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Portrait de l'écrivain Léonide Andreev.
Par Rèpine.
Répine. — Le duel.
SITUATION DET LA RUSSIE A LA FIN DU Diy-VEUVIÈMF. SièCLE
Répine. — L'arrestation.
Mais, bientôt, l'éveil de l'esprit russe, visible en littérature dès les années Quarante, influe, quoique avec retard, sur la peinture russe. Un groupe de jeunes, les « peredvijniki » se sépare de l'Académie et va chercher des motifs d'inspiration soit dans la nature, soit parmi le peuple.
Venelsianov (1780-1847) peut être considéré comme le premier peintre naturaliste et de genre. Il a un coloris harmonieux. Surtout il est persuadé qu'il ne faut peindre " que ce qui est dans la nature et comme cela apparaît dans la nature ». Il ne craint pas de représenter des paysans. L'un de ses tableaux les plus intéressants se trouve au Musée de l'Ermitage et est intitulé un « Jeune paysan se chaussant ».
Fedotov (1815-1852) correspond à Gogol. Ses œuvres sont empreintes d'un réalisme bourgeois que réprouvait l'Académie.
Perov est déjà un vrai peredvijnik. Il traduit dans la peinture les idées les plus révolutionnaires, représente par exemple les funérailles d'un moujik dont la dépouille est suivie par une nombreuse famille à la fois éplorée et afïamée. Quand il s'adresse à l'histoire, au lieu de glorifier le despotisme, il préfère retracer les scènes de la révolte de Pougatchev.
Miasoédov peint des serfs et Makovski fait défiler devant nos yeux presque tous les types de la société russe : fonctionnaires, marchands, prolétaires, mendiants.
Jarochenko et Rêpine osent représenter des arrestations et la vie au bagne. Rêpine atteint au %a%K d'I.-E. Répine.
plus émouvant réalisme dans ses « Bourlaki, traî- p.r Andrecv.
SITUATION DE LA RUSSIE A LA KIN UU DIX-NEUVIEME SIECLE
nant à l'aide de cordes les bateaux de la Volga >>. Son « Jean le Terrible » est d'un réalisme inouï.
Vassili Vassilievitch Verechtchaguine (1842-1904), ancien officier, voyagea beaucoup, subit l'influence du peintre français Gérome et a conquis sa notoriété en représentant des scènes de guerre. L'un de ses chefs-d'œuvre, actuellement à la galerie Tretiakov de Moscou, symbolise les horreurs de la guerre par une pyramide de crânes humains.
Le mysticisme et le réalisme qui se marient si bien dans l'œuvre de Tolstoï apparaissent dans l'œuvre d'Ivan Nicolaevitch Kramskoï (1837- 1887). Kramskoï avait été le premier à prêcher la révolte contre l'Académie, son œuvre la plus connue est le « Christ dans le désert n. Quoique non paysagiste, il a su rendre admirablement les nuits de lune.
A cet égard, Kouindji est son digne émule. Il excelle à représenter les paysages russes, avec
\'erechtchJ2uiiie. — Les vaincus.
leurs nuances. Ses principales œuvres sont : un Village latar au clair de lune; un Clair de lune en Ukraine; la Nuit sur le Dnieper ; le Matin sur le Dnieper. Il a su apporter au paysage la lumière.
Mais bientôt le réalisme s'éclipsa. Les modernistes l'emportèrent. Le précurseur de la nouvelle école, Levitan (1861-1900), est l'un des plus remarquables paysagistes russes, mais la tristesse prédomine dans son œuvre (par exemple : un Jour d'aiitomne à Sokolniki; Après la pluie, etc.).
Vanelsov abandonne la réalité pour un monde légendaire et mythologique, Roerich donne sa préférence aux sujets archaïques.
De plus en plus la peinture russe glisse vers une sorte de mysticisme, s'écarte de la vie pour s'engouer d'un cubisme et d'un futurisme qui prédominent à présent.
La musique russe. — La musique est, sans conteste, l'art qui s'est développé le mieux en Russie au cours du dix-neuvième siècle. Le Slave a des aptitudes musicales innées, et la musique populaire russe a fourni aux musiciens savants un répertoire inépuisable de motifs et de thèmes, dès qu'ils ont eu l'idée d'y pousser leurs investigations. On peut dire que la musique savante de la Russie n'a vraiment pris figure en Europe que depuis qu'elle s'est mise en contact avec la veine populaire.
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Ce fut précisément le mérite de Glinka d'orienter la musique russe dans cette direction. Dans son opéra : la Vie pour le Tsar (1846), se révèle encore une influence italienne, mais dans Rouslane et Lioudmila le génie russe apparaît déjà entièrement. Peut-être est-ce la raison pour laquelle cet opéra ne fut apprécié qu'à l'étranger.
Dargomyski est surtout connu pour ses romances. 11 a écrit également deux opéras : la Rousalka et le Convive de Pierre, œuvres d'une grande simplicité et d'un sain réalisme.
Il faut arriver au.x années 1860 pour trouver le début du grand élan musical russe. C'est à ce moment-là, en effet, que Balakirev (né en 1836), ancien étudiant à l'Université de Kazan, Cuy et Mousorjski, deux officiers, Rimski-Korsakov, officier de marine, Borodine, chimiste, formèrent la « Pléiade puissante » et s'étant séparés avec fracas de la voie tracée par le Conservatoire créèrent une école musicale gratuite (1862).
Balakirev est surtout populaire par ses romances et ses chansons; Mousorjski (1839-1881) a subi l'influence de Balakirev. Son opéra, Boris Godounov, adapté par Rimski-Korsakov, son drame musical populaire, Khovanchtchina, son opéra-comique, La Foire de Soralchine, sont restés inachevés, mais de grandes qualités s'y révèlent. Il a une forte imagination et un humour original. Il est un vrai Russe et sa nationalité perce dans sa manière d'envisager la chanson populaire, dans ses mélodies et le choix de ses sujets.
Cuy, doux et tendre, a écrit des chansons et des romances.
Quant à Borodine, il a subi également l'influence de la pléiade. Il a écrit des symphonies et des romances. Son opéra le Prince Igor est très apprécié. Lui aussi est un véritable Russe et des influences asiatiques se révèlent dans sa musique. 11 était un vrai maître dans l'art d'assembler les sons; il était surtout habile dans le choix des motifs populaires qu'il introduisit dans son opéra, de plus on note parfois dans sa musique un trait comique original.
Enfin Rimski-Korsakov est parmi les plus grands compositeurs russes. 11 excellait surtout dans la musique d'orchestre et était doué d'une grande imagination musicale. Il choisissait souvent comme sujets les contes populaires et les légendes. Il a écrit toute une série d'opéras, entre autres : la Pskovilaine, la Nuit de Mai, Snêgourotchka, Sadko, la Fiancée du Tsar, le Coq d'or, etc.; des symphonies comme Anlar et Scheherazade. 11 a aussi eu une grande influence sur la musique de son temps par ses leçons professées au conservatoire de Saint-Pétersbourg et il a formé des élèves remarquables parmi lesquels on peut citer le compositeur Liadov, L. Sacchetti, qui fut lui-même professeur au Conservatoire et historien de la musique, et le compositeur Glazounov.
Après la « Pléiade puissante », Rubinstein (1829-1894) et Tchaïkovski (1840- 1893) suivirent des voies différentes.
Rubinstein avait l'habitude de dire : « Dans la vie, je suis républicain; en art, je suis conservateur. » Il ne cherchait pas en effet de nouvelles formes musicales et a consacré sa vie à l'étude de la musique classique. 11 a joué un grand rôle sur la formation musicale en créant la Société musicale russe et le Conservatoire de Saint-Pétersbourg.
Quant à Tchaïkovski, l'un des compositeurs russes les plus connus et les plus appréciés à l'étranger, on peut le considérer comme étant plus Européen que Russe; toutefois l'élément national n'est pas absent dans ses opéras : la Dame de Pique et Eugène Onêguine.
Bien d'autres noms seraient encore à citer, mais le mouvement littéraire et artistique était si complexe dans les premières années du vingtième siècle qu'il serait imprudent d'essayer dès maintenant de le systématiser. D'autre part, la guerre et la révolution de 1917 auront-elles marqué un arrêt ou au contraire un progrès dans le domaine littéraire et artistique.' L'historien futur jugera.
Clémeat Venceslas Népomucène Lothaire. comte de MLUcriu^h-Winaebourg Tableau de Sir Thoma» Lawrence (1769-1830) au château de Windsor.