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LE ROI NAPOLEON ET L’INVASION FRANCAISE

Constatons d’abord que nous n’y trouvons pas de chansons sur les débuts du régne d’Alexandre. Nila mort de Paul, ni Austerlitz, ni Eylau et Friedland, ni le radeau de Tilsit, ni Pentrevue d’Erfurt, n’ont pénétré dans les cabanes du peuple; ou si ces grands faits y ont retenti, la poésie populaire ne s’en est point émue. Le recueil commence

brusquement par les chansons relatives 4 « Année Douze; » alors il n’est plus question que de la guerre con-

tre le Frantzouz, ou, comme prononce souvent le paysan, avec une forte accentuation de Ia consonne initiale. le Khrantzouz.

Le peuple, qui n’est point au courant des allées et venues de la diplomatie, qui n’a méme jamais oui parler ni du plénipotentiaire Caulaincourt, ni de l’ambassadeur Kourakine, ni du blocus continental, ni de la question d’Oldenbourg, ni de celle des villes anséatiques, qui ne peut avoir aucune idée précise des griefs relevés par les politiques, ne comprend qu'une chose: Vinsolence du Francais qui veut venir planter sa tente dans la sainte Moscou aux blanches murailles. Cette impertinente prétention irrite la bile de ses poétes rustiques :

En ce temps-la, dans la terre francaise — parut un chien d’en— nemi, le roi Napoléon. — llrassembla une armée en divers pays, — il chargea ses galeres de diverses marchandises; — ces mar— chandises, c’étaient le plomb et la poudre, — et il écrivit au tsar

Alexandre une gazette: — « Jet’en prie, tsar Alexandre, veuille ne point te facher. — Prépare-moi des tentes dans Moscon aux murs de pierre, — prépare-moi, a moi le roi frangais, ta tente

oy

royale. » — Le tsar Alexandre-est assis asa table tout pensif. — Son visage impérial a changé de couleur. — Devant lui se tient un général, — le prince Koutousof en personne. — « Ne crains rien, tsar Alexandre, ne t’effraie pas. — Le chien d’ennemi, nous lui ferons les honneurs de la Russie. — Comme premier service, nous lui offrirons des bombes et des boulets; — comme second service, des balles au libre vol; — comme hors-d’ceuvre, de la mitraille de fer. » — Combien notre tsar Alexandre alors fut réconforté !

Voila done la guerre engagée. Le peuple russe n’a conservé qu’un souvenir vague de ses péripéties. Dans aucune chanson, je ne vois une allusion précise a la bataille de Borodino, sauf peut-étre dans une de celles qui se rapportent 4 Pierre le Grand, ou il est question des Frangais, et que j’ai déja donnée ci-dessus, page 319.

Ne retrouvons-nous pas, en effet, dans cette cantiléne, et la riviére de la Moscova, qui, dans les bulletins de Napoléon, donne son nom 4 la bataille, et cette figure légendaire du grand capitaine avec sa fameuse lunette d’approche entre les mains? Mais une raison qui peut faire rejeter cette interprétation, c’est que jamais la hataille de Borodino, bien qu’elle ait eu pour conséquence abandon de Moscou, n’a été considérée par le peuple russe comme une défaite. Koutousof avait audacieusement, dans son rapport & ’empereur Alexandre, présentée comme un succés. Dans toute la Russie, on avait chanté des Ze Dewi. D’ailleurs, la destruction totale de l’armée francaise suivit de si prés cette victoire chérement achetée par elle, que le peuple russe en resta aux affirmations de Koutousof. Dans la chanson suivante, autre exemple de cette crédulité. Aprés incendie de Moscou, dans un intérét politique facile 4 comprendre, Koutousof, Rostopchine surtout, s’étaient empressés de signaler les Francais a la haine des masses, comme les auteurs du désastre. L’histoire a rétabli les faits ; mais histoire est-elle faite pour les masses ?

Elle ne dormait pas la jeune fille, ne sommeillait pas. — En songe elle voyait, — comme le Francais ruinait Moscou, — et d’un bout a Vautre la brdlait.

Le méme sentiment d’aversion contre les prétendus incendiaires de Moscou se retrouve dans la piéce suivante ou il semble que la destruction de la ville n’ait fait que redoubler les sentiments de vénération et d’orgueil quelle inspirait a toute la nation russe :

Elle est ravagée la route — de Mojaisk a Moscou. — Et qui done l’a ravagée? — C’est lennemi, le brigand francais: — il est allé vivre en son pays. — I] est retourné a Paris, — et s’est pris a glorifier Paris. — Ne te glorifie pas, brigand de Francais, — de ton fameux Paris. — Car chez nous, en Russie,— nous avons mieux

que Paris, — nous avons mieux et plus beau! — Comme il fait bon vivre & Moscou! — Moscon est bellement parée, — bitie de pierre de roche, — sablée de sable jaune...

Dans toutes ces chansons, il y a si peu de précision, qu'il est difficile de reconnaitre les faits historiques. La Suivante présente ceci de remarquable que deux événements au moins y sont indiqués avec quelque clarté : la reprise de Smolensk aprés le départ des Francais et le désastre de la Bérésina. En réalité Smolensk fut repris sans combat : les Russes n’y trouvérent que des maraudeurs qui passérent alors un mauvais moment. La populace avait commencé & les jeter dans les flammes des maisons ou dans les trous creusés dans la glace, lorsque les troupes réguliéres survinrent et firent cesser le désordre. Peutétre, les noyades dont parle notre byline sont-elles simplement ces supplices de prisonniers de guerre ; peut-étre aussi a-t-on confondu ici la Bérézina avec le Dniéper, sur lequel est bati Smolensk :

Plus haut que la ville de Smolensk, — plus bas que le village de Krasnoé,— sous un bois verdoyant — sous le bouleau au feuillage bouclée, — était le camp de larmée russe, — des soldats de la garde.

Iis sont assis, pensifs, regardant la ville de Smolensk : — les régiments ennemis se sont emparés de la ville de Smolensk, — tout ce qu'il y a de sacré est entre des mains ennemies. — « Comment, fréres, faut-il nous y prendre pour délivrer la ville de Smolensk, — délivrer Smolensk et battre lennemi? » — Tout a coup on bat la générale, a la tente du commandant. — Tous les soldats tressaillirent, — prirent leurs fusils et se mirent en rang. — Alors le prince Volkonski passa sur le front de l’'armée, — le prince Volkonski, commandant de ces soldats. — « O vous, braves soldats, fidéles & l’empereur, — fidéles & l'empereur, obéissants aux chefs! — Nous allons délivrer la ville de Smolensk. » — Alors ils s’avanctrent pour délivrer Smolensk et chasser les Francais. —

Ils chargeérent leurs fusils et tirerent sur eux. — Ils en tuerent beaucoup, firent un carnage, prirent le reste. — Ceux quils prirent, ils les noyérent dans la riviere Berézina. — Apres la noyade, ils se reposerent sur la verte prairie, — et sur la prairie chanterent en cercle des chansons.

On sait quelle part revient dans le désastre de Napoléon ala cavalerie cosaque. Cette troupe légére, incapable de tenir contre une cavalerie réguliére, contre une armée saine et bien nourrie, faisait le désespoir de nos malheureuses colonnes, épuisées de froid et de privations. Le peuple lui a assigné un réle plus héroique. Les vainqueurs de Napoléon, ce n’est pas larmée réguliére, ce sont. les cosaques du Don :

Ce ne sont pas deux nuages, deux nuages menacants qui se sont rencontrés — ce sont deux armées puissantes qui se sont heurtées, — larmée francaise avec la russe.— Comme les Francais faisaient aux Russes beaucoup de mal, — alors, comme un brillant faucon sur la montagne, — le tsar Alexandre est accouru & l’armée sur son cheval rapide, — il gourmande et injurie le général russe : — « Pourquoi, pourquoi done a—t-on si mal agi? — Pourquoi avoir mis en arriere les regiments du Don? » — Notre tsar Alexandre navait pas fini de parler, — que du cété droit accourent les régiments du Don. — En avant vole le général Platof, — il a tiré son sabre tranchant, son sabre nu. — Ils ont couché les lances aigués sur les noires criniéres, — ils ont poussé le cri de guerre et chargé Yennemi. — L’armée francaise s’arréte épouvantée,-— les étendards de Bonaparte ont reculé.— Alors le tsar Alexandre fut extrémement réjoui. — Il nomme chevaliers tous les cosaques du Don, — les sous-officiers, il les nomme tous officiers ; — des officiers, il fait des majors, — des majors, il fait des colonels, — des colonels, il fait des généraux.

Dans l’armée, c’est toujours le cosaque qui est le favori des masses ; de tous les généraux, le plus populaire a été Phetman Platof. A en croire les chansons, « c’est lui qui

allait par toute ’armée; — a tous il donnait des ordres, — a tous des commandements, — 4 tous des marcheroutes ». C’est avec lui « qwil fait beau mourir pour le izar. » Bref, la place d’honneur qu’ont occupée Ilia de Mourom dans lépopée kiévienne, Palei dans celle de Pierre-le- Grand, Krasnochtchokof, dans les chansons sur Elisabeth, est échue dans les bylines de « l’année douze » a Platof, le chef de cette téméraire cavalerie, qui précéda partout Varmée réguliére de plusieurs marches, en Russie, en Prusse, en Westphalie, 4 Cassel, d’ot. 4 elle seule elle - chassa le roi napoléonien Jéréme. Parmi les chansons qui courent sur Platof, voici la plus répandue :

Terre de la sainte Russie, — tu as éprouvé bien des infortunes. — Mais gloire, gloire a toi! — Gloire au cosaque Platof! — Le tsar Paimait, — il linvita chez lui. — lui rasa la barbe, — enleva les broderies de son costume, — le déguisa en marchand, — lui donna un passe-poit — et l’envoya chez le Francais.

Le cosaque Platof se rendit donc — ala cour de France. — La fille du Francais, Arina — dit ces paroles au marchand : —« Marchand, mon cher marchand, — viens a moi sur l'escalier. » — Elle le prit par la main droite, — le fit entrer dans le palais , — lui versa un verre de vin: — « Bois un verre, deux verres, si tu veux; — mais dis-moi tout ce que tu sais — sur le cosaque Platof. » — « On peut le reconnaitre ainsi : —Il a des pattes rouges sur les épaules, — des broderies sur la poitrine. » — « Marchand, mon cher marchand, montre-moi son portrait. » — Platof lui présenta son portrait, — et soudain il s’enfuit.

Il monta sur son cheval, — et sortit du palais, — comme un oiseau qui s’envole. — Il s’approcha, Platof le cosaque, — de la fenétre du Francais; —« Ah! corbeau, brigand de Francais! — Ah! corneille maudite, — tu n’as pas eu le talent — de prendre le brillant faucon, — le cosaque Platof. »

Ce singulier motif est reproduit chez M. Bezsonof, dans quinze variantes. On l’a retrouvé, quoique avec de no-

tables différences, dans presque tous les gouvernements de la Russie. Trés souvent lénigmatique Arina, personnage presque mythique, qui rappelle les enchanteresses des bylines kiéviennes, est remplacée tout simplement par le Francais ou le roi francais, ou encore Bonaparte. Quand on questionne le faux marchand sur Platof, il s’amuse a faire son propre portrait; ou bien le Francais lui ayant dit qu’il donnerait beaucoup d’argent pour le connaitre: « A quoi bon perdre ton argent? sécrie Platof:— c’est bien facile de le connaitre. — Assieds-toi en face de moi, regarde-moi bien : — Platof est tout & fait comme moi. » Un des wraits de cette ballade aurait pu choquer le peuple : c’est lorsque le héros coupe sa barbe. Or, dans une chanson cosaque, on dit 4 Pierre le Grand, l’ennemi des longues barbes et des longs vétements: « Ne nous fais pas couper la barbe, fais-nous plutét couper la téte. » Dans le texte que j’ai traduit, on a trouvé un moyen de tourner la difficulté A Vhonneur de Platof: c’est le tsar en personne qui, de ses propres mains impériales, lui « rasa la barbe. »

En somme, on a vu que la tempéte de année 1812 a eu son contre-coup dans Vimagination populaire. La déclaration de guerre de Napoléon, cette armée « rassemblée en beaucoup de pays » quwil trainait apres lui, cet incendie de Moscou dont les jeunes filles révent la nuit, cette route ravagée de Mojaisk, cette retraite ot les Francais laissent leurs os, ces cruelles vengeances aprés la reprise de Smolensk, ces grandes levées de milices russes qai font verser tant de larmes dans les chaumiéres, ces cris de joie des cosaques a l’appel du tsar, ont laissé leurs traces dans la poésie rustique. Sans doute on pourrait s’attendre a trouver plus d’abondance, plus de variété, plus de précision dans ces chansons. Il est étrange que les noms de Borodino, de Malojaroslavets ne s’y trouvent méme pas. Il y a des allusions, mais bien vagues, & la

Bérésina. Dans quelques variantes, c’est le Volga, ou méme le Downai quwil s’agit de faire passer aux troupes, et l’on ne voit pas trop pourquoi. J’ai déja attiré Vattention du public francais sur les Récits de témoins oculaires de année 12, recueillis réecemment, de la bouche des gens du peuple, par une dame de Moscou et publiés sous le pseudonyme de Tolytchef. Or, dans les récits de ces vieux marchands, de ces vieux pensionnaires d’hospices, de ces vieilles religieuses, que l’auteur a interrogés, quelle variéte de scénes! On y voit comme on vivait 4 Moscou dans les caves des maisons incendiées, dans les cellules des couvents occupés par les Francais, dans les villages harcelés par les maraudeurs; comment on s’en allait parfois & Paventure, avec quelque argent dans sa poche et son vieux pére sur les épaules; comment tantdt on fusillait, on noyait sans pitié les trainards francais, et tantdt, au contraire, é6ému des souffrances des prisonniers, on leur donnait son dernier morceau de pain.

Nos chansons populaires sont bien vagues, bien séches a cété de ces récits. Que de noms fameux de la guerre patriotique ont échappé au poéte populaire! Il sort rarement de cette expression vague : le Yrancais; il ne sait qu’un nom propre : Bonaparte, Napoléon ou Poléon. Il ne connait ni Davoust, ni Ney, le prince de la Moscova, ni Eugéne, le vice-roi d’Italie, ni Murat, qui avec son costume thédtral, son haut panache, sa bravoure téméraire, n’aurait pas di passer inapercu. Méme sur les chefs russes, nous trouvons peu de détails. Alexandre I°* ordinairement ne joue pas le plus beau réle: quand il recoit le message insolent du rot francais, « son visage impérial change de couleur — et ses jambes et ses bras blancs sont brisés. » Il faut que ses généraux lui remontent le moral. Ailleurs le grand-duc Constantin apparait pour exhorter les troupes. Dans une autre chanson, « Koutousof, prince de Smolensk, — a foulé les Francais dans la boue, — le

général Platof — a chatié les trainards, — le prince Wittgenstein — a marché sur Paris. » Voila la liste complete des généraux qui sont cités dans ces chansons. Mais Bagration, Miloradovitch, Doktorof, Barklay de Tolly, Tchitchakof y sont inconnus.

Si ’on compare maintenant ces chansons a celles qui célébrent Vladimir, Ivan IV ou Pierre le Grand, on est surpris de cette décadence de la poésie populaire. Elle a été moins bien inspirée par cette guerre d’indépendance que par les exploits fabuleux.des bogatyrs de Kief, par la prise de Kazan, par la défaite de Charles XII. Méme la guerre de Sept Ans sous Elisabeth a fait éclore plus de chansons, et de meilleures.

Dans les chants épiques sur 1812, M. Bezsonof constate lui-méme un singulier manque d’originalité. On n’y trouve plus d’invention, plus de motifs nouveaux. Ce repas que Von doit servir aux Francais, les bombes et les boulets pour premier service, les canonniers pour marmitons, etc., — tout cela se retrouve déji dans les souvenirs de la guerre contre Charles XII. L’empereur Alexandre est atterré en recevant la lettre de Napoléon; mais nous voyons, dans les cycles précédents, méme terreur chez Elisabeth, qui recoit une lettre de Prusse, chez Catherine II, qui recoit une lettre de Turquie : elles sont également réconfortées par Roumantsof ou Souvorof, comme Alexandre Vest par Koutousof. Nous retrouverons le méme motif a propos de Vempereur Nicolas I°", qui recoit un défi du sultan, et que réconforte le général Babynine. Platof chez la princesse Arina, ou chez le roi francais, paraitrait fort original, et aussi spirituel que brave, si nous n’avions pas vu Ilia de Mourom chez le paien Idolichtché, Pierre le Grand chez la reine de Suede, Krasnochtchokof chez le roi de Prusse.

I] faut en conclure quw’en Russie cette veine est épuisée et que le genre épique y touche & sa fin. Pourquoi ce subit

appauvrissement de la poésie populaire, si féconde, si brillante dans ses anciennes productions? Sont-ce les préoccupations nouvelles d’un siécle plus positif? Est-ce le progrés du bien-étre et de linstruction? Est-ce une conséquence de l’émancipation du paysan? Le peuple russe a-t-il cessé d’étre épique, parce qu’il est moins asservi, moins pauvre, moins illettré? Questions difficiles 4 résoudre; mais le fait est certain. Une des causes que l’on pourrait en signaler, c’est la production en dehors du peuple, par des talents cultivés, de chansons qui finissent par pénétrer dans le peuple. A quoi bon faire des chansons, quand pour quelques kopeks on peut en acheter tout un recueil? & quoi bon apprendre les anciennes ballades, puisque chaque jour en apporte de récentes, qui semblent plus belles et qui ont du moins le charme de la nouveauté? Chez nous, il n’y a pas vingt ans, dans telle province que je pourrais citer, les jeunes gens descendaient de la mon- -tagne le jour du tirage au sort en chantant des mélodies du village sur des airs trainants, mélancoliques, trés anciens. Aujourd’hui les chansons fabriquées 4 Paris ont pris leur place : on trouve les airs plus lestes et les refrains plus piquants. Le succés de la /ille Angot contribuera a Vextermination de quelques anciens chants. Le méme phénoméne doit se produire en Russie. Si le poéte lettré a, en outre, Vhabilité de conserver les airs anciens, de choisir des motifs populaires, sa victoire sur le poéte illettré est certaine, et la poésie rustique est perdue.

Sans doute les chansons des lettrés, quelque allure villageoise qu’elles affectent, n’auront jamais aux yeux des amateurs la valeur des vraies chansons populaires, écloses dans Vignorance et la simplicité rustiques. Celles-ci sont vraiment des documents historiques : elles permettent de reconstituer V’histoire morale et psychologique, V’histoire © des idées, des impressions, des sensations du peuple. Pour le philologue, elles sont les monuments d’une

langue qui disparait; pour le mythologue et Varchéologue, elles révélent des cdtés inconnus des croyances, de la vie nationale. Voila ce que ne peut nous donner le lettré le plus habile. Il ne peut faire que des pastiches.

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