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été touché par la charrue possède une structure tout à fait particulière, pour ainsi dire granulcuse, qu'il conserve dans les profondeurs de sa couche, . tandis
que la partie supérieure, une fois labourée, perd
petit à petit cette structure ; les sgranules s’émiettent, la terre acquiert une constitution poudreuseen temps
:. de sécheresse, s’agolomère en mottes ‘en temps
humide et se couvre d’une croûte plus ou moins compacte si les pluies durent longtemps, si elles ont le caractère d’averses, bientôt suivies de fortes chaleurs, etc. Le tchernozème nouvellement défriché, dontles granules ne sont pas encore désagrégés, reste plus longtemps sans se couvrir d'une croûte superficielle, l'eau des pluies le pénètre plus facilement et la terre en profite davantage, conserve plus longtemps l'humidité, au grand profit des plantes que l'on cultive. Au contraire, dans les terres cultivées plus anciennement et qui ont perdu Îeur struc-
.' ture primitive, la croûte superficielle empêche l'eau
. de pénétrer plus avant ; cette eau reste à la surface
du sol, forme des mares, ou bien s'écoule sile. champ
est plus ou moins incliné, s'évapore bientôt en temps chaud et consolide la croûte encore davantage. Si
». les chaleurs continuent, il se forme dans cette croûte
tout un réseau de crevasses qui activent l’évaporation de l’eau des couches sous-jacentes, et la dessiccation du sol ne fait qu'augmenter.
Quand on laboure un champ tout neuf, ou bien une luzernière, un champ de trèfle ou un terrain couvert
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d'une plante herbacée quelconque, à fort développement de racines, ces racines, s'enchevêtrant lesunes dans les autres, forment un gazon superficiel ; la * . charrue coupe ce gazon en bandes presque ininterrompues, le renverse et dépose une bande sur l'autre, les bandes renversées laissent l’eau pénétrer facilement dans l’intérieur du sol par leurs intersticës, ce qui est tout aussi favorable pour la terre que pour les plantes.
On tâche de prévenir la désagrégation de ces bandes de terre gazonnée aussi longtemps que possible. En labourant la terre une seconde fois, la première récolte enlevée, on évite de pratiquer les labours à travers les bandes, pour ne point les couper, les mettre en pièces, et on dirige la charrue parallèlement à leur direction, quitte à faire revenir
- au jour leur surface gazonnée, sous laquelle les restes des végétaux, avec leurs enchevêtrementsde racines, ont déjaeu le temps de se décomposer plus ou moins, surtout si la saison a été assez humide pour activer cette décomposition. On obtient ainsi pour une seconde fois encore un champ à surface inégale, à bandes parallèles, comme la première année, seulement renversées. Pendant ces deux premières an-
nées, on évite tous les procédés de culture propres à favoriser la destruction des bandes de terre, on ne laboure lechamp qu'une fois avant les semailles, généralement dès l’automne ; on ne herse que superficiellement, et l’on ne recouvre pas la semence autre-
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ment qu’au moyen de la herse. Les bandes de terre - non encore désagrégées restent encore assez com-
pactes, la terre est dure, et toutes les plantesnes'en contenteraient point. Ainsi, il est impossible de cultiver sur un champ de ce genre du blé d'hiver, qui demande un sol beaucoup plus meuble ; en revanche, les blés de printemps y réussissent à merveille, et surtout les blés durs, à forte dose de gluten, qui sont les plus appréciés sur le marché ; le lin pour semence et le millet y réussissent également bien ; on choisit aussi ces terres de préférence
pour la culture en grand des melons et pastèques.
Pour montrer à quel point la fertilité des terres vierges, nouvellement défrichées, est grande, combien elles sont appréciées par le cultivateur, il me suffit de dire qu’en les donnant en baïl, on obtient facilement un prix égal au tiers, si on ne Îes cède que pour une année, et jusqu'à la moitié de leur prix de vente si on les loue pour deux ans. Il est évident que cette grande fertilité du sol, durant ces premières années de culture, est due non à sa composition chimique, qui ne peut varier du jour au lendemain, mais principalement à sa constitution et à ses propriétés physiques, qui au contraire se modifient bien vite. |
Les deux années écoulées, on commence à appliquer les procédés de culture habituels : labourage à travers les bandes de terre, dont il ne reste bientôt
plus de trace ,enfouissement des semences plus pro- + 0
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fond, etc. L’assolement que l'on observe généralement dans Îles contrées où domine la culture extensive, où l’on peut encore abandonner la terre à ellemême après quelques récoltes, pour fui donner ensuite une période plus ou moins longue de repos (douze, quinze, vingt ans et au delà), ne varie que dans les détails et prend le plus souvent la forme suivante :
| 1 année : melon et pastèque, ou blé dur, ou
millet, ou maïs (au Midi);
2° année :: blé dur, ou millet, ou lin pour semence ;
3° année : lin, ou blé d'été;
4° année : orge, ou petits pois, ou lin;
5° année : petits pois, où orge, ou sarrasin;
6° année : avoine.
Après la sixième, quelquefois la huitième année, la terre n’est plus cultivée et on la laisse en friche. I est à remarquer que ni le blé d'hiver, ni le seigle ne figurent dans cet assolement, car on neles cultive que peu dans le Midi de la Russie. Aïlleurs, si l'on sème des céréales d’hiver, on ne leur donne que la quatrième ou la cinquième place dans l'assolement en les faisant généralement précéder par une année de jachère.
On voit à quel point cette suite de cultures est fatigante pour la terre. Aussi, vers la fin de la période culturale, ne peut-on compter. sur la réussite que des plantes moins exigeantes, telles que ie sar-
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