È 310 LA RUSSIE AGRICOLE
en s'inspirant de l'exemple et des expériences des
agriculteurs de l’Europe occidentale. J'ai fait une
excursion sur. le littoral caucasien de la mer Noire,
‘mais je n'ai dit mot du reste du Caucase, de la Sibé-
rie, du Tourkestan, ni même de la Crimée, notre région vinicole et fruitière par excellence.
J’ai beaucoup parlé de la situation de nos paysans,
en tâchant de démontrer l'état pitoyable de leur
des propriétaires particuliers.
culture, cause principale de leur misère, à laquelle ils comptent remédier aujourd'hui en demandant à hauts cris, — soutenus et même provoqués
‘par les représentants des partis collectivistes au
sein de la Douma, aujourd’hui dissoute, — lex-
‘ propriation en leur faveur et le partage entre eux
- des terres seigneuriales, quitte à anéantir les meil-
leurs centres de culture que nous possédions, et à ?
réduire tout au niveau de leur agriculture primitive,
‘au risque même de perdre le gain assuré que Poe
procure l'application de leur ai sur les terres ‘ “>;
Dans un volume très détaillé et très documenté que je viens de publier en langue russe sur la situation- de la question agraire en Russie au milief “des troubles que subit notre pays, et à l'encontre des revendications insensées des socialistes, les principaux meneurs de ce mouvement funeste non seulement pour le bien-être mais même pour l'existence du pays, en:tant qu'unité politique, j'ai démontré, chiffres en main, qu'une fois la nationalisation du
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RÉ Reset
RÉCAPITULATIONS sil
sol proclamée, les exploitations particulières détrui- ‘tes, rasées de ‘terre, comme le sont déjà bon nombre de domaines agricoles dans plusieurs par-
-ties de la contrée, et toute la terre partagée entre Îles
paysans, cultivée à leur mode, ces derniers n’en ..souffriraient pas moins que Îles proprictaires spoliés de leur avoir. ‘J'ai fait le calcul, bien approxi- ‘matif sans doute, des gains et des pertes qui en - résulteraient, rien que pour les paysans, et je suis arrivé au chiffre formidable de un milliard de francs
ne pertes nettes par an, en décomptant le revenu
des terres passées entre leurs mains de ce qu'ils
gagnent aujourd'hui en travaillant sur ces mêmes ..terres exploitées par leurs propriétaires, en s’y F appliquant comme ouvriers temporaires ou fixes, cémme bouviers, laboureurs, bergers, jardiniers, etc. J'ai pu prouver qu'aujourd'hui même la part du.tra- . vailleur sur les terres des particuliers dép Jassait souvent celle du propriét aire en tant que revenu net. - J'ai constaté les pertes énormes, incalculables, que
ne Sbirait tout. le pays par la baisse enane des
rendements de ces terres, une fois passées entre les mains des paysans. J'ai prédit le cataclysme épouvantable qui serait le résultat immanquable de cette réforme, préconisée soit-disant au nom du bienêtre du peuple, et devant en réalité n’amener que sa ruine. -
Cette ruine ne se bornerait point à notre industrie agricole, la principale dans Île pays, mais
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s'étendrait à toutes les autres branches de l'industrie, qui viennent à peine de prendre leur essor, amenerait une crise économique générale, un effondrement de notre crédit, un désastre dont la répercussion irait bien loin au delà des limites de notre pays. Mais nos socialistes ne veulent rien entendre, ne s'arré- ‘tent point devant un tel avenir, ce cataclysme entrant dans leur plan de la destruction de la société actuelle, de l'effondrement de l'ordre de choses établi en Russie comme partout ailleurs; au contraire, ils proclament bien haut, que la victoire du socialisme militant en Russie serait le premier pas de son avènement dans le monde entier. auquel la Russie ne ferait que montrer l'exemple et ouvrir la ‘voie. Ici, l'on ne raisonne plus, toute controverse * devient inutile, et l'on engage les paysans à réaliser ces théories hachesen main, mettant le pays à feu et
Ad à flamme, afin d'être Îles premiers à inaugurer une
ère nouvelle pour l'humanité et à fonder une société réformée sur les décombres de l’ancienne. Et Îles paysans, aveuglés et entraînés par les perspectives alléchantes que ces fanatiques font miroiter devant leurs yeux ébahis, sont tout disposés à leur prêter main-forte ; ils continuent leur œuvre de destruction, ils se remettent. à piller, à incendier, à saccager les domaines et les entreprises agricoles des particuliers, au cri de « terre cet liberté », qui -est leur cri de ralliement, trop souvent répété au sein de la Douma elle-même. Aïlleurs, ils procla-
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