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à plus de 4 millions d'hectares. Mais de ces 4 millions la majeure partie est déjà entre les mains de ces mêmes paysans, en tant que loueurs fermiers. Vouloir y établir des colons venus des gouvernements où la population est trop dense, c'est certainement possible ; mais il faudrait pour celacommencer par enlever ces terres aux paysans locaux qui en ont la jouissance aujourd'hui, c'est-à-dire les déshériter ; je ne sais pas si ce serait d’une bonne poli-. tique. Ce serait provoquer des protestations et un mécontentement profond de la part de leurs possesseurs actuels. On pourrait également les offrir à ces derniers à titre.de dotation, ou sous condition de rachat ; mais ce serait enrichir une part si infime de la population qu'une telle mesure n'aurait qu'une importance absolument secondaire ; la grande masse des paysans, que ce bienfait ne toucherait pas, la trouverait même probablement absolument injuste.
Ce n’est donc point sur les domaines de l'Etat que l'on peut compter pour l'amélioration du sort des paysans, mais encore ct toujours sur l'amélioration des procédés de‘culture, sur la régularisation des arendes, sur une organisation rationnelle de l'émigration au sein même de l'Empire, sur la décentralisation des masses de la population agglomérées dans des villages regorgeant d'habitants, sur la délimitation des terres, sur l'acquisition des terres par les paysans avec l'aide des banques foncières de l'Etat, sur une politique agraire saine ct raisonnée,
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