‹ La Russie depuis Alexandre le Bien-IntentionnéChapitre 1 sur 2 · OFFICIEES DE L'AMÉE EUSSE · texte numérisé non relu

OFFICIEES DE L'AMÉE EUSSE

Messieurs,

La Jeune Russie (en langue russe) a été dédiée aux étudiants des universités russes. Des officiers m'ont fait l'honneur de m'exprimer, non leur jalousie^ mais leur rivalité pour le bien public. Les étudiants cependant font les meilleurs officiers^ et l'ennemi lui-même a reconnu votre courage. Nos revers ne doivent être attribués qu'à nos généraux et à notre administration^ et je me suis toujours plu à reconnaître qu'il 'y avait plus de point-d'honneur dans l'armée que dans le service civil.

Veuillez donC; Messieurs; pendant lapaix; faire la guerre à la bassesse et à l'injustice, dans quelque

forme qu'elles se présentent ^ car la démoralisation empêche la victoire. L'ordre c'est la liberté^ et la discipline n'est point la servilité.

Je vous salue fraternellement.

Hombourgy février 3, 1859.

Ivan Goloviiie.

Préface.

Je fis dernièrement la connaissance d'un compatriote qui me dit/ qu'en 1851, dînant au restaurant de Philippe à Paris^ il dit à son convive qu'il ne me considérait pas cozûme un compatriote. Un Busse qui se trouvait à une table voisine se mêla de la conversation et lui déclara qu'il m'aimait et m'estimait

— Je vous en veux^ ajouta-t-il^ des insultas que vous adressez au peuple russe. N'avez -vous pas dit que les Busses étaient braves par bêtise? Or moi qui ai été à Sébastopol^ je vous assure que notre soldat raisonne et raisonne trèa hien au milieu des balles et des boulets.

— L'expression que vous citez est l'expression de Byron.

8 Préface.

— Vous excuserez ma franchise.

— Je servirais mal la vérité^ si je ne savais pas récouter.

— Nous savons tous où gît le mal, ce sont les remèdes qui nous échappent*

— La liberté de la presse est lé meilleur des remèdes. Je connais la susceptibilité d'un peuple jeune ^ mais ne doutez pas du patriotisme de qui» conque soufire pour la vérité»

— Vous citez perpétuellement des faits isolés qui sont pénibles à entendre, mais qui ne prouvent rieù.

— Un fait est toujours un fait, et quand il j en a plusieurs , ils font balle. A moi à signaler les maux^ c'est à ceux qui sont au pouvoir à les guérir.

Je publiai l'autre jour dans la Flèche que FËmperour avait fait tort aux généraux Khrouleff et Hartung ; eh bien^ il m'est arrivé des réclamations d'après lesquelles l'im n'aurait pas touj ours été irréprochable et Tautre se serait avoué lui-même coupable.

Préface. 9

— On calomnie la liberté plus qu'on en abuse. U a été permis à Voltaire de ^re que les Français étaient un peuple de singes. Le considère-t-on comme un mauvais Français pour cela? La critique venant des étrangers devrait vous être plus sensible que venant d*un compatriote. H ne faut pas accuser le gouvernement seul' de tous les maux^ il faut se rappeler qu'il est tel que le peuple le fait. N'avez-vous pas dit vous-même que le paysan russe se soûlait à la foire et qu'en rentraat chez lui, il battait sa femme?

N'ayant pas été en Russie depuis bientôt vingt anS; nous ne parlons pas en témoin oculaire, mais les faits suivants serviront de preuve de notre bonne foi.

Les diplomates russes à Paris ont assuré que la Comtesse V. D. était morte à la Charité.

Nous nous sommes livré à une recherche

minutieuse et avons appris qu^elle est morte 5 place de la Madeleine ^ après im long accès de petite vérole et après avoir doté son second mari, un marquis fraiiçaisy de 300^000 fr. de rente annuelle.

10 Préface.

11 nou8 a ëté dit que le général^gonvemeur d'Odessa ayait demaDdé le divorce de son fils, parce que la Grrande-Dach^se le traitait trop en écuyer. Vérifiear tion faite, il s'est trouvé que le Comte Strogonoffà Genève était parfaitement le maître chez lui et que son Mtka n'a pour lui que de Tadoration et de la soumission.

Nous aimons trop la lumière pour la craindre^ et c'est parce que nous l'appelons de tous nos vœiuc sur tous les pointa^ que nous restons publicistes.

Une Justice tardive.

Nous recevons la lettre suivante d'un homme aussi haut placé par sa naissance que par son cœur et son intelligence :

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