‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 33 sur 140 · ra ‘ae · texte numérisé non relu

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d’avoir jamais eu recours aux tribunaux dans mes rapports avec mes loucurs ; nous les terminons toujours à l'amiable. Il est vrai que souvent j'ai dû consentir à de grands rabais, mais je trouvais qu'il n'était que juste pour moi de souffrir des mauvaises récoltes tout comme mes loueurs, quitte à me dédom- mager comme eux pendant les bonnes années. De cette manière, nous nous tenons réciproquement. Il me serait même difficile de changer ce système, de ne plus louer une part de ma terre aux paysans ct de l'exploiter moi-même en entier, car les paysans, mes voisins, auraient beaucoup de peine à s'en passer, mes terres suppléant aux Îcurs et faisant, pour ainsi dire, partie inhérente de icur ménage. Avec ce système, toute espèce d'amélioration dans la culture deschamps est nossible ; quand je cède mes loueurs des terres bicii fumées, ils me les payent davantage ; je leur fais cultiver les plantes que je veux ct que comporte l’assolement adopté ; je Îeur fournis des semences, quitte à ce qu’elles me soient restituces, après la ei . ;1l est des cas où le propriétaire leur prète les outils nécessaires pour faire des labours profonds, ou les fait avec ses proprescharrucs, en augmentant d'autant le prix de fermage, etc.

Les avantages de ce système ne se bornent pas encore là — tant pour le propriétaire que pour le loucur. Quand le premier exploite lui-même une bartic de son bien et loue le reste aux paysans,ilne reçoit que rarement toute la redevance de ce dernier en

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espèces. J'ai dit plus haut que nous manquions souvent d'ouvriers à demeure. Vu la superficie relativement grande des terrains que nous cultivons, il nous serait difficile, sinon impossible, d'exécuter tout le travail seulement à l’aide de nos ouvricrs fixes, d'autant plus qu'à raison des conditions physiques de notre pays, — sur lesquelles je reviendrai dans une de mes études futures} certains travaux, tels que l’ensemencement, la moisson, etc., doivent être faits dans le plus bref délai possible, autrement nous risquerions de subir des pertes considérables. Nous ne pouvons entretenir toute l’année ni assez d’ouvriers,'ni assezde bêtes detravail. ni même avoir assez de machines agricoles, — faucheuses, moissonneuses, — pour pouvoir nous passer d'une maind'œuvre supplémentaire. Or, cette main-d'œuvre n'est pas toujours facile à trouver au moment où l’on en a le plus besoin, d'autant plus que tous la demandent en même temps ; les salaires montent alors à des hauteurs prodigieuses, si l’on ne s’est point pourvu d'ouvriers d'avance. C’est ici que nos loueurs nous viennent en aide et nous tirent souvent du plus grand embarras, des risques même de perdre toute notre récolte. Au lieu de nous payer leur redevance en argent qu'ils n’ont passouvent disponible, ils nous offrent leurs services pour faire nos semailles, pour moissonner nos champs, etc. Les prix de ces travaux sont fixés d’avanceet entrent dans nos contrats, — sinon, ils sont discutés au moment même

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