser avec leur estomac des attractions véritablement remarquables.
Nous opposerons à ce mérycisme idiopathique le mérycisme des dyspeptiques dont l'intérêt est considérable au point de vue du traitement, le mérycisme des aérophages et le mérycisme des fous et des idiots bien connu depuis les travaux de BoURNEVILLE et SEGLAS.
Nous avons cru nécessaire de décrire dans un chapitre spécial les faits nombreux ide rumination observés chez l'enfant. Tout d’abord, parce que la plupart du temps ils n’entreraient que difficilement dans les cadres que nous venons de citer, mais surtout parce que leur fréquence et leur pronostic tout particuliers en, font une entité qu'il semble légitime d'isoler.
Il va sans dire que les compartiments que nous avons établis sont loin d’être étanches. Entre chacun
d'eux existent des formes intermédiaires qui leur
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servent de trait d'union. De même on peut en décrire entre le mérycisme et d’autres accidents, tels l'éructation, la régurgitation et même le pyrosis, rapprochements qui se justifient, non seulement par les observations d'ordre clinique, mais encore par l’étude du
mécanisme de ces différentes affections.