‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 28 sur 140 · PETITS · texte numérisé non relu

PETITS

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taires particuliers sont tout aussi intéressés que les paysans à ce que la situation actuelle soit modifiée. Il faut que les paysans aient la possibilité de vivre et de satisfaire à leurs besoins les plus criants, sans être, d'une part, exploités par leurs voisins ct sans que les droits, les intérêts de ces derniers soient lésés à chaque instant. Alan muss leben und leben lassen, — disent les Allemands, — il faut vivre et laisser vivre les autres, il faut que la paix, les bons rapports entre voisins se rétablissent. Les désordres agraires qui ont éclaté dans bien des localités, et qui ont eu des résultats bien funestes tant pour Îles propriétaires dont les fermes ont ét” ‘’astées et mises à feu et à flammes, que pour les agresseurs qui ont subi les plus lourdes condamnations, —n'ont eu, pour la plupart, d'autre cause que cs rapports insupportables pour les deux côtés, — uné Kxploitation sans merci de la misère des paysans d'une part, et cette même misère, l’acharnement contre les oppresseurs d'une autre. I faut, avant tout, faire des lois qui garantissent Îles intérêts et qui sauvegardent les droits de tous. If faut la délimitation des terres, pour que chacun sache bien ce qui lui appartient et ce qui est à son voisin. Il faut faciliter aux paysans l'acquisition, avec, subvention de l'Etat et avec l’aide de la Banque foncière dite des paysans, des terres qui leursontindispensables, sans lesquelles leur existence devient souvent impossible.

D'aucuns prétendent qu'il faut recourir, dans ces

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cas-là, à l’expropriation obligatoire des terres appar-

tenant aux particuliers, pour cause d'utilité publique. : Je crois, au contraire, qu’il serait dangereux d'entrer - dans cette voie; mais je suis persuadé que dans bien des cas les choses pourfaient s'arranger à l'amiable. Beaucoup de propriétaires auraient certainement . consenti à céder aux villageois voisins les terres, les prairies, les pâturages, dont ces derniers à : pas se passer; ils leur auraient ouvert libre péssage - vers les pièces d'êau servant d'abreuvoir, à titre de . servitude: lég gale, moyennant rétribution conentic des deux parts et approuvée par ün tribunal un

arbitre quelconque. La situation actuelle est trop.

‘ sCrieusc, trop grosse de conséquences funestes pour que le FA ET ne s'en mêle ct n'y regarde dé plus près. Ce n’est plus de l'augmentation des terres appartenant aux paysans qu'il s'agit ici, ce sont les intérêts vitaux des populations rurales qui sont ‘en jeu, et auxquels l'Etat doit subvenir dans la mesure du possible, en reconnaissant leur 1mportance capitale pour le bien-être et la sécurité du pays. Les désordres agraires dont nous avons éte les témoins, et auxquels on attribue à tort un caractère

révolutionnaire, nous en donnent une bonne leçon.

dont il ne faut pas manquer de GERS si l'on veut les éviter pour l'avenir.

Une autre question présente encore une certaine importance dans notre vie rurale, c'est celle des baux de ferme ou plutôt de la location des terres

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… pour ensemencement, et elle se présente aussi sous

un tout autre point de vuc chez nous que dans les pays étrangers. S'il est dérisoire de rêver à ce que chacun soit propriétaire foncier et puisse avoir de la

‘terre à satiété, si l’idée de la nationalisation de la

terre est une idée anti- -économique "et anti-: ao ronomique, il faut néanmoins que ceux qui possèdent les capacités et les mayens nécessaires aient la possibilité de prendre en fermage Îles terres que les propriétaires ne peuvent ou ne veulent exploiter eux-mêmes, dans des conditions garantissant. les intérêts des deux parties contractantes. Or, il n énest rien en Russie. Notre législation n’a presque pas touché a ce sujet, autrement que pour Îe, placer dans des conditions absolument désavantagct ses ct non pratiques. Ainsi, la loi défend de mettrà les

‘’- terres en fermage pour une période de plus de douze

ans. Il est évident que dans bien des cas, quand un

‘fermier veut prendre à bail un bien ruiné ou dépourvu

des bâtiments nécessaires pour son exploitation,

‘quand il s’agit de défricher des terres incultes,

de mettre à sec des terrains marécageux ou d’entreprendre des travaux d'irrigation sur des surfaces dépourvues d'eau, un tel terme est absolument insuffisant ; le fermier ne pourrait rentrer dans ses frais.

Cette loi a:eu évidemment pour but de protéger les

possesseurs futurs contre des agissements irréfléchis,

‘contre des contrats onéreux faits par leurs précur-

-" seurs, mais le remède n'est-il pas dans bien des

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