L'OURS ET LE COQ
Un vieux avait un fils sot. Le sot demande que son père le marie : « Et si tu ne me maries point, je démolirai tout le poêle. » — « Comment te marier? nous n'avons pas d'argent. » — « Nous n’avons pas d’argent, mais nous avons un bœuf; vends-le à la boucherie. » Le bœuf l’entendit et se sauva dans la forêt. Le sot insiste de nouveau auprès de son père : « Marie-moiï, autrement je démolirai tout le poêle! » Le père dit : «Je te ma-
AU MOYEN DE SA LITTÉRATURE POPULAIRE. 119 rierais volontiers, mais je n'ai pas d'argent. » — « Pas d'argent, mais il y a un mouton, vends-le à la boucherie. » Le mouton l'entendit et se sauva dans la forêt, Le sot ne laisse pas son père en repos: « Marie-moi», on n'entend que cela. « Mais je te dis que je n’ai pas d’argent! » — « Pas d'argent, mais il y a un coq, coupe-lui la gorge, fais-en un pâté et vends-le. » Le coq l’entendit et s’envoia dans la forèt. Le bœuf, le mouton et le coq se réunirent tous ensemble et se construisirent une petite chaumière dans la forêt. L'ours apprit cela, voulut les manger et s’en vint vers la chaumière. Le coq le vit et sauta sur le perchoir; il agite ses ailes et crie: « Kouda, kouda, kouda! donnez-le moi ici : je le foulerai de mes jambes, je le hacherai de ma cognée! et nous avons ici un petit couteau, et nous avons ici une petite corde; et nous l’égorgerons ici, et nous le pendrons ici!» L’ours s’effraya et rebroussa chemin, il courut, courut, tomba de peur et se tua. Le sot s’en fut dans la forêt, tua l'ours, lui enleva sa peau et la vendit. Avec cet argent on maria le sot. Le bœuf, le mouton et le coq s’en revinrent de la forèt à la maison.