‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 45 sur 140 · A CN · texte numérisé non relu

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revenir, cest que les terres les plus fertiles de nature (notre terre noire ou tchernozème) souffrent plus de la sécheresse que les terres sablonneuses, par exemple; les terres labourées profondément perdent plus de leur humidité naturelle que les terrains labourés superficiellement; les terres fumées abondamment donnent une récolte inférieure. à celles qui n'ont reçu aucune fumure, se dessèchent, sont brülées par le soleil plus facilement que ces dernières, etc. C'est à douter, quelquefois, des préceptes de culture les plus rationnels, quand ni labours, ni fumure, ni bonné semence, rien n'y fait, la sécheresse détruit tout, sans distinction. En outre, nous connaissons d’autres fléaux, et toujours dans les mêmes régions qui sont le plus exposées à la sécheresse : diverses variétés de sauterelles, ja mouche de Hesse, le spermophyle (petit animal rongeur), des larves de différents insectes nuisibles, qui rongent nos champs sans merci. Je ne nie point qu'il n’y ait de remèdes contre tous ces maux, mais il s'agit de les trouver, et la science agronomique ne nous les donne encore pas toujours. Ces problèmes-là, nos stations d'essais, nos champs d'expériences, nos fermes modèles sont appelés à les résoudre, et ils le seront tôt où tard, quand toutes ces questions seront étudiées mieux qu'elles ne le sont aujourd’hui, d'autant plus que notre pratique agricole nous en pose souvent de telles que les pays étrangers ne connaissent point.

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Et néanmoins, je suis heureux de pouvoir constater, preuves en mains, que notre agriculture fait des progrès palpables, quoique lents, malgré toutes les conditions, si funestes quelquefois, qui l'entourent. Et ces progrès se réalisent, à des degrés différents, il est vrai, tant sur les terres des propriétaires que sur celles des paysans. Ainsi, je dois constater l'adoption d’assolements rationnels avec pommes de terre, betteraves, plantes fourragères, etc., dans un grand nombre de propriétés particulières, et même dans toutes pour certaines régions, au Nord-Ouest, dans quelques gouvernements du Centre et du Nord, dans le Sud-Ouest, les parties les plus avancées de l'EmpirefSous le rapport agricole. Les paysans ont, souvent même, abandonné l’ancienne sokha, instrument aratoire des plus primitifs, et l'ont remplacée par des charrues perfectionnées, tant importées de l'Allemagne et de l'Angleterre (charrues de Sack, d'Eckert, de Ransome et d’autres maisons universellement connues) que fabriquées dans l'intérieur du pays, surtout depuis que notre régime douanier a accordé une certaine protection à notre industrie nationale, protection qui ne s'étend plus, du reste, aux machines agricoles fabriquées chez nous, comme cela était auparavant, au détriment de notre agriculture; pour celles-ci, les droits d'entrée ont été supprimés grâce à l'intervention du Ministère de l’agriculture, comme pour les engrais chimiques, les insecticides, etc.

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