‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 32 sur 140 · NE · texte numérisé non relu

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lui-même qui exploite. Ainsi, très souvent, — et je suis moi-même dans ce cas, — Île proprictaire ne

possède ni les capitaux, ni le cheptel nécessaires pour exploiter tout son domaine à son propre compte. Ne gardant pour soi qu'une partie de ses terres, autant qu'il peut en cultiver, — il loue le reste aux paysans, toujours pour une année et par petites parcelles, mais sans avoir recours à de tierces personnes, — et en observant assolement adopté, de trois, de six ans, etc. Les paysans prennent tant qu'ils veulent de terre dans les: divers champs de l'assolement, et Île propriétaire garde pour lui les autres, les champs de trèfle, les luzernières, etc. Quelquefois il met comme condition du bail la fumure de la terre par le loueur, ou à proprement parler le transport du fumier de la ferme au champ, — car il est évident qu'on ne peut exiger du loueur qu'il mette son fumier sur une terre dont il n’a la jouissance que pour te année.

On se demandera pourque. on ne [a lui donne point pour une plus longue durée? Ce serait certainement beaucoup plus rationnel. Mais généralement le paysan ne veut pas s'engager pour un terme plus ou moins long, il craint dese ri squer, et ses besoins varient selon les années; tantôt c'est un champ pour seigle qu'il lui faut, tantôt un champ d'avoine, de pommes de terre, etc. En outre, les prix de fermage des terres varient considérablement d'année en année ; après une bonne récolte, quand le paysan

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est plus riche, quand il y a un grand nombre de

compétiteurs, les prix haussent ; après une récolte

mauvaise, le paysan manque de moyens, il se sent

“découragé, il craint de se risquer encore, les prix

baissent considérablement, et souvent, comme cette

année-ci, nous ne trouvons même pas à placer toute la terre disponible.

.. Je dois répéter ce que j'ai dit plus haut, que la

classe des fermiers manque pressue absolument

dans nos parages, et que le paysan qui loue nos

F. terres n’a nullement le caractère d’un fermier. Il ne

R s’y transporte point, n'y fait aucune bâtisse, même

la plus légère ; — il continue à résider chez lui,

‘dans son village, et ne.vient sur la parcelle de terre

louée que pour la labou 2r, l’ensemencer et plus

tard pour faire la coupe, uns fois la récolte mürie ;

la moisson achevée, il emporte tout chez lui, il4 y

| procède au battage, il emmagasine ou vend Île

. grain, il donne la paille à son bétail. Une fois sa

redevance au propriétaire payée, tous leurs rapports

sontterminés, quitte à les reprendre l’année suivante.

Dans ces conditions, ce sont toujours les paysans

des environs, nos voisins, qui sont nos loueurs Îles

plus sûrs, — car il leur serait diflicile de louer

. des terres au loin, d'où lè transport de la récolte

serait trop pénible et onéreux. Aussi nous, — Îles

propriétaires exploitants, — nous Îles ménageons et

leur faisons toutes sortes de concessions dans Îles

mauvaises années. Ainsi, je ne me souviens pas

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