CHAPITRE III
La légende de Salomon est encore plus fameuse dans le monde oriental. Le fils de David n’est pas seulement devenu la personnification du peuple juif heureux et triomphant; il est comme le dieu de la sagesse. Le Koran subit déja Vinfluence des contes juifs et syriens qui couraient PAsie : Mahomet enseigne que Dieu a soumis 4 Salomon le vent impétueux, qui court partout a ses ordres; il luia soumis les démons, qui pour lui plongent dans la mer et en raménent des perles, et qui pour lui batissent le temple ()
(4) Les Byzantins, dans leurs légendes sur Justinien et la construction de Sainte- Sophie, ont reproduit une partie de ces traditions: seulement ils ont remplacé les génies par des anges, Voir Codinus, l’Anonyme, etc.
(XXI, 82). Salomon comprend le langage des oiseaux; ses armées sont composées de génies, d’hommes et d’oiseaux qui sont rangés par troupes séparées; il entend ce que disent les fourmis & lapproche de ses légions; il veut punir la huppe qui a négligé de répondre 4 l’appel des guerriers : Voiseau se disculpe en apportant un message de la reine de Saba “), Son entrevue avec la princesse est racontée avec toutes sortes de détails fantastiques : le roi de Jérusalem fait marcher la voyageuse sur un pavé de cristal, qu’elle prendra pour de l’eau, afin de lobliger a relever sa robe: Salomon voulait voir si elle avait des jambes de chévre, comme on le lui avait rapporté (Koran, XXVII, 17-47).
Devenu vieux, il craint que si l’on apprend sa mort les ouvriers n’abandonnent les travaux du temple: il obtient de Dieu de se survivre en apparence 4-lui-méme appuyé sur un baton. Quand le temple fut achevé, un serpent rongea le baton et Salomon tomba ( XXXIV, 11). Dans les Mille et une Nuits (conte du Pécheur), Salomon est encore celui qui enferme un génie colossal dans un petit vase de cuivre et le scelle de son sceau. Les légendes orientales sur le roi des Juifs sont en nombre infini : on en retrouve quelques-unes dans les contes et les bylines russes; je résumerai l’étude qu’en a donnée M. Bezsonof.
Salomon parle dés le sein de sa mére et se querelle avec elle: « Je boirai un poison, dit la mére dénaturée, et je te ferai mourir; je ne te mettrai pas au monde. — Je m’y mettrai tout seul, répond l’enfant, en te brisant les flancs. »
(1) Cette légende se retrouve également dans un conte des Tatars sibériens: Le prophéte Salomon, Radlow, lV, 260.
Quand il nait, sa mére le condamne a périr; elle le donne Xun serviteur avec ordre de le tuer, de faire rdtir son coeur et de le lui apporter. Ce trait se retrouve dans les contes populaires de |’Europe entiére.
Salomon dit au serviteur: « Ne me fais pas périr; par moi tu seras heureux. Mais va dans la chambre & coucher, une chienne vient d’y mettre bas; tue un de ses petits, arrache le coeur que tu feras cuire et que tu porteras a la reine. » Le serviteur fit ce que Salomon lui disait; il porta le coeur A la reine qui lui trouva une forte odeur de chien; quant 4 Salomon, on le cacha dans le grenier; la reine lui avait déja substitué le fils d’un forgeron qu’elle avait acheté. Le forgeron 4 son tour remplace le fils qu'il a vendu par Salomon lui-méme quw‘il a trouvé dans le grenier et qu’il ne connait pas. :
Salomon grandit dans cette condition inférieure, comme tant d’autres héros: Krichna, Sémiramis, Cyrus, Romulus, Gengis-Khan, Jupiter en Créte, Charlemagne chez le meunier (Gaston Paris, p. 225). Il est contraint par la haine de sa mére, comme Hercule par la haine de sa maratre, 4 de rudes travaux. C’est par la force de la sagesse, non par celle des muscles qwil triomphe. Il résout les énigmes, il confond la science méme du roi David. C’est Venfant-docteur des Védas et de l’Evangile “. Un jour deux hommes plaident devant David : le demandeur déclare que sa partie lui a emprunté, il y a six ans, six ceufs cuits, et il exige qu’on lui tienne compte de toutes les poules que les ceufs lui auraient produites pendant ce temps. « David fait le compte des poules et lui donne gain de cause. Le petit Salomon prend le perdant 4 part, lui ordonne de tracer un sillon sur le passage du roi et d’y semer des pois cuits : le roi vient a passer et se moque du paysan : « Comment! dit alors celui-ci, tu reconnais que des pois cuits
(1) Voir sur les enfants qui parlent en naissant et les génies qui ont figure d’enfants, H. de la Villemarqué. Myrdhin, p. 10-22.
ne peuvent pas germer; et d’ceufs cuits, je te prie, quelles poules peuvent éclore? »
Dans d’autres contes, Salomon s’embarque comme marmiton sur un navire; au retour, il aborde avec les marchands dans un des ports du roi David. Celui-ci leur propose une énigme; sils la résolvent, ils commerceront librement ; sinon, il leur fera couper la téte. Les marchands fovienneut désolés & leur navire; on explique laffaire au petit cuisinier; il se fait fort da deviner |’énigme, si on lui donne un présent. Qu’y a-t-il de plus précieux que l’or, avait demandé David? C’est le blé, répond Salomon. Puis il se rembarque pour commercer sur mer. De son voyage, il rapporta une pierre que nous connaissons déja : celle qui brille nuit et jour, ?’Alatyr, le Z’chintamant, le Witnschstein.
Salomon a du bonheur d’étre le Sage par excellence. Dans un de ses voyages & Jérusalem, sa mére s’éprend du jeune marchand, ou plutdt de ses pierreries merveilleuses. Mais Salomon échappe au sort d’Cidipe. A ses avances, il répond par des paroles 4 double sens. Puis il salue respectueusement la reine et va trouver son pére, se fait reconnaitre par lui et lui raconte ses aventures. David est au comble de la joie et descend du tréne pour I|’y laisser monter. C’est encore le mythedu vieux soleil ou du soleil couchant cédant la place au soleil nouveau.
En vertu du méme mythe, la mére de Salomon disparait; sa femme, reproduction exacte de la mére, comme elle fonciérement vicieuse, apparait. Elle est si bien un dédoublement, un rajeunissement de la vieille reine, de la vieille aurore, qu’elle porte le méme nom : elle s ’appellera également. Salomonie.
Autour de Salomon, un monde de légendes se sont groupées. Il se livre 4 de lointains voyages.comme l’Hercule tyrien, le Dionysios des Grecs, Alexandre de Macédoine. La confusion de toutes ces légendes avec la sienne est si compléte que le fils de David entre dans le royaume des Indes, dans les états du roi Pore ou Porus. Il séduit la femme de celui-ci et, comme preuve de son succes, obtient d’elle un anneau, qu’il renvoie au mari pour lui faire dépit. « Le tsar Salomon se rendit fameux par sa sagesse dans le monde entier. Il voyagea en beaucoup de pays, avec ses serviteurs, il philosopha devant beaucoup de tsars et de tsarines. » Cette philosophie de Salomon le rapproche des fameux sages-voyageurs, Esope, Pythagore, Zalmoxis, que M. Bezsonof appelle le Salomon thrace et sur lequel nous reviendrons.
Alors apparait chez Salomon une reine du Sud, la fille de Pharaon “), Dans certaines variantes, ce sont les diables qui l’enlévent dans une galerie du palais paternel, au moment ow elle revenait de chez sa mére et qui l’aménent au roi des Hébreux. En chemin elle voit un homme plongé dans l’eau et qui réclamait de ’eau; un autre qui tressait du foin que deux chévres avalaient au fur et 4 mesure. Elle demande ce que cela signifie, mais les génies lui répondent : « Celui & qui nous te conduisons te l’expliquera. » Nous voyons ici les démons et les génies faire auprés de Salomon le méme service que dans le Koran. On retrouve aussi dans les récits russes un pavé de cristal et la robe relevée de la reine. Celle-ci est venue pour éprouver la sagesse de Salomon. Quand on lui demande ce
(1) La reine de Saba du Koran et delaBible; ce sera l’amazone Thalestris qui viendra trouver l’Alexandre des légendes.
qu’elle veut manger, elle répond: « qu’elle désire un de ces animaux qui volent entre ciel et terre, ont des ailes osseuses, ne regardent pas le ciel et n’ont pas de voix. » Salomon lui fait préparer un esturgeon. Quand elle est revenue dans ses états, elle dépéche & Salomon « un endiablé portant un endiablé, un sage portant un sage ». Le roi en conclut quelle lui envoie un bouffon avec du vin et un philosophe avec son livre.
Les conteurs russes ne pouvaient pas ignorer les jugements qui rendirent Salomon si fameux dans l’antiquité. ll doit juger entre une femme et son mari qui s’accusent mutuellement d’infidélité : il les engage chacun en particulier 4 tuer leur conjoint; le mari, désarmé par le seul aspect de sa femme endormie, jette le poignard; mais la femme est surprise comme elle a déjé le couteau sur la gorge du mari. Plusieurs compagnons ont enterré le trésor commun; l’un d’eux le dérobe, mais lequel des trois ? Pour le savoir, Salomon leur raconte une histoire; le naturel du voleur se trahit par les réflexions que lui inspire ce récit. Ailleurs, Salomon adjuge Vhéritage 4 celui des six fils qui refuse d’arracher le bras droit au cadavre de son pére. Il décide entre un fils 4 deux tétes et un fils qui n’en avait qu’une ; le premier entendait partager lhéritage par tétes, le second par personnes.
Le roi Salomon engage un combat d’énigmes avec Dari ou Darius, tsar de Perse. Celui-ci lui a envoyé cette énigme : « un bouclier est debout, sur le bouclier un lieévre, un faucon est accouru, a pris le liévre, un hibou s’est posé & la méme place. — Si tu devines, tu auras trois cuves pleines @argent. » Salomon est au désespoir, il ne peut deviner cette énigme. Le sage fit alors convoquer les démons et leur dit : « Celui d’entre vous qui donnera la solution, je lui donnerai le tiers de l’argent promis. » Un diable qui n’avait qu’un ceil dit alors : « Tsar, le bouclier cest ta terre; sur elle, un liévre, c’est-a-dire la justice ;
un faucon, c’est-a-dire un ange de Dieu, |’a enlevée au ciel ; le hibou, c’est-a-dire l’injustice a pris sa place. » Salomon écrivit 4 Darius: «J’ai deviné ton énigme, envoie l’argent ». Il devait en donner le tiers au démon borgne; mais, par un stratagéme qu’imitera le tsar Ivan des légendes, il fit retourner la cuve et en recouvrit le fond d’une couche de monnaie. Le diable n’y fut pas trompé. « Pourquoi, 6 tsar, commets-tu linjustice ? Pourquoi, tsar, n’as-tu pas de justice? » Salomon s’en tire mieux qu’Ivan: « Tu es un diable borgne (4 l’ceil non guste, jeu de mots), toi-méme tu as jugé contre toi; la justice n’est-elle pas enlevée au ciel? sur la terre il ne nous est resté que l’injustice ».
Ce démon borgne du conte de Salomon forme un trait d’union entre les légendes slavo-orientales et les légendes grecques sur Polyphéme et les Cyclopes.
IIT.
Nous arrivons a la lutte de Salomon contre Kitovras; le récit sen est conservé dans un assez médiocre manuscrit du xiv° siécle, mais les données du conte sont extrémement anciennes. Kitovras est un étre mythologique, d’un caractére semi-bestial, et qui peut, comme Protée, Périclymene ou Loki, prendre toutes les formes. Par lA, il se rattache aux héros polymorphes des contes russes; mais sa nature grossiére et élémentaire ne rappelle guére ce Volga, ce Vseslaf, ce Roman, ce Frédéric I, si déliés et rusés. Kitovras est avant tout une bonne béte: en tenant compte des lettres nasales qui disparaissent dans son nom russe, on voit que le nom de KXitovras n’est autre que celui de Kentavros ou Centaure. Nous retrouvons en lui le héros-cheval des chansons kiéviennes, Polkane, le centaure russe.
La lutte de Salomon contre Kitovras, c’est donc la lutte
de Vesprit contre la matiére & peine organisée, des dieux nouveaux contre les vieilles divinités naturalistes. Il a vaincu en subtilité le cyclope, il va maitriser le centaure.. Remarquez que Kitovras n’est point une brute compléte; Salomon veut s’emparer de lui afin de faire son profit de la sagesse du monstre. Pour capturer Kitovras, qui habite un désert éloigné, Salomon envoie le meilleur de ses boiars en lui remettant du vin, de Vhydromel, une toison de brebis. En outre il a fait forger une chaine de fer et une grivna (monnaie) de fer, sur laquelle il a gravé le nom de Dieu. Le boiar part, accompagné d’un jeune gareon : il arrive au repaire de Kitovras, alors absent. Il y avait 1a. trois puits qu’une source alimentait. Le boiar bouche Vorifice de la source avec la toison de brebis, vide l’eau des trois puits, les remplit de vin et d’hydromel, puis se retire 4 l’écart. Arrive Kitovras pressé d’une soif ardente : il voit le vin et dit : « Je ne boirai pas: celui qu’enivre le vin perd la sagesse, » mais, dompté par la soif, il se ravise et dit : « Pourtant, vin, tu réjouis le coeur de homme, » et il met 4 sec les trois puits. I tombe aussitét dans un sommeil profond; le boiar accourt et lui met au cou la chaine de fer avec la grivna enchantée. Le monstre veut se débattre, mais le boiar lui dit : « Le nom du Seigneur est sur toi, avec défense de -remuer ». Kitovras, voyant sur lui le nom du Seigneur, s’apaise et se laisse emmener.
Nous voyons ici Kitovras dompté par le vin, comme le fut Polyphéme par le vin d’Ulysse et les centaures par le vin des Lapithes. La magie toute puissante du nom de Dieu agit de méme sur le géant du conte arabe du Pécheur, scellé dans son vase d’airain par le sceau de Salomon.
Kitovras a beau se faire humbleet soumis. Sa masse énorme est un terrible embarras. Pour l’amener 4 Jérusalem, on est obligé d’élargir le chemin par la ruine des maisons et des palais. Salomon oublie un moment que s’il a
vaincu le prodigieux captif, ce n’est pas par sa propre force, mais par la vertu du nom de Dieu. « Je vois maintenant, dit-il A Kitovras, que votre force a vous, étres surnaturels, est comme celle de ’homme et ne deépasse pas la notre. Ne t’ai-je pas vaincu? — Tsar, répond le monstre, si tu veux voir ma force, fais-moi dter cette chaine de fer et donne-moi ton anneau (sans doute l’anneau en qui résidait la force prétée par Dieu & Salomon) et alors tu verras ma force ». Salomon fit ce qu’il désirait ; Kitovras alors avala cet anneau, étendit son aile, en frappa Salomon, du choc le langa jusqu’aux extréemites de la terre : A peine si les sages et les mages purent l’y retrouver ».
Ce chatiment de l’orgueil de Salomon rappelle une des légendes citées par les commentateurs du Koran. Le roi des Juifs avait permis 4 une de ses épouses d’introduire des idoles dans son palais. Dieu résolut de l’en punir. Salomon, lorsqu’il allait au bain, avait coutume de laisser chez sa femme Vanneau qui lui donnait la puissance sur les génies. Un de ceux-ci parvint 4 s’en rendre maitre, le jeta dans la mer: puis il prit la figure de Salomon et s’assit sur son tréne, tandis que le vrai roi, méconnu et renié de ses sujets, errait misérablement par toute la terre. Enfin l’anneau fut trouvé par un pécheur et rendu a Salomon qui recouvra en méme temps son tréne et sa puis-. sance magique. C’est sans doute ce méme anneau dont Kitovras réussit & s’emparer.
Une seconde fois Salomon parvient ase rendre maitre de Kitovras qui est ramené enchainé a Jérusalem. Pour qu'il pat passer, on allait démolir la chaumiére dune pauvre veuve. Elle se jeta éplorée aux pieds du monstre. Kitovras dit alors : « Une parole aigre enflamme lacolére, une parole douce brise les os. » Emu de pitié, il se rompit a lui-méeme la cdte qui ne pouvait passer ct épargna la chaumierc. Comme on le conduisait par le marche,
il entendit un homme qui disait : « Ne peut-on avoir des souliers qui durent sept ans? » Kitovras se prit 4 sourire et Salomon lui en demanda la raison: « Cet homme n’a que sept jours & vivre ». ll vit un homme qui faisait le devin, il sourit encore : « Voilé un homme qui découvre aux gens les choses cachées et qui ne sait pas quil a un trésor sous les pieds ». On creusa & lendroit indiqué et lon trouva le trésor. Voyant passer une noce joyeuse, il pleura: « J’en ai chagrin, dit-il : dans trente jours, le fiancé sera mort. » Un voyageur s’était égaré, il le remit dans le bon chemin : « J’ai entendu une voix du ciel qui me disait que cet homme était un juste et méritait qu’on lui rendit service. » Ainsi, sous cette enveloppe bestiale, Kitovras a une science divine, il voit Pavenir; son regard pénétre dans les profondeurs du sol; son oreille entend les voix du ciel. La divinité des forces élémentaires, des causes premiéres, des JMéres, comme dirait Goethe, réside en lui. La sagesse de Salomon ne sera compléte que lorsque, par la fréquentation de cette bonne brute, il se sera infusé & lui-méme cette sagesse surnaturelle. Toute l’antiquité d’ailleurs a été pénétrée de cette idée : les oiseaux ne savent-ils pas ce qu’ienorent les hommes? les chiens sentent la présence des dieux, invisibles aux regards des humains. Kitovras apprend 4 Salomon maint secret; pour la construction du temple il taille les pierres avec le fer, ce qui est défendu aux Juifs. La Bible nous apprend en effet que c’était chez Hiram, le roi de Tyr, que se travaillaient les pierres du temple. Kitovras resta auprés de Salomon jusqu’a l’achément du saint des saints.
Peut-étre aurons-nous une idée plus nette du personnage de Kitovras, si nous le comparons 4 hotre Myrdhin, dont la légende offre avec la sienne une ressemblance frappante. Le sage Merlin s’est refugié au fond des bois pour y cacher sa douleur, il y fait sa société des bétes sauva-
ges, il y devient inculte, sauvage, hérissé, semblable a elles; une folie furieuse achéve par moment de l’assimiler aux brutes ; mais sa sagesse native n’est qu’éclipsée; elle peut encore sauver son peuple dans le péril. Seulement pour l’amener a la cour d’Arthur, il faut user de ruse comme avec Protée ou Kitovras. On Vassoupit avec la harpe, on le charge de chaines. Lui aussi, chemin faisant, il prophétise. On retrouve dans sa légende l’épisode de VYhomme qui n’usera pas ses souliers et du mendiant qui a sous ses pieds un trésor (|),