‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 95 sur 140 · NO · texte numérisé non relu

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mémoire du défunt agronome dont j'ai parlé dans mes études précédentes, située dans le gouvernement de Samara, c'est-à-dire dans une des régions souffrant le plus de la sécheresse, en étudiant la flore naturelle des steppes voisines, a récemment mis la main sur deux plantes herbacées auxquelles elle a découvert des qualités supérieures, et en première ligne celle de supporter les sécheresses les

. plus intenses, de se contenter des sols les plus variés

et les plus arides, tout en donnant du foin nutritif

en assez grande abondance. Ce sont deux espèces :

de Zriticum, presque inconnues jusqu'ici, et dont les graines ne se trouvent pas encore dans le commercé, le Z'riticum cristatum et le Triticum desertorum. Au dire d’une brochure publiée par l’ancien inspecteur de l'agriculture du gouvernement de Samara, elles donnent, d’après les expériences de la

station Kostischeff, jusqu'à 4.400 kilogrammes de

foin à l’hectare dans les bonnes années, et dans Îles mauvaises, c'est-à-dire en temps de sécheresse, les coupes en sont toujours supérieures à celles de toutes les autres plantes fourragères. Ceci s'explique par le développement de leurs racines, qui pénètrent à une grande profondeur dans le sol. De mon côté, Je fais l'essai de la culture de ces plantes intéressantes

sur mon champ d'expériences de la Grande-Ales-:

chnia, gouvernement de Riazan, mais comme elles n'ont été ensemencées que l’année derniere, je ne pourrai en voir les résultats qu'avec le temps.

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| Néanmoins, si même l'expérience vient confirmer ces dires, la question d’une bonne plante fourragère conforme à nos conditions n’en sera pas résolue, car ces deux herbes, tout comme celles dont j'ai parlé plus haut, sauf le trefle qui nous fait faux-bond, appartiennent à la classe des graminées ; leur introduction dans l assolement ne peut nous RER des résultats importants pour l'enrichissement de nos sols en matières azotées, que nous ne pouvons attendre que des légumineuses. En fait de légumineuses, sauf les plantes annuelles, telles que vesces, etc., je ne connais guère que la luzerne etle sainfoin qui nous donnent des résultats satisfaisants. Et encore, pour de sainfoin, son rendement est chez nous généralement assez maigre, sa récolte en temps sec et chaud est dificile, car il s’effeuille trop facilement ; aussi nous en tenons-nous aujourd'hui, du moins dans la région de la Russie à laquelle s'adressent particulièrement mes études, presque exclusivement à la luzerne. Celle-ci supporte I sécheresse mieux que toutes les autres plantes sans distinction, grâce à ses racines qui pénètrent si profondément dans Île sol qu'elles y trouvent toujours la provision d'eau nécessaire ; la luzerne reste verte et se développe Ne ET quand tout autour tout est desséché, brülé par le soleil ; les champs de luzerne sont alors comme des oasis verdoyants qu'on aper- çoit de loin. On prétend néanmoins que la luzerne ne sypporte pas toujours les froids de nos hivers,

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surtout si la neige manque pour la recouvrir; Île fait est exact, mais exceptionnellement rare. Dans

, ma pratique personnelle, se rapportant à une qua-

rantaine d'années, je ne me souviens que de deux années où la luzerne ait péri er hiver, sans qu'il en restât un seul pied vivant. Aussi des cas si exclusifs ne peuvent nous arrêter dans la culture de cette plante, qui est, de ce fait, la seule légumineuse dont nous puissions profiter avec le plus de chance de succès.

Seulement, ici encore, le caractère de notre climat, la durée relativement courte de la saison chaude, ne

‘ nous permettent point d'obtenir les résultats que la

uzerne donne ailleurs, dans les pays où elle trouve des conditions plus favorables à sa croissance. Ainsi, tandis que, dans Îles localités à période de végétation plus prolongée, la luzerne peut donner troisou quatre coupes consécutives, et même davantage, durant le printemps, l'été et l'automne, nous ne pouvons jamais compter sur plus de deux coupes, ce qui amoindrit certainement de beaucoup la masse de fourrage que l'on en obtient. C'est le seul côte relativement défavorable de la culture de cette plante dans ces parages, mais elle est néanmoins pour nous la meilleure des légumineuses fourragères et nous convient plus que toutes les autres. On la cultive généralement de deux manières : ou bien on la

: fait entrer dans l’assolement régulier multiennal, où

elle occupe quatre ou cinq soles, en apportant aux

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