‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 39 sur 140 · À US , PA · texte numérisé non relu

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de l'Empire, où l'Etat ne possède généralement aussi que des forêts, il lui est impossible de Îles aliéner et de les laisser abattre et défricher, car la conservation intacte de ces forêts et leur exploitation rationnelle constituent des devoirs sacrés pour l'Etat, en vue des besoins de la population ellemême, qui souvent n'a point d'autres sources que. ces forêts pour se procurer le bois de chauflage et de construction. L'Etat ne peut et ne doit pas s'en défaire et sacrifier à l'intérêt du moment le bienêtre des générations futures ; l'Etat ne peut ignorer l'influence que les forêts exercent sur le climat, sur les sources, sur les cours d'eau. I est vrai que cette influence est matière à discussion et qu'elle est même niée par des partisans du déboisement à outrance, fort nombreux en Russie et qui prétendent se baser sur des données scientifiques. Mais sans me lancer dans cette discussion, quoique personnellement absolument persuadé du contraire, je crois impossible à l'Etat, qui a édicté une loi protégeant même les forêts des particuliers, n’autorisant Îles défrichements que dans des conditions spéciales, à l'Etat qui déclare certaines forèts avoisinant Îles cours d'eau et les sources, couvrant des espaces sablonneux qui se transforment aisément, la forût abattue, en sables mouvants, comme biens d'utilité publique, — d'entrer dans la voie du déboisement qu'on préconise, sans se demander sérieusement quels seront les résultats d’une telle politique dans l'avenir.

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Tant que j'étais à la tête du Ministère de l'agriculture et que j'avais les forêts de l'Etat sous ma direction, je croyais de mon devoir non seulement de conserver ces forêts intactes, mais encore d'en agrandir la surface, tant par l'acquisition des forèts des particuliers qui voulaient s’en défaire, que par des plantations d'essences forestières dansles steppes dénudées du midi de la Russie, sur les montagnes, sur des terrains sablonneux impropres à la culture agricole, etc. Pendant les douze ans que je suis resté ministre, le Département des forêts dé l'Etat, grâce à son directeur distingué, M. Nikitine, qui plus tard fut mon adjoint, et grâce à l’activité de tout notre corps forestier, dont je ne me suis séparé qu'avec regret, a, par une exploitation rationnelle, plus que * triplé le rendement de ces forêts, et je crois de la plus sage politique pour mes successeurs de persévérer dans cette même voie. Je’ne nie point qu'il y ait, dans Îles gouvernements du Nord et du Nord-Est, des espaces plus ou moins considérables qui, comme forêts, ne présentent pas une grande valeur et peuvent sans aucun risque, et même avec tout avantage, être défrichés et mis à la disposition de colons; mais ceci se faisait tout aussi bien de mon temps, et ce n’est certes pas là que se trouve la solution de la question agraire. |

… Quant aux terres propreinent dites, non couvertes de bois, terres arables ou propres à la culture, appartenant à l'Etat, leur surface ne se chiffre pas

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