I.-E. Ri-pinc
■' Pierre le Grand » de Pétersbourg, servit longtemps de modèle et quand, au début du dixneuvième siècle, les particuliers faisaient des commandes, ils demandaient aux artistes de leur sculpter des Vénus ou des Mercure destinés à orner leurs parcs. L'artiste était souvent invité à symboliser dans le marbre ou le bronze telle ou telle action d'éclat d'un grand homme. Ainsi les Pimenov firent l'un et l'autre des statues de dieux : en i8o2, Stepan Stepanovitch donna une statue représentant Jupiter et Mercure chez Philémon et Baucisquant à Nicolas, son fils (1812-1864), il passa quatorze années en Italie et se confina surtout dans 1 allégorie. Saint Georges le vainqueur représente, d'après l'auteur même, l'empereur Nicolas I" traversant de sa lance un dragon incarnant « la révolution en général et la hongroise en particulier ... Von Klodt est encore de cette école. Sa première œuvre importante fut le quadrige colossal en bronze érigé sur la porte de Narva à Pétersbourg. Mais déjà lui commence à s'intéresser à la réalité. Il représente admirablement les animaux. Ses quatre groupes de chevaux du pont Anitchkov à Saint-Pétersbourg témoignent d'un très réel talent. L'abolition du servage, le réveil de la société russe eurent assurément une certaine influence sur la sculpture. Kamenski osa s'affranchir de la tradition et représenta dans son groupe « Premiers pas » une mère apprenant à son enfant à marcher. Tchiiov donna un
SITUATION DE LA RUSSIE A LA FIN DU DIX-NEUVIEME SIECLE
Paysan à la peine, mais le plus vivant de tous les sculpteurs russes, celui qui s'affranchit le plus de la tradition, fut Antokolski qui naquit en 1842. Il est l'un des rares artistes israélites et comme tel il fut persécuté. Son art s'en ressentit et une partie de son œuvre est consacrée à l'incarnation de l'idée de martyre. Son réalisme est profond. 11 a donné en 1871 un « Jean le Terrible », qui est vu tout autrement qu'on ne le faisait d'ordinaire. Il a sculpté également un Spinoza chassé de la svnagogue à cause de son athéisme, un Socrate périssant victime de l'injustice et de l'incompréhension humaines et, en 1874, le Christ devant ses juges.
Le prince P. Troubetskoï, dont les œuvres les plus connues sont un Tolstoï à cheval et la statue équestre d'Alexandre III en face de la gare Nicolas à Petrograd, lui est fort inférieur.
La peinture. — On peut découvrir deux directions dans la peinture russe: d'une part, la peinture religieuse qui très longtemps demeura canoniquement figée. Il fallut en effet attendre la fin du dixneuvième siècle pour voir l'Église officielle orienter les peintres profanes vers la décoration des églises et la peinture des icônes (Vasnetsov et Nesterov, en particulier, qui ornèrent les murs de la cathédrale de Kiev) et, d'autre part, la peinture profane qui, trop longtemps, resta sous l'égide du Gouvernement et des institutions officielles comme l'Académie.
Au commencement du dix-neuvième siècle, la peinture russe est presque entièrement académique. Le peintre Brioulov (1780-1852) acquiert la notoriété par le « Dernier jour de Pompéi ».
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