‹ La Rupture de la Symphyse Pubienne Au Cours de l'AccouchementChapitre 28 sur 44 · ACCOUCHEMENTS SPONTANÉS. — RÉTRÉCISSEMENT DU BASSIN. — ABCÈS · texte numérisé non relu

ACCOUCHEMENTS SPONTANÉS. — RÉTRÉCISSEMENT DU BASSIN. — ABCÈS

a) Cas suivi de guérison.

O8Bs. 14. — HARTwIG (Med. News Philadelphie, 1893).

« Le News du 15 juillet contient un cas de rupture spontanée de la symphyse pubienne pendant l’application du forceps. J’ai déjà vu le même phénomène se produire sans qu’il soit fait usage de cet instrument. L'hiver dernier j'étais appelé auprès d’une femme robuste deux ou trois semaines après l’accouchement, elle présentait un gonflement au niveau de la région pubienne. On n'avait pas fait usage de forceps, bien qu’elle déclaràt avoir été « déchirée en

deux ». Évidemment le médecin qui l'assistait avait ses doigts dans le vagin quand la rupture se produisit. J'incisais l’abcès et: introduisis. mon doigt entre les deux extrémités séparées de la symphyse. Le cartilage me parut détruit. Quelques jours de drainage etun bandage autour des hanches suffirent à amener la guérison. Six semaines plus tard la femme était debout et marchait. D'où est venue l'infection ? le pelvis de cette femme était quelque peu étroit autant que je puis me le rappeler. Dans deux accouchements antérieurs pour lesquels je l'avais assistée, les fœtus ne furent expulsés qu'après d’épouvantables douleurs, et dans un cas je fus obligé d'appliquer le forceps. »

b) Cas suivi de mort.

O8. 15. — KôüSTLIN (Diss. inaug. Tubingen, 1880).

F. F.., VIII pare de 36 ans. Bassin rétréei. Diamètre promonto pubien 9cm7, Accouchement spontané, après un travail de 20 heures, d’un enfant pesant 3,770 gr. et mesurant 53 centim.

Après l'accouchement, endométrite puis bronchite et noyau de pnéumonie à la base du poumon droit. Bientôt apparaissent des douleurs dans la région de la symphyse ; les mouvements des membres inférieurs sont très pénibles ; la malade ne peut ni se tourner ni s'asseoir dans son lit. L’exploration par la face postérieure de la symphyse n'y décèle rien d’anormal en dehors d’une douleur nettement localisée à ce niveau.

Après une rechute de pneumonie, la fièvre tomba fiualement, le 26° jour à. la normale ; les mouvements des membres inférieurs étaient redevenus peu à peu plus faciles ; la douleur au niveau de la symphyse a disparu.

Le 32° jour, léger œdème du pied gauche.

Quelques jours plus tard, la témpérature étant remontée un peu, apparition en arrière de l’ischion droit d'un empâtement rouge et douloureux. Peu après s'ouvrit spontanément à cet endroit une collection purulente fétide. Mais la température continue à monter, atteint 400,5. Toute la fesse droite s’empâte et devient douloureuse. Très rapidement, au-dessus de la pointe du sacrum se collecte un abcès du volume d’une pomme. On y pratique une large incision qui donne encore issue à du pus fétide sanguinolent. L'os n’est dénudé nulle part; on passe un drain de la fistule primitive à l'incision actuelle. Mort le 46° jour.

AUTOPSIE.— À la face postérieure de la symphyse,fun abcès du volume d'une pomme contenant du pus fétide de couleur jaunâtre, La branche horizontale du pubis gauche baignait dans ce pus, la symphyse béante admettait facilement un doigt.

Vagin, vessie intacts.

Les abcès incisés avant la mort n'étaient pas encore guéris.

Utérus sain ayant subi son involution normale; pas de lésions vaginale ni vésicale, pas de pelvipéritonite.

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: Rien d'anormal au cerveau, au poumon et au cœur.

Foie gros, mou, ischémié, Rate molle également, augmentée du double de son volume,

Os. ‘routes NICHOLSON (Meissner's Forschungen f. d. Geburtshülfe, 1826-32, t. IV, p. 229).

Une femme de 23 ans accouchée normalement depuis trois jours, voulant se promener dans sa chambre, tomba sans connaissance, puis revenue à elle ne put se relever. Le lendemain, frissons, fièvre, douleur de la région pubienne. Les pubis sont mobiles l’un sur l’autre, en même temps on perçoit un bruit de crépitation. Douleur également au niveau du sacrum. Bandage pelvien, repos absolu, guérison complète.

O8s. 17. — MANGIAGALLI (Annali di ostetricia e ginecologia, 1885).

- VIlpare, 36 ans, a souffert de fièvre malarienne dans l’avant-dernière grossesse, la cinquième et la septième grossesse furent doubles, les accouchements furent spontanés, à terme, et faciles.

Au cours de la 7e grossesse la femme fut ensevelie sous les débris de sa maison, détruite par un cyclone, on lui trouve des contusions à la tête, à l'épaule gauche et à la main droite. La grossesse n’en fut pas troublée, elle marchait sans douleur et elle fut prise de douleurs six mois plus tard à terme. Cinq heures après elle donnait le jour à un enfant se présentant par le sommet.

La sage-femme croyant à la présence d’un autre fœtus laisse la parturiente dans la position obstétricale. Quelques heures après, déjà dans son espérance . d’un prompt accouchement, elle recommande à la femme le repos au lit, Mais comme il s'était écoulé un temps assez long depuis l’accouchement du premier et qu'aucune contraction ne se produisait, malgré l'ingestion d’une forte dose d’ergot de seigle, les membranes du second sac étant intactes, elle permet à la femme de vaquer à ses occupations domestiques jusqu’à ce que se manifestent les contractions utérines, qui se réveillent deux jours après avec beaucoup d'intensité à de très courts intervalles, à tel point que la sage-femme étant arrivée une heure après, et l'accouchement paraissant imminent, met la femme sur le bord dulit. Voici ce qui paraît d’après les dernières versions recueillies ; ou la sagefemme dans sa hâte pour pouvoir mettre la femme en position, imprime aux cuisses un mouvement de forte et rapide abduction ; ou qu’elle le fit exprès, comme font quelques sages-femmes barbares pour retarder l’accouchement, le fait est que la tête se tourna entre le détroit et l’orifice vulvaire et dans ce même moment on entendit un craquement, avec douleur très forte, le femme s'écriant : « Vous m'avez Coupée en deux ». Le placenta fut subitement expulsé,

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suivi d'hémorrhagies abondantes. Pendant 20 jours elle ne put se mouvoir, elle essaya aussi de se lever mais à grand’péine et en s'appuyant sur les meubles.

Ce fut quarante-trois jours après l'accouchement qu’elle fut transportée à l'hôpital. La marche étant impossible, toute tentative pour porter en abduction les membres inférieurs, toute pression sur les ailes iliaques, tout efforttendant à éloigner les iléons produisait de très vives douleurs. A la région pubienne le pubis gauche était placé sur le droit, cette superposition était moins forte en haut qu’en bas. En outre les deux pubis n'étaient plus au même niveau, mais le pubis gauche était plus bas de quelques millimètres, il y avait donc deux ascensions, une sur le corps du puübis sur sa face antérieure, l’autre sur le bord inférieur, En aucun point de la ceinture pelvienne on ne trouvait de cals osseux, aucun trouble de la miction.

Le doigt introduit dans le vagin sentait la différence de niveau des pubis, et produisait de la douleur en pressant en ce point, même douleur au niveau dè la symphyse sacro-iliaque gauche.

Promontoire inaccessible. |

La réduction fut faite sous le sommeil chloroformique ; un appareil plâtré fut appliqué après avoir constaté qu’à la partie supérieure les deux facettes pubiennes se touchaient, tandis qu'en bas le pubis gauche faisait saillie sur la face antérieure du pubis doit, la différence de niveau dans le sens vertical se maintenait.

L'appareil plâtré ne fut pas toléré; enlevé, il fut remplacé par un bandage qui permit à la femme de se lever quelques jours après.

Un mois après, la femme accoucha heureusement pour la 8e fois, sans aucun accident du bassin.

OBS. 18. — MARSCHNER (Compte rendu de la Société gynécologique de Dresde, 13 avril 1893).

Observation résumée.

Primipare, application de forceps au détroit inférieur pour inertie. Au moment où la tête apparaissait à la vulve, la malade se réveilla et fit un brusque soubresaut. Rupture de la symphyse et de toutes les parties molles, la peau y compris. Rupture simultanée d’une symphyse sacro-iliaque.

Suture osseuse et suture des parties molles.

Guérison complète, mais avec persistance prolongée de névralgies dans le domaine du sciatique gauche.

Marschner considère la rupture comme causée non par le forceps, ni par le soubresaut de la parturiente, mais par une ostéomalacie au début. Cette femme présentait en effet un mauvais état général et plusieurs autres symptômes plaidant en faveur de l’ostéomalacie.

Une 2° grossesse chez cette femme se termina favorablement par un accouchement provoqué avant terme.

6° OBSERVATIONS RÉSUMÉES NE POUVANT ÊTRE CLASSÉES PAR ABSENCE DE DÉTAILS

a) Cas suivis de guérison.

OBS. 19.— DENMANN (/ntroduction à la pratique des accouchements. Traduit de l'anglais, 1802, 1. I, p. 25).

Primipare. Accouchement spontané, craquement perçu par l’accoucheur. Douleur au niveau du pubis, impotence des membres inférieurs. Quand la malade voulait se tenir debout, elle le pouvait mieux sur un pied que sur deux et mieux les pieds serrés qu'écartés ; assise dans un fauteuil, les douleurs étaient tolérables lorsqu'elle s’appuyait fortement sur les bras. Cette position devenant fatigante, elle appuyait ses coudes sur ses genoux. Quand elle marcha pour la première fois, elle ne püt le faire qu’en appuyant ses mains sur ses genoux.

Guérison complète en 5 mois « à la suite d’un écoulement qu’elle crut être ses règles ».

Plus tard, elle eut encore 3 enfants sans accidents.

OBs. 20. — GiRAuD (Journal de médecine continué. Fructidor an XL. In Dictionn. des Sciences médicales, vol. 54, p. 30).

En l'an VIII, M. Giraud, alors suppléant du chirurgien en chef de l’'Hôtel- Dieu de Paris, fut appelé pour voir une femme chez laquelle les os pubis s'étaient subitement écartés lors de l'extraction d’un enfant. Un dépôt se forma à la région de la symphyse sacro-iliaque droite ; il fut ouvert et le stylet porté au fond du foyer permit de distinguer clairement l'écartement qui existait entre l'os sacrum et l’os innominé. 6

La femme guérit et est accouchée depuis très heureusement.

OBs. 21. — MoREAU (Meissner's Forschungen d. Geburtshülfe, 1826-32, t. IV, p.229.)

L'auteur a observé chez une femme en travail qui faisait des mouvements désordonnés, une déchirure spontanée de la symphyse pubienne.

Pendant la descente de la tête, la paroi vaginale antérieure fortement tendue sur les bords tranchants du pubis, se déchira. Malgré cette double lésion, guérison.

8 mois après elle redevint enceinte, mais avorta au 3e mois.

OBS. 22. — GALVAGNI (Riv. clin., 1868. In Schmidt's Jahrbücher, 1869).

Secondipare. Pendant la 2e moitié de sa grossesse, douleurs dans le bassin et le membre inférieur droit.

Accouchement spontané.

Craquement. Écartement du pubis.

Abcès du pubis qui fut incisé. Le fibro-cartilage était arraché du pubis droit.

Guérison au bout d’un an.

OBs. 23. — HupsoN (Schmidt's Jahrbücher, LVIIT. In Œalvagni).

Accouchement spontané. Au 3e temps se produisit un bruit de craquement comparé à un coup de pistolet.

L'enfant pesait 10 à 11 livres ; son crâne était très ossifié.

Mobilité anormale des trois symphyses. Douleur.

Guérison en 7 semaines. fs

2 ans après, cette femme accoucha spontanément d’un enfant pesant 6 à 7 livres.

OBs. 24. — KiwiscH (Krankheitne der Wüchnerinnen, 1re partie, p. 312).

Accouchement spontané.

Le 2e jour, douleur dans les trois symphyses, douleur à la compression des os iliaques.

Formation d'un abcès de la symphyse qui gagne le mont de Vénus, les cuisses et la grande lèvre droite. Incision de l’abcès. L'’os ne paraissait pas dénudé.

Guérison.

OBS. 25. — AHLFELD (Schmidt's Jahrb., 1876).

Primipare de 24 ans.

Accouchement d'un enfant enveloppé encore de ses membranes, après un travail de 15 heures 1/2.

Après l'accouchement, douleurs au niveau de la symphyse, spontanées et provoquées par les mouvements de la malade et la compression du bassin.

Bandage pelvien.

Disparition des douleurs en 8 jours, on put supprimer la ceinture.

b) Cas suivis de’ mort.

O8s. 26.— MOREAU (Meissner’s Forschungen der Geburtshulfe, 1826-32, t. IV, p. 228).

ITIpare de 26 ans. Accouchement prématuré, provoqué au 7e mois pour hémorrhagies répétées.

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Après l’accouchement il persiste une douleur dans la région de la symphyse,

Plus tard formation d'une tuméfaction au mont de Vénus, tuméfaction qui

devient bientôt fluctuante ; fluctuation perceptible aussi dans la grande lèvre gauche.

La femme mourut de fièvre hectique.

AUTOPSIE. — Un abcès entre et sous les grands droits.

Le cartilage est complètement détruit.

OBS. 27. — AHLFELD (Schmidt's Jahrb., 1876, t. CLXIX, p. 187).

P. O..., 32 ans, bien constituée, entre à la maternité de Leipzig, le 20 mars 1870.

Avant l'accouchement, douleurs dans le bassin.

Travail long. La tête, arrivée au détroit inférieur, ne faisait plus de chemin. On mit alors la femme dans la position genu-pectorale. Quand le sommet apparut à la vulve, elle fut mise dans le decubitus dorsal et l'extraction achevée par la manœuvre de Ritgen.

Le soir, fièvre. Douleur violente au niveau de la symphyse qui est disjointe.

Les extrémités pubiennes, distantes de 1 centim. environ, sont mobiles l’une sur l’autre.

Mort le 27e jour.

A l’autopsie, outre la rupture de la symphyse pubienne, on trouve une mobilité anormale de la symphyse sacro-iliaque droite qui était en outre le siège d’un léger degré d’arthrite.

Diamètre du bassin : Bis-iliaque............ 27,7 centim. . Piscréte time ral 29:81»

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