‹ La Russie dévoilée au moyen de sa littérature populaire; l'épopée animaleChapitre 41 sur 67 · LA CHÈVRE ÉCORCHÉE · texte numérisé non relu

LA CHÈVRE ÉCORCHÉE

Il y avait un homme et une femme. L'homme, étant allé à la foire, acheta une chèvre. Il l’amena à la maison et envoya son fils ainé paitre la chèvre. Voilà que ce garçon s’en fut paitre la chèvre. Il la ramenait seulement que le vieux est déjà sous la porte cochère avec un bâton et demande : « Ma chevrette chérie, ma chevrette aimée ! qu'as-tu bu, qu'as-tu mangé? » — « Grandpère, je n'ai ni bu, ni mangé : seulement en courant par le pont, j'ai attrapé une petite feuille d'érable; seulement en courant par la digue, j'ai lapé une petite goutte d’eau : c’est tout ce que j'ai bu, tout ce que j'ai mangé ! » — Voilà qu'il prit ce fils et le tua, et l'enterra sous une auge.

Le lendemain, il envoie son autre fils, le cadet, Et ce fils venait seulement de ramener la chèvre que le vieux est déjà sous la porte cochère, en bottes rouges avec un bâton. Voilà qu'il demande : « Ma chevrette aimée! qu'as-tu bu, qu'as-tu mangé? » — «Grand-père, je n’ai ni bu, ni mangé; seulement en courant par le pont, j'ai attrapé une petite feuille d'érable ; seulement en courant par la digue, j'ai lapé une petite goutte d’eau : c’est tout ce que j'ai bu, tout ce que j'ai mangé. » — Voilà qu’il prit ce fils, le tua aussi et l’enterra sous une auge.

Le troisième jour, il envoie cette fois sa femme. Voilà qu'elle s'en alla paitre la chèvre, et le soir elle la ramène à l’étable et le vieux est déjà sous la porte cochère, en bottes rouges, avec un bâton et demande : « Ma chevrette aimée, ma chevrette chérie, qu'as-tu bu, qu’as-tu mangé? » — « Grand-père, je n'ai ni bu, ni mangé; en courant par le pont, j'ai attrapé une petite feuille d'érable; en courant par la digue, j'ai lapé une petite goutte d’eau — c'est tout ce que j'ai bu, tout ce que j'ai mangé! » — Voilà que le vieux tua aussi sa femme et l'enterra sous une auge.

Le quatrième jour, il s'en alla cette fois lui-même paitre la chèvre. Puis l’ayant mise sur la route, il s'en retourna par le plus court chemin et s'étant mis sous la porte cochère, en bottes rouges, il lui demande :« Ma chevrette aimée, ma chevrette chérie, qu’as-tu bu, qu'as-tu mangé? » — «Grand'père, je n'ai ni bu, ni mangé; en

courant par le pont, j'ai attrapé une petite feuille d’éra-

ble ; en courant par la digue, j'ailapé une petite goutte d’eau : c'est tout ce que j'ai bu, tout ce que j'ai mangé! — Voilà qu'alorsil se fâcha, alla chez le forgeron, aiguisa son couteau et se mit à l’'égorger, mais le couteau se cassa. Il s’en alla de nouveau chez le forgeron aiguiser son couteau. Voilà que la chèvre se détacha et se sauva dans la chaumière de la renarde.

Voilà que la renarde l’aperçut sur le poêle qui chantait :

Je suis la chèvre écorchée — Achetée pour trois piécettes — À moitié écorchée — Je frappe du pied...— Je te percerai de mes cornes — Je te balayerai de ma queue — Je te foulerai de mes pattes.

Voilà que la renarde s’effraya, se sauva de sa chaumière et s’assit sous un chène..…….

Le reste comme dans le conte précédent.

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