CHAPITRE I
Description de la £,ussie^ sa longueur, sa largeur et les noms de ses Provinces.
La ilusbie. était appelée autrefois Sarmatie. On suppose qu'elle prit son nom actuel, lorsqu'elle l'ut séparée eu plusieurs petits états absolus qui étaient indépendants les uns dos autres : Jiîisse signifiant dans la langue du pays: séparer , diviser. Les Busses racontent que quatre frères, Truvor, Ruric, Sinaus et Varivus se partagèrent le nord de la contrée, et que le sud fut possédé par quatre autres, Kio, Sciéko, Choranus ainsi que leur soeur Libéda, chacun donnant son nom à ses état|. A cause de ce partage advenu yers Tan du Christ 860, le pays se serait, appelé la Russie. (4uant èk la conjecture que je trouve dans quelques cosmographes, et d'après laquelle le peuple Russe tii'erait son nom des Roxo-
lans, et en descendrait, elle n'est guère
probable, d'abord en raison de cette étymologie, qui est tirée de trop loin, et ensuite parce que d*après Strabon les Koxolans habitaient entre le Bon et le Dnieper, et par conséquent, dans un pays très différent de le Kussie.
Lorsque le pays s'appelait Sarmatie, il se divisait en deux parties principales: la-Sarmatie blanche et la Sarmatie noire. La première comprenait tout ce qui est au îsord et du coté de la Livonie, c^est à dire les provinces actuellement appellées Dvina, Vagba; Oustiouk, Kargopol, Novgorod. La métropole était Veliki-Novgorod. La Sarmatie noire consistait dans les régions qui s'étendent au Sud jusqu'à la Mer îfoire, telles que les duchés de Vladimir de . Moscou, Eiazan etc.
Quelques uns ont pensé que le nom de Sarmatie vient d'un certain Sarmatès, que Moïse et Joseph^ nomment Asannatè^, et qui était fils de Joktan, neveu d'Héber, et de la race de Sem. Ce n'est qu'un conjecture fondée uniquement sur une ressem- Uance de norm; Moïse place les descendants de Joktan entre Mécha, montagne des Ammonites, et Séphace, qui se trouve
près de TEuphrate. Il est donc peu probable qu'Asarmatès ait pu fonder si loin UDc colonie dans le ^ord. et le JSford-Ouest.
Le Sannatie est bornée au Nord par le Laponie et l'Océan du Nord; au Sud, par les Tartares Crùn^)] à TEst, par les Tartares Nogaïs, qui possèdent toute la région à Test du Yolga, jusqu'à la Caspienne; à rOuest, par la Lithuanie, la Livonie et la Pologne.
Le pays est maintenant réuni sous le gouvernement d'un seul. Voici ses principales provinces: Vladimir^ qu'on nomme la première dans la titre impérial ^ parce que la famille régnante descend des ducs de ce pays; Moscou 9 Nijni- Novgorod, Pleskov, Smolensk, Kostov, Yaroslavl, Biélo-ozéro, Bézan (Eiazan?), Dvina, Kargopol, Mestchousky Yagba, Oifstougha, Ga^tcbe. Ce sont les provinces qui appartiennent naturellement à la Russie. Quoique plus grandes que les comtés de ^'Angleterre , elles n'ont pas une population aussi forte. Les autres provinces, recenunent conquises sont: Tver, Yougoria, femi, Vadska (Yiatka.^), iSoul*
) Qui ont donné leur nom à la Crimée.
ghuria, ïchernigov, Obdoria, Coiidoria, ainsi qu'une grande partie -de la Sibérie. Dans ces pays, la population^ quoiqu'elle ne soit pas Russe d'origiuc, obéit cependant à Tempereur de Russie , elle est régie par la loi Russe et paie les mêmes droits et im* pots que les Russes. En outre, Tempereur possède les royaumes de Kazan et d'Astraktau; conquis depuis peu*"). Quant à ses possessions en Lithuanie, qui consistaient en plus de trente cités importantes^ et quant à Ifarva et à Dorpat en Livonie, il ne les a plus, les rois de Pologne et de Suéde les lui ayant receumient enlevées par surprise, — Ces provinces sont grouppées en quatres parties, qu'on nomme des tclietc&rte (quarts) ce qui signifie: tétrarchies. Nous parlerons de cela dans le chapitre qui traite des provinces et de leur administration.
La Russi est fort étendue. Du Nord au Sud, — en mesurant depuis Kola jusqu'à Astrakhan, qui est un peu à TEst, ou trouve une lungnuur d'environ 4260 verstes^ ou milles. En outre, l'empire s'étend encore
*) Kazan en 1552; Astrakhan en 1554.
an Nord bien loin an delà de Kola, jusqu'à la rivière de Tromchona^ dont le cours est
de 1000 verstes, et au delà de Petchinga, près de Yardahans. Seulement, de ce côté les limites ne sont par certaines , parceque les Rois de Suéde et de Danemark, qui possèdent aussi par là plusieurs villes, prétendent chacun, aussi bien que les Russes, être propriétaire légitime de cette contrée.
— La Russie à, depuis Karva jusqu'à la partie de la Sibérie où elle tient garnison, 4400 verstes environ de largeur. On compte 1000 pas à la verste, ce qui fait environ trois quarts de mille anglais*). Si tous les états de Tempereur de Russie étaient habitables et peuplés partout comme ils le sont en certains endroits, il serait difficile à celm*ci de les maintenir tous sous un même gouvernement; s'il y parvenait, il deviendrait plus puissant de beaucoup que les princes ses voisins.
*) La verste russe est d'uD peu plus d'un kilomètre: 1066 mètrea.