‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 125 sur 140 · PLACE · texte numérisé non relu

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d’autres régions, leur en rapportent 3 à 4 hectares, en dehors de Ia fertilité naturelle du sol. Ai-je besoin de dire que ceci dépend des soins que le paysan donne à sa terre quand il en a moins, que la concentration du travail sur un espace plus restreint augmente la rentabilité de la terre et ia fait plus productive ?

Tout cela est clair jusqu’à l'évidence, et la voie la plus sûre pour le relèvement des classes rurales est toute tracée : c’est l'amélioration de la culture, c'est la dissémination de la population rurale en vue de la concentration des champs autour de l'habitation du paysan, la création de petites fermes en lieu et place des grands villages qui retiennent aujourd’hui l’agriculteur loin de sa terre, c'est le progrès agricole sous toutes ses formes, auquel l'Etat doit puissamment contribuer par tous les moyens dont il dispose, c'est encore, et peut-être avant tout, la lutte contre l'ignorance du peuple, son instruction generale, gratuite, et dans un avenir plus ou moins proche, obligatoire pour tous.

Par contre, je dois certifier qu'il est des régions, il est des cas où les habitants des villages, dont l'agriculture est la seule occupation ct qui ne peuvent en trouver d’autres à leur portée, sont réellement déshérités par suite de l'insuflisance absolue des terres leur appartenant, et où il est indispensable de leur venir en aide en augmentant la surface du terrain dont ils jouissent, pour leur donner la

possibilité de vivre. Jai déjà mentionné dans une de

.: mes études précédentes les diverses catégories de paysans, qui, pour des motifs que j'ai également développés, n’ont reçu, à l'époque de a libération des serfs, qu'un quart ou un tiers de Îa dotation

‘* normale. Ceux-ci se trouvent souvent dans l'impossi- < ; bilité, vu l'exiguité de leur terrain, non seulement d'y appliquer avantageusement leur travail, maisde ‘baser là-dessus toute exploitation agricole ; ils 4° n'ont ni assez de terre pour y faire une culture tant ‘! soit peu rémunératrice, ni des prairies, ni des pâtu- ‘: rages pour faire paître le bétail et entretenir des *, chevaux de labour. En même temps ils sont, tout ‘’ comme les autres, attachés à ces lambeaux de terrain incapables de les nourrir. Ici, l'État est forccment obligé de réparer le tort que leur a fait la loi sur l'émancipation sans dotation suflisante, ct j'admets même la possibilité d’une expropriation en jeur faveur, dans certaines limites et contre juste indemnisation, des terrains limitrophes, auxquels

‘ils avaient droit et dont ils jouissaient autrefois, mais qui ne leur ont point été alloués en son temps.

: J'admets également l'expropriation dans les cas

relativement nombreux, où des villages entiers sont

privés d’eau, les sources et Îles bords des rivières | étant restés entre les mains des propriétaires ; dans

. d’autres, où la configuration des terres est si défectueuse que les paysans ne peuvent se rendre sur une partie de leurs champs ou prairies autrement qu'en

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