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Les habitants des villages étaient décimés par la fièvre, une fièvre tropicale qui régnait dans ces contrées pleines de marécages ct de terrains incultes. Il est vrai que deux années auparavant on avait entrepris, sous la direction du général Annenkolf, et principalement pour donner de l'ouvrage aux paysans ayant souflert de la mauvaise récolte de 1891, la construction d’une chaussée le long du littoral, de Novorossijsk à Soukhoum, mais cette chaussée était loin d'être terminée à cette époque.
Néanmoins, j'ai été un des premiers qui aient pu
faire tout ce trajet en équipage. Comme il n'y avait’
pas encore de chevaux de poste, je ne pouvais avancer que lentement et le voyage m'a pris près de trois semaines, ce qui en revanche m'a donné la possibilité d'étudier amplement la contrée, nouvelle pour moi. J'ai été émerveillé de tout ce que j'y.ai vu, sous le rapport de ses conditions naturelles, et frappé en même temps du manque presque absolu de culture, de l'absence d'habitants, de l'état de délaissement presque complet où elle se trouvait
depuis que les aborigènes avaient quitté le pays.
C'est à peine si j'ai trouvé cinq ou six propriétaires, résidant dans leurs villas, entourées de vignobles et de jardins fruitiers, parmi lesquels je dois citer Île baron de Steinguel, un des premiers pionniers et viticulteurs de la contrée, M. Sibiriakoff, propriétaire d’un beau château au bord de la mer, acheté depuis
par M. Goloubelf, M. Khloudoff, dont le beau
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