Publié le 15 avril 1890, édition de la Nouvelle Revue
Si un traité formel d'alliance défensive ne Ta pas encore consacrée, si, par suite, la paix du monde continue à être menacée, la faute en est, d'une part, aux adversaires, fort habiles, des deux peuples ; de l'autre, à leurs diplomates, fort maladroits.
Mais il est temps d'arriver à une solution! Des fiançailles trop prolongées aboutissent fatalement à une rupture quand les fiancés sont très impressionnables et mobiles ; or. Russes et Français le sont à un degré excessif... Depuis quelque temps, leurs ennemis multiplient plus que jamais les intrigues souterraines afin de troubler leur entente ; le succès de ces manœuvres amènerait des catastrophes immédiates pour la paix du monde et serait désastreux pour les deux pays. Empêcher pareil malheur de s'accomplir est donc le devoir de tout patriote.
Rien, suivant nous, ne contribuera mieux à faire échouer certaines menées ténébreuses qu'une franche et loyale explication des malentendus existants, un exposé sincère des fautes commises de part et d'autre.
Il est temps d'aboutir, il n'est que temps!...