‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 120 sur 140 · AE RIT · texte numérisé non relu

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. ment Îa grève générale, ils obligent de force Îles ‘ ouvriers à quitter les fermes où ils sont engagés, ‘sou bien ils leur font exiger des gages es, ‘ tels que 100 francs par mois (outre le logis et la D tre) pour un simple ouvrier, 8 fanes de salaire pour un journalier, etc. Les paysans révol- ités nous prédisent qu'en ne cédant pas, nous ris- T’quons de voir nos récoltes rester aux champs, ou ‘bien ils nous menacent de se les approprier ; par ci par là, ils fauchent les prairies des propriétaires, y 5 mènent paître leurs troupeaux, abattent les bois, les °# parcs et même les arbres fruitiers, en se partageant par avance Îles terres ee Et qui des deux l'emportéra : le bon sens, Îa rai- Son du peuple dans son entier, ou bien ses passions “déchaînées et ne s’arrêtant devant aucun frein et comptant sur la force du nombre ? Pour moi, je n’ai point encore perdu l'espoir ; je crois, malgré tout ce qui gronde autour de nous; que l’acuité de la #ninute actuelle n'est que, passagère. Je prévois bien des conflits, conflits sanglants peut-être, avec bien des victimes des deux côtés ; je ne puis m'empêcher de craindre que tout ce que j'ai exposé dans mes éludes sur la Russie agricole à la veille de la crise, ne devienne biéntôt que de l’histoire, mais je n’en suis pas encore venu à douter définitivement du triomphe en dernier-lieu de la raison et du bon sens contre la folie furieuse dont la victoire entraïnerait tout le pays dans le gouffre. Même à entendre Îles vocifé-

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rations dés socialistes de l’ancienne Douma, je me persuadais de plus en plus qu'ils n'y avaient pas fa “majorité, et que les ruraux, fascinés ou terrorisés par eux, ne les suivraient pas au moment décisif,

: comme ils se sont déjà nettement prononcés contre

toute idée de nationalisation du sol, qui n'entre pas ‘du tout dans leur conception et ne répond point à

leur manière de voir. C’est un pas important de . gagné, c'est une première déroute du parti collecti- … viste, et la scission profonde qui s'était déjà produite : au sein de la Douma nous donnait l'espoir du triom- phe définitif des partis modérés, tout prêts à sou- .

tenir les revendications légitimes des paysans dans

la question agraire et à proposer des réformes, .dont j'ai moi-même démontré la nécessité et : . urgence: au cours de mes ctudes actuelles. Aujour-

d’hui que la Douma n'est plus, c'est au peuple, c’est à la nation entière à choisir de nouveaux représentants mieux inspirés et plus sagaces que les anciens, et à remettre entre leurs mains le sort de la Russie entière, …

En résumant en peu de mots les traits les plus saillants de ces études, et sur lesquels je crois de mon devoir d'appeler encore une fois l'attention de mes lecteurs, ainsi que de mes-collècues au sein de

‘ nos nouvelles institutions législatives, je mets en

première ligne, comme cause principale de la misère des paysans, l’infériorité des rendements sur leurs terres, surtout dans le domaine de la propriété

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. communale. Cette infériorité est due aux modes de culture défectueux que les paysans appliquent, par “suite tant de l'incertitude pour eux dela jouissance des terres, ne leur appartenant pas en propre et que la commune peut leur enlever du jour au lendemain,

- ‘et davantage encore par suite de la répartition de . ces terres en un nombre infini (40 à 50 et quelquefois jusqu'à 100 pour un possesseur) de parcelles, ‘petites et étroites, dispersées sur toute la surface

. "des champs communaux. Un tel état de choses est ‘absolument réfractaire à toute exploitation perfec- .‘tionnée ct assujettit tous les membres de la com-

‘ mune à un mode de culture uniforme, à un asso-

: Jement obligatoire pour tous (ce que les Allemands

‘appellent Flurgsang). Une autre cause de l'infe-

riorité des rendements et du peu de productivité du ‘travail des paysans appliqués à leurs terres est la distance d’une partie de leurs terres de leurs habi-

‘ tations, ce qui leur fait perdre beaucoup de temps

‘rien que pour le trajet de la maison au champ et Je retour, tout en élevant considérablement les

. «frais de culture, en- rendant impossible la fumure de ces champs, etc.

Actuellement, le paysan qui voudrait réduire tous ses lopins de terre en un seul bloc, ou bien transporter sa demeure du village où elle se trouve sur son champ le plus éloigné, ne peut le faire sans l’assenti-

. ment du Mir, qui ne le donne presque jamais. Il ya Done plus, le paysan qui a durant de longues années payé,

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