‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 102 sur 140 · LE · texte numérisé non relu

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tête, qui a organisé en 1897 une belle exposition

agricole dont M. Sagnier a rendu compte dans Île

Journal de l'Agriculture. Aujourd'hui cette société fait paraître une publication hebdomadaire consa-

crée aux diverses branches de l'agriculture. Des

syndicats agricoles contribuent puissamment au

développement du commerce de tous les produits . de l’agriculture et de l’industrie rurale ; le syndicat

de Kieff a créé un laboratoire agricole, institué des

‘champs d'expériences, orsanisé des essais de culture 2 te]

des diverses variétés de bétterave, fait l'analyse des semences du commerce, etc. L'Institut polytechnique de Kieff avec une faculté agronomique, compte

,- parmi ses professeurs des savants éminents et un

grand nombre d'élèves, qui viendront plus tard vouer leurs forces et leurs connaissances au développement futur de lacontrée. Enfin, ce qui ne se voit pas souvent, même à l'étranger, une station d'essai

a été crée en Podolie dans un domaine particulier

par son propriétaire, le prince P. Troubetzkoy, luimême chimiste et agronome de mérite ; cette station vient de fêter récemment son dixième anniversaire et compte à son actif des travaux scientifiques importants, qu'elle publie dans ses comptes rendus annuels.

Il serait superflu de pousser plus loin ma description, car de tout ce que j'ai dit il ressort avec évidence que, si l’agriculture a su faire dans cette partie de notre pays des progrès si marqués, c'est gràce

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non seulement à des conditions naturelles exceptionnellement favorables, mais encore et davantage , peut-être, grâce à l'influence bienfaisante de l'industrie sucrière sur l'agriculture, à un régime foncier rationnel, à l’utilisation rationnelle des forces productives de la nature par des agriculteurs éclairés, à l'union des agriculteurs entre eux, et surtout grâce à l'apport de la science, dont la pratique a ici . depuis longtemps apprécié l'importance et à laquelle elle s'adresse avec confiance pour guider ses pas.

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Le littoral Caucasien de la mer Noire. — Premiers procédés de colonisation. — Nouveau système inauguré. — Création de stations d'essais. — Lotissement des terres sur le littoral, — Succès réalisés. — Création de villes nouvelles. — La faune et la flore naturelles. — Richesses minérales. — Principaux caractères du climat.

Avant de terminer la série de mes études sur les choses agricoles en Russie, je tiens à dire quelques mots d’un petit coin de notre vaste territoire, que personnellement je connais €t j'aime beaucoup, notre côte d’azur, je littoral caucasien de la mer Noire. J'y suis un peu chez moi, car du temps où l'on pouvait y acquérir de la terre presque pour rien, j'ai acheté dans la jolie petite ville de Sotchi un hectare de terrain à raison de 4 francs le mètre, dont le prix atteint de 50 à 60 francs aujourd'hui ; j'y ai fait construire une maisonnette, en VÜC de la mer, j'y ai planté un jardin, une vigne, et}y viens de temps en temps me reposer et jouir d'un beau climat, d’un ciel bleu et d’une nature bien différente de celle que nous voyons ailleurs en Russie. Il est vrai queje n'y vais pas seulement pour Mon plaisir,

car j'étais et je reste Encore président d'une commis-

sion chargée de veiller sur les intérêts de la côte, de

prendre Îles mesures nécessaires pour mettre en exploitation ses richesses naturelles, y attirer des colons, y introduire les cultures les plus variées auxquelles elle peut se prêter, grâce à un climat semitropical et à son sol fertile.

Le littoral caucasien dela mer Noire, habité jadis par les Tcherkesses et autres peuplades à demi-sauvages ct insoumises à la Russie, qui pendant plus

d’un demi-siècle nous ont fait une guerre à outrance et qui ont presque tous émigré en l'urquie après que nos armées eurent triomphé de leur résistance, Ctait presque désert lorsque je l'ai visité et parcouru pour la première fois, en 1894, trente ans à peu près après sa conquête. Il n'y avait à cette époque, sur tout le long du littoral, à partir de Novorossijsk au Nord jusqu'à Batoum au Midi, que de petites bour- ‘ gades de quelques centaines d'habitants, qui sont - aujourd'hui des villes florissantes — Touapsé, Sotchi, Soukhoum, — et quelques pauvres hameaux russes, grecs ou arméniens, résultats des premiers essais de colonisation entrepris par le gouvernement après la fuite précipitée des indigènes. Je trouvai ces colons dans la plus grande misère, n'ayant défriché que des lambeaux de terrain, disséminés çà et [à au milieu de la forêt vierge, pouvant à peine pourvoir à leur propre existence, sans chemins ni aucune communication entre eux, car les sentiers existants n'étaient praticables qu’à cheval ou à dos de mulet.

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