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quelle perte énorme en résulterait pour la richesse de notre pays. Et ce ne serait certes pas tout encore. Que deviendraient nos cultures les plus intensives, celles de la betterave pour sucrerie, de la pomme de terre pour la distillerie, — quel sort serait réservé à ces mêmes sucreries ct distilleries, qui présentent un capital engagé de plusieurs centaines de millions ? Ce serait un nivellement général, soit; — mais un nivellement à l'encontre non de la prospérité des classes rurales, mais de leur misère encore plus prononcée que celle d'aujourd'hui, et sans [a moindre lueur d'espojr dans l'avenir. Ce serait un cataclysme épouvantäble que ces théories nous réserveraient, si celles avaient Ia moindre chance d’être réalisées; mais la raison, comme le bon sens des classes rurales elles-mêmes, au profit desquelles elles sont soi-disant formulées, ne s'y laisseront pas séduire. Ce serait douter .du peuple russe, que de croire qu'il pourrait en être autrement.
Continuant l'examen des chiffres précités, nous ne pouvons pas, malheureusement, ne pas en venir à une autre conclusion, assez défavorable pour notre agriculture: c'est le rendement relativement inférieur de nos terres, par rapport aux rendements moyens des terres dans les autres pays de l'Europe, et même aux Etats-Unis d'Amérique qui se rapprochent le plus de la Russie par le caractère extensif de leurs cultures. Ceci s'explique par différentes raisons, dont l'infériorité de nos modes de culture n'est
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peut-être pas la principale, comme on pourrait le croire, quoiqu'elle y soit certainement pour beaucoup. Mais il est certain que les conditions climatériques y jouent un rôle des plus importants. Ainsi, il est des années, comme celle de 1891, comme l'année 1905 où, dans bien des gouvernements de la Russie, la récolte a été pour ainsi dire nulle, où la terre n'a même pas toujours rapporté la semence, et où l'Etat se voit dans la nécessité de fournir aux
populations rurales — à titre de prèt presque jamais remboursable en réalité, — du seigle, de
l’'avoine, etc., non seulement pour leur subsistance pendant l’année, jusqu'à la récolte prochaine, mais méme pour l'ensemencement de leurs terres. Les années de bonnes récoite# quoique bien au-dessus de la moyenne, ne sont néanmoins pas en état de couvrir les minima des années de disette, et c'est ce qui abaisse considérablement la moyenne, laquelle serait tout autre si l’on ne tenait compte que des annces normales. Ces années de disette, dont nous souflrons périodiquement, sont inconnues aujourd'hui dans les pays de l’Europe occidentale et même dans certaines parties de la Russie, le Nord et le Sud- Ouest, par exemple; elles ne tiennent exclusivement qu'a des causes climatériques, — les sécheresses épouvantables dont nous souffrons bien trop souvent, hélas, et devant lesquelles sont impuissants, quelquefois, les procédés de culture les plus perfectionnés.
Un fait bien curieux, et sur lequel j'aurai encore à
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