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A l'époque de l’affranchissement des serie “LES paysans libérés ont recu en partage Îles terres qui ‘étaient entre leurs mains du temps du servage, et que l'État a rachetées pour eux à leurs anciens seigneurs; is ont été tenus } restituer dans unc période de cinquante ans, qui touche à sa fin, Îles ‘frais du rachat de ces terres. C'est ainsi que l'abo- jissement du servage s'est fait en Russie sur d'autres bases que partout ailleurs, — les paysans ayant été dotés de terrains (à l'exception des provinces Baltiques, où toutes les terres sont restées entre les mains des seigneurs-barons €t où l'acquisition des terres par les paysans esthoniens et lettiens ne SC fait qu'à l'amiable). C'est donc une grande particu- :jarité que nous rencontrons en Russie : tous les paysans propriétaires, tous exploitant leurs propres . terres, habitant dans des maisons à eux, y revenant après avoir passé une partie de l'année où même .,- une partie de fleur vie, à travailler dans les villes, . dans les usines, etc; ils rapportent chez eux les : épargnes de leur salaire, gagné ailleurs, en plus de ___.Jeur gain sur leurs terres, qui souvent suffit À peine ::°à fes nourrir. D'un autre côté, cet état de chose “| occasionne une fluctuation continuelle des ouvriers et empêche la formation d'une classe d'ouvriers agricoles sédentaires, comme elle existe dans tous des autres pays.
il faut avouer que cette organisation œène beaucoup les propriétaires, pour l'exploitation de leurs
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fermes, car 1l leur manque un cadre d'ouvriers
permanents et ils ne sont jamais sûrs d’avoir à Îcur
disposition la main-d'œuvre nécessaire. Les ouvriers veulent bien vivre chez eux tant que cela leur plaît, tant que leurs parents ne Îles rappellent point, tant qu'ils ne sont pas alléchés par un gain plus élevé ailleurs, quelquefois à l'autre bout de Ja Russie, et même hors du pays, en Allemagne et jusqu'en Amérique; il est des provinces en Russie d’où les ouvriers partent chercher fortune dans les Etats-Unis, non en qualité d’émigrants, mais pour deux ou trois ans, et d'où ils rapportent un- joli magot, la main-d'œuvre étant bien mieux rétribuée en Amérique qu'en Russie. C’est donc une migration, mais nullement une émigration que nous constatons dans ces cas-la. En même temps, cette migration se faisant tous Îles ans dans l’intérieur du pays, et menant les ouvriers nécessaires dans les provinces du Midi et du Sud-Est, où la population locale ne peut suflire à l'exploitation des vastes terrains très peu peuplés de ces régions, en facilite l'exploitation, surtout avec l'aide des machines agricoles, telles que faucheuses, moissonneuses, machines à battre à vapeur, etc., exploitation qui serait impossible si l'on ne devait y compter que sur la main-d'œuvre locale.
A côté de cette fluctuation périodique d'ouvriers, — du nord au midi et à l'est au printemps et au
commencement de l'été, et dans la direction contraire
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à l'approche de l'hiver, — fluctuation facilitée par des tarifs considérablement réduits de chemins de Le fer ct même par l'organisation, à des époques déterminces, de trains spéciaux pour les ouvriers, il existe une véritable émigration. du surplus de la population se dirigeant des provinces du centre ct de la petite Russie (de l'Ukraine) vers la Sibérie, les provinces du Nord et de l'Est, et en partie vers le Turkestan et le Caucase. Cette émigration, dont le chiffre varie de 150 000 à 200000 âmes par an, se fait sous les auspices du gouvernement qui’prend à tâche de soulager autant que possible le voyage toujours pénible des émigrés et de faciliter leur établissement dans les lieux de destination, qu'ils ont la faculté de choisir eux-mêmes, après l'envoi préalable d'hommes de confiance délégués par eux pour l'examen des terres préparées pour les recevoir. Cette préparation, qui consiste en la formation de lots de terrains destinés aux migrants, se fait par les employés du ministère que j'ai eu l'honneur de diriger, dans les provinces où les terres abondent et peuvent servir à l'établissement des émigrés sans préjudice pour ia population locale de ces contrées. Après avoir abandonné leurs terres dans leurs lieux d'origine à leurs confrères, restés sur place, après avoir vendu leurs maisonnettes et tout leur pauvre avoir pour réaliser quelques sous, rarement suflisants pour couvrir les frais du voyage pénible et lointain qui les attend, et pendant lequel l’administration
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