‹ La Russie épique; étude sur les chansons héroïques de la RussieChapitre 2 sur 62 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

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La imsie iiopulaire des Russes, comme celle des autres 2)eu])les de notre race, se divise en deux grands courants. Au premier a'pimrtiennent les chansons d'un caractère lyrique, telles que les koliadki ou chansons de Noël, les chansons de la nouvelle année, de VFjnjjhanie, de Pâques, de la Saint-Georges, de la Saint-Jean, celles qiii célèbrent la mort de l'hiver, la naissance du printemps, le temps de la moisson et les autres mcissitudes de l'année, les chansons de fiançailles et de mciriage, les complaintes de funérailles. Au seoond courant appartiennent les chansons épiques, celles qui célèbrent les héros, les anciens princes, les tsars de la Sainte Russie et les grands événements de l'histoire nationale.

Celles de la première catégorie sont souvent pdus anciennes qice les plus vieux chants de la seconde. Elles ont conservé plus fidèlement le reflet des croyances païennes, des religions primitives de la race ; car les dénominations chrétiennes ne doivent pas nous faire illusion : si la poésie de certaines fêtes agit si puissamment sur les codurs et les imaginations, c'est que leur solennité religieuse coïncide avec les m.oments les plus solennels de l'année, (pue vers le temps oit nous célébrons Noël, Pâques, la Saint- Jean ou la Saint-Georges, nos ancêtres aryens avaient à fêter les renouvelle^nents oîc les crises de l'année solaire, et qu'à l'empire des rroyances nouvelles vient s'ajouter la vive ini-

pression des phénomènes nahireïs et comme un reste de l'ancienne vénération qu'ils excitèrent chez nos adieux.

Non-seulement le motif de ces chansons lyriques est plus UJicien que cehti des chansous épiques, mais leur musique même remonte souvent à une 2^^"odigieuse antiquité : c'est ce qui expliq^ue comment aux extrémités du monde aryen elle se retrouve presque semUable à elle-même, et pourquoi telle mélodie populaire de la Russie rappelle certaines de nos mélodies bretonnes.

Je ne mf occuperai ici que des poésies épiques <*>. Comme on le verra, les chansons héroïques de la Russie se partayent en quatre groupes bien distincts : ^Épopée légendaire^ dont les héros se rattachent à la période des origines nationales, et ou l'élément historique est assez faible; TÉpopée historique^, dont tous les personnages principaux nous sont déjà connus par lés monuments positifs et qià forme comme une histoire légendaire, comme les fastes poétiques de la Russie, depids les premiers temps jusqu'à nos jours; /"Épopée que j'ai appelée adventice;, parce qu'aucun de ses héros n'est né sur le sol russe et qu'elle se compose de motifs empruntés plus ou moins directement aux épopées étrangères et renouvelés plus oio moins profondément par le génie russe ; TÉpopée petite-russienne qui s'est développée dans une branche spéciale de la race russe et sous des influences historiques toutes particulières.

Dans les chansons du premier groupe, on retrouve la trace très visible des anciens cultes de la Slavie. Leurs héros semblent parfois des dieux humanisés et presque toujours leur légende a un caractère mythologique très prononcé. Aussi, tout en recherchant quelle est la part de l'élément historique dans cette épopée, faut-il nécessaire-

(1) Sur les chansons lyriques, je ne puis que recommander le livre de M. Ralston, (i^nsev\'ixi(i\iv un liiUhch Muséum : The Songa of thc Rusnian people. Londvcs, 1872. M. Ralston a aussi donné une bonne étude sur les contes russes, Rtiisian Folk- Taies, Londres, 1873.

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