‹ La Rupture de la Symphyse Pubienne Au Cours de l'AccouchementChapitre 23 sur 44 · PAL · texte numérisé non relu

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existe encore un petit clapier s'étendant de 4 centim, derrière le grand droit gauche.

Le 20, nous examinons de nouveau cette femme au point de vue général. Son squelette ne présente aucune trace de rachitisme, et son bassin nous donne les mesures suivantes :

Distance entre la face externe des grands trochanters........... 29 centim. — — les épines iliaques antéro-supérieures......... 22 — — — les points les plus éloignés des crêtes iliaques.. 27,5 —

Diamètre promonto-sous-pubien impossible à déterminer, le promontoire n'étant pas accessible. La face cutanée de la symphyse n’est plus douloureuse, par le toucher vaginal nous ne réveillons aucune douleur par la pression de la face pelvienne, on n’y trouve qu'une saillie de quelques millimètres de largeur, formant un bourrelet reliant entre eux les deux pubis. En faisant fléchir alternativement l’une et l’autre cuisse sur le bassin, ce qui n’éveille aucune douleur, nous ne constatons aucun déplacement appréciable. f

Examinée debout, elle peut se tenir sur un pied, faisant en même temps le toucher vaginal et la priant de faire porter le poids de son corps alternativement sur l’une et l’autre jambe, nous sentons quelques petits craquements et un léger mouvement de glissement suivant le grand axe des surfaces articulaires, les deux extrémités inférieures ne se maintiennent plus sur le même niveau, la différence est peu accentuée, quelques millimètres seulement.

RéFLExIONS.— Que devons-nous penser de cette observation ? C'est que, un mois avant son accouchement, cette femme a eu un érysipèle de la face, qui servit probablement de porte d'entrée aux micro-organismes. Ceux-ci se sont fixés au niveau de la symphyse qui se trouvait former un locus minoris resistentiæ soit à cause du relâchement que l’on constate assez marqué chez beaucoup de multipares, soit à cause de l’entorse que cette articulation paraît avoir subie lors de sa chute quelques mois auparavant.

Cette arthrite suppurée a distendu les ligaments, qui baignant dans le pus, ont une résistance diminuée ; aussi au moment de l’accouchement se sont-ils rompus, permettant la sortie rapide du fœtus en agrandissant le détroit supérieur. La guérison par le repos a suffi à consolider la symphyse, comme nous l'avait prédit M. le professeur Pinard.

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OBSERVATION II (due à la bienveillance du professeur PINAKD).

Rétrécissement du bassin avec légère asymétrie. Applications de forceps. Disjonction de la symphyse. Pelvi-péritonite. Guérison.

Mlle B..., âgée de: 22 ans, couturière, entre dans le service de M. Pinard, le 24 décembre 1883.

Cette femme a toujours été bien portante. Elle a marché de bonne heure (9 mois) et a toujours bien marché. Il y aun mois, à une première visite, on avait constaté les particularités suivantes : squelette légèrement touché par le rachitisme, surtout au niveau de la cage thoracique, sternum bombé dans sa partie médiane, en carène, chapelet chondro-sternal.

Du côté des membres inférieurs et de la colonne vertébrale on ne constate ni déformation ni courbure.

A ce moment, au palper abdominal, l'utérus remontait à deux ou trois travers de doigt au-dessus de l’ombilic et renfermait un fœtus vivant en position transversale du sommet ; la tête, nullement engagée, était mobile au-dessus du détroit supérieur. Au toucher, on arrivait sur le col nullement effacé et on atteignait facilement le promontoire. Diamètre promonto-sous-pubien, 9 1/2.

Diamètre bi-ischiatique................. 8 centim. NO OCEVEDUDIEN een te TR

Le 24 décembre, la femme revient dans le service, se croyant à terme, les dernières règles ayant apparu le 6 mars.

Les premières douleurs se sont montrées à 3 heures du matin. On constate alors l'existence d’un fœtus vivant qui se présente par le sommet en O.I. G.T. Tête peu engagée, légèrement mobile. Le col est complètement effacé, l’orifice dilaté comme une pièce de 2 francs ; la poche des eaux est intacte et assez volumineuse. Bain dans la journée.

Le travail avance lentement, mais régulièrement. À 6 heures du soir, dilatation grande comme une pièce de 5 francs.

À minuit la situation est à peu près la même, la tête amorcée n’est pas engagée. L'état général est satisfaisant, l'enfant va bien.

Le 25, la dilatation étant complète à 8 heures du matin, on rompt la poche des eaux. À 10 heures, M. Pinard trouve que les bords de l’orifice sont un peu revenus sur eux-mêmes, mais ils sont’ souples et dilatables. L’auscultation et l'écoulement verdâtre de liquide amniotique indiquant que l'enfant commence à souffrir, une application de forceps est décidée. On donne du chloroforme à la femme, M. Pinard fait avec le forceps Tarnier une application oblique, la branche gauche la première, et exerce des tractions lentes et soutenues, mais pas très vigoureuses.

La tête commence à s'engager et à descendre ; après quelques instants on

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entend une sorte de craquement sec qui fait croire qu'il s’est produit un enfoncement ou une fracture sur la tête du fœtus au moment où s’est effectué le mouvement de rotation, d'autant plus qu'à partir de ce moment le forceps, qui n’a nullement dérapé, amène facilement la tête à la vulve.

Au moment où la tête se dégage, on voit apparaître une anse du cordon qui, saisie et ramenée par le forceps, se trouve entre la tête el la face fœtale’ de la branche droite, occasionnant un certain degré de compression.

Le fœtus, du poids de 4,000 gr., est dégagé facilement et assez vite ranimé. Nulle part il ne présente trace d’enfoncement ni de fracture. Délivrance naturelle et un peu longue à se faire à 11 heures et demie.

En touchant la femme pour se rendre compte de la cause du craquement, on trouve à la face interne de la symphyse pubienne un écartement, une disjonction des surfaces articulaires. Cet écartement permet Fintroduction de l’extrémité digitale.

Par l'exploration externe, on constate également cet écartement qui ne paraît pas tout à fait sur la ligne médiane, tout le cartilage inter-articulaire paraissant adhérent à la surface du pubis du côté droit. Cette disjonction fait penser qu’on se trouve en face d’un bassin asymétrique probablement oblique ovalaire.

La toilette faite, on rapproche les deux bords de la symphyse avec deux coussins de ouate latéraux soutenus par un bandage de corps.

La tête de l'enfant, très ossifiée et très résistante, présente les diamètres suivanis :

LJ29 CARE REQUIS PT ISERE 18e PER PO PE ET TES 1 CMS AL LOUIS ALAN ESRE ENEEE 14 DS PEL TENIIGE PAT TRE SNRER AREA 9,5 Der ne LUN ER RTE EURE, 8,5 2 AA AU ANT Er RAM R ANEE IAE 10,5

Les suites de couches sont normales pendant les premiers jours. Mais le 29 décembre au matin, la malade se plaint d’avoir eu de violentes douleurs dans le ventre, douleurs qui ont empêché tout sommeil. Le matin les douleurs persistent, surtout marquées au niveau des ligaments larges, exagérées par la pression. Mictions également douloureuses. Anorexie complète. Langue chargée, pas trop sèche. Nausées. T. M. 380,2; $S. 390,2.

Traitement : cataplasmes laudanisés, sulfate de quinine.

Le 30 décembre, les douleurs sont un peu moins vives, l'état général est le même, vomissements pendant la nuit. T. M. 380,4; S. 380,5.

Traitement : Frictions avec onguent mercuriel, eau de seltz, sulfate de quinine.

Le 31, même état général et même traitement. T. M. 380,3; $. 390,2.

Pommade mercurielle belladonée. Extrait thébaïque, 0,05. Sulfate de quinine, 0,50.

Le 2 janvier. T.370,9; $S. 390,3.

Le 3, l’état général est à peu près le même, mais le ventre est plus souple, la langue humide et moins sale. T. M. 389,9; S. 39%.

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Le 4, érythème généralisé, constaté déjà la veille. État général plus satisfaisant, mais diarrhée encore très marquée. T. M. 390,5; S. 390,9

Traitement : Extrait thébaïque 0,05, sulfate de quinine 0,50. Diascordium et bismuth 4 gr.

L'érythème hydrargyrique est moins accentué, mais il est plus étendu et a gagné les membres supérieurs. Diarrhée persistante. T. M. 370,8 ; $S. 39°,3

Même traitement, plus dix gouttes de laudanum avant le repas.

Le 6, amélioration très marquée, le ventre est souple et indolore, le pouls cst à 74, la température est de 370,8 le matin, et 390 le soir.

Suppression des cataplasmes, on met de la poudre d’amidon et de la ouate. La diarrhée est moins abondante.

Les jours suivants, l’amélioration s’accuse, la diarrhée se supprime et la tem— pérature revient à la normale, On supprime tout traitement. Repos au lit.

Le 12, la malade accuse pour la première fois, à la base de la grande lèvre gauche, une douleur assez vive. Cette douleur qu’exagère la pression est produite par une induration existant à ce niveau et due sans doute à un thrombus. Elle empêche la malade de se mettre sur le côté. À part cela, l’état général est satisfaisant.

Les jours suivants, les forces reviennent peu à peu, la constipation est combattue par un lavement à la glycérine. L'induration de la grande lèvre a vite diminué et est disparue,

Le 14 février, la malade se lève pour la première fois, la marche est assez facile, mais le doigt constate au niveau de la symphyse pubienne un léger degré de chevauchement à chaque pas fait par la femme.

Les jours suivants, la marche devient de plus en plus facile, et le 29 février la

femme est envoyée en convalescence à l'asile du Vésinet.

Dans une leçon faite en 1892 sur la symphyséotomie, M. le professeur Pinard, faisant allusion à cette femme, nous apprend que, devenue enceinte une seconde fois, elle accoucha à terme et spontanément.

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